
La journaliste Michelle Lang, en train de soutirer quelques commentaires à Ralph Klein. Photo Reuters.
Je termine une triste soirée, assommée par la mort de notre collègue journaliste Michelle Lang en Afghanistan.
Non, je ne la connaissais pas personnellement, ne l’avais jamais rencontrée. Mais elle met un visage sur un risque que l’on connaît en théorie mais si peu, en réalité, ici, au Canada. Tout un coup de réveil-matin en plein visage en pleine brunante enneigée, paresseuse et vacancière.
Soirée triste et pensive, car la mort de la journaliste du Calgary Herald, tuée alors qu’elle couvrait la présence militaire canadienne au sein du conflit en Afghanistan pour son journal et pour tout le réseau CanWest, nous oblige à réfléchir sur le sens du devoir. (Lire la chronique de son collègue Don Martin à ce sujet)
Sur le sens à donner à sa présence là-bas, à ce sacrifice terrible. Devant ce genre d’horreur on a envie de dire que ça ne vaut pas la peine. Que perdre sa vie pour quelques papiers, c’est trop fou. Mais peut-on cesser de couvrir la guerre ? Peut-on cesser de rapporter ce qui s’y passe quand d’autres vies sont en danger 24/7… ?
L’autre réveil brutal, c’est celui qui nous fait apprécier notre confort, ici. Plongés dans les relents de fêtes de famille, peut-être parfois trop souvent indigestes, mais ensevelis sous les cadeaux, chaudement installés au coin du feu, autour d’une table, dans un resto, devant la télé, avec nos enfants, notre chien, nos amis, notre amour, nos proches, maudit qu’on est chanceux. Chanceux d’avoir tout ça.
Chanceux de ce confort. Chanceux aussi pour la démocratie, celle qu’on essaie, péniblement, d’organiser là-bas et qu’on a bel et bien, aussi nulle puisse-t-elle sembler parfois.
La mort de Michelle Lang est d’une tristesse infinie. Mais il y a quelque chose d’incontournable et d’important dans ce qu’elle nous dit, alors qu’on s’apprête à commencer une nouvelle année.
Merci Michelle.
Et mes plus sincères condoléances en mon nom et au nom de bien des journalistes québécois, j’en suis certaine, à sa famille, son fiancé, ses collègues, ses proches.
AJOUT: Ma collègue Michèle Ouimet, qui est allée je ne sais plus combien de fois en Afghanistan,
écrit ce matin sur la mort de la journaliste canadienne. Son texte ici.
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