Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie - Auteur
  • Marie-Claude Lortie

    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Samedi 29 août 2009 | Mise en ligne à 8h11 | Commenter Commentaires (2)

    “Même les corneilles crient ‘maman’ !”

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    Photo Martin Tremblay, La Presse.

    LAC POULIN DE COURVAL — Ici, pas question d’arrêter la pêche, même après le souper. Texte envoyé, patates englouties, pelure de vêtement ajoutée et hop, dans la barque, on est reparti à la recherche de truites dans le grand lac Poulin de Courval. On les a trouvées alors que le soleil se couchait derrière les collines, promettant avec ses couleurs criardes un matin lumineux. Mais la lune, cernée, s’est vite empressée de le ramener à l’ordre et ce matin, il fait gris et on voit bien que c’est elle qui a gagné.

    Le bon côté de ces timides nuages matinaux c’est qu’il fait moins froid qu’hier. On est passés de mi-novembre à début octobre avec un début de journée oscillant autour des 4 ou 5 degrés sans frimas. Août ? Aucune idée où il est disparu.

    Hier, la soirée s’est terminée autour du feu et des récits de chasse d’Hélène, la pdg d’une ZEC dans le Témiscamingue, qui essayait de convaincre une Louise, incrédule, des vertus de la chasse à l’ours. « Winnie ? », a dit Louise. « Pas sûre… »
    Pendant ce temps, Claudie la motocycliste fumait un cigare.

    Le thème général de nos conversations ? Les gars, « Mon Dieu qu’ils aimeraient ça souvent qu’on retourne dans nos cuisines », le poids, le ménage, les enfants « des fois, même s’ils sont pas là, j’ai l’impression que les corneilles crient ‘maman’ ! », la pêche et la chasse, évidemment. J’ai l’impression d’être la seule à être ici pour la première fois (Louise : « Moi je viens à chaque année ! Un weekend, toute seule, pour moi, sans enfant ? yé !!! »), à n’avoir jamais touché à une carabine, à ne pas avoir de panache accroché dans ma chambre ou mon salon, à n’avoir jamais vidé un orignal de ses entrailles en pleine forêt (Hélène : « les filles ont moins souvent le cœur qui lève, c’est qui qui change le plus souvent les couches à maison ? »), à n’avoir aucune anecdote croustillante de poisson géant, de prise double, de journée miraculeuse où les truites ou le doré vous courent après…

    Espérons que ce sera aujourd’hui.

    Je viens d’être convoquée au lac Tony par mon guide.


    • Hein? Vous parlez de ça en pleine nature, dans un voyage de pêche?? Sortez de votre cuisine : vous êtes en plein bois, misère!

      Madame Lortie, je ne veux pas être malicieuse, mais en vous lisant, ça me rappelle une fois de plus que la différence entre un “voyage d’évasion” de gang de filles et un voyage d’évasion avec une gang de gars, c’est qu’avec des gars on s’ÉVADE pour vrai. Y a des sujets comme les enfants (et le ménage, et bobonne) qui sont naturellement tabous, et bon Dieu que c’est reposant!!!

      Mon dernier voyage de filles remonte à bien loin dans le passé, et ce fut vraiment le dernier. J’aime mieux une pleine fin de semaine de grosses jokes juteuses ou salées avec une gang de vrais bons gars que les séances de jérémiades “pour rire” autour du feu d’une gang de vraies gentilles madames. Il y a dans ces conversations de femmes une impudeur insoupçonnée: j’y ai entendu, pour ma part, des révélations très déplacées sur le mari ou les enfants, qui auraient été hautement dénoncées par ces mêmes femmes si elles avaient été faites par leur mari pendant un voyage de chasse…

      Les femmes se plaisent à déclarer dogmatiquement (études “scientifiques” à l’appui) que les femmes sont “différentes” des hommes (lire: un peu supérieures, quand même…) en ce que leur “forme” d’intelligence fait qu’elles ne peuvent séparer leur personnalité en segments (segment travail, segment maman, segment amante, segment femme de ménage), le tout étant tout le temps pogné en pain.

      Je crains qu’à force de le clamer, elles soient en train de s’en convaincre.

      Bref, je trouve les hommes mains lourds avec leur nombre de segments délestés en vacances, et leur propos plus crus, certes, mais plus pudiques en bout de ligne. La pudeur, c’est tellement – encore une fois – reposant!!!

    • « Mon Dieu qu’ils aimeraient ça souvent qu’on retourne dans nos cuisines »

      Pour un homme qui ne sait pas faire la cuisine, ça se comprend. Autrement c’est assez sexy des filles à la pêche, surtout si elles ramènent du poisson !

      Bonne chance !

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