
Percé. Photo Armand Trottier, La Presse.
N’êtes-vous pas tanné, vous aussi, de ce syndrome nord-américain que j’appellerais le “on serait-tu ben si on était méditerranéen” ? On cuisinerait à l’huile d’olive, on cueillerait des citrons dans le jardin, on mettrait du basilic frais sur nos tomates à longueur d’année.
Moi, en tout cas, je n’en peux plus. Pas que je n’aime pas les tomates et l’huile d’olive. J’adore. C’est le “on serait-tu ben si on était autre chose” qui m’exaspère complètement.
C’est comme si le Québec était un ado qui n’avait pas encore compris que personne n’est parfait et que la clé du bonheur, c’est de vivre le mieux possible avec ce qu’on a et ce qu’on est sans constamment rêver d’être autre chose. Parce que pensez-vous que tous les autres se trouvent parfaits ? Que les Crétois ne rêvent pas d’un peu plus de pluie ? Que les Provençaux adorent leur mistral ? Que les Andaloux aiment ça ne pas être capables de sortir de leur maison entre midi et 16h tellement il fait chaud ? Que Paris aime sa grisaille permanente ? Que les Napolitains trouvent ça drôle quand le Vésuve a des frissons ?
Chaque lieu, chaque climat, chaque ville a ses défauts avec lesquels les gens apprennent à vivre s’ils ne passent pas leur temps à rêver d’être autre.
On devrait faire pareil ici. Embrasser notre nordicité avec tous ses oursins, ses bleuets, ses chanterelles, ses saumons et ses homards.
Ce matin, j’en parle dans le cadre du dossier “Le Québec qu’on aime”, publié dans La Presse.
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