
En 2002, des femmes du Cachemire mettant leur sécurité en jeu en marchant à l’extérieur sans voile islamique. AFP
La semaine dernière a été celle où la Fédération des femmes du Québec a pu expliquer en long et en large pourquoi elle croit qu’il vaut mieux permettre le port du voile et autres signes religieux ostentatoires dans la fonction et les services publics.
Cette semaine, c’est au tour du mouvement pour la laïcité dans les institutions publiques de lancer une contre-attaque et de prendre la parole. (Autre lien ici.) Hier, une pétition demandant l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique a été ouverte.
Intéressant: on voit bien, en regardant qui réplique à la FFQ, que les pro-laïcité sont d’origines très diverses.
Autre fait très intéressant: la semaine dernière, le TCRI, soit le regroupement des organismes québécois qui aident les réfugiés et les immigrés, s’est réuni en conseil d’administration, a discuté de l’annonce de la FFQ et a décidé de n’a pas endosser la position du groupe.
Donc ceux et celles qui travaillent sur le terrain, sur la première ligne, avec les gens qui veulent s’installer ici, ne jugent pas qu’il soit crucial d’aller chercher une garantie de l’État sur l’ouverture de la fonction publique aux signes religieux. J’ai parlé au directeur, Stephan Reichhold, qui m’a dit qu’il n’y avait aucune raison, sur le terrain, de se préoccuper d’un possible lien entre le voile et le chômage ou l’intégration réussie au travail. “C’est une question qui nous touche très peu”, a-t-il dit. Donc il n’y avait aucune raison, pour la Table de concertation, d’aller dans un sens ou dans l’autre à l’égard de la prise de position de la FFQ. M. Reichhold a en outre tenu à ajouter qu’il y avait pas mal d’autres questions beaucoup plus urgentes concernant l’intégration au travail des nouvelles venues.
“En fait, ce que les gens veulent, c’est surtout l’heure juste. Ils se disent: «Une fois qu’on saura c’est quoi, on s’adaptera.»
“Ce n’est pas une problématique d’immigrants”, a-t-il ajouté.
En d’autres mots, faire un lien crucial entre le port du voile et l’intégration au travail, c’est sauter à des conclusions qui n’ont pas rapport avec ce qui se vit sur le terrain. (Et qui ne sont pas étayées, non plus, par la recherche puisque même la FFQ n’a pas été en mesure de m’en produire.)
Qui a donc demandé que la FFQ prenne une telle position ?
Si ce ne sont pas les immigrantes ni les réfugées ni ceux qui travaillent avec elles, qui veut que la FFQ pense ainsi ?
Et qui a conseillé/convaincu le gouvernement du Parti libéral d’embarquer là-dedans ?
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