
Photo Bernard Brault, La Presse
Mme Marois, snob ?
Ce n’est pas de snobisme que l’on parle.
Être snob, c’est regarder les gens de haut. C’est lever le nez sur ce qui fait la joie du commun des mortels. C’est se prendre pour un autre.
Pauline Marois n’est pas snob.
Pas plus que Louise Harel ou Line Beauchamp ou Mario Dumont, qui a déjà compté quelques complets Dubuc dans sa garde-robe…
Pauline Marois, comme Hillary Clinton, a plutôt un problème de connexion.
On n’a pas l’impression que, malgré toute la meilleure volonté du monde, malgré son grand coeur et sa réelle préoccupation pour son prochain, elle vit sur la même planète que nous. On n’a pas le sentiment qu’elle nous regarde de haut: on a l’impression qu’elle est juste ailleurs, dans un bureau, et qu’elle ne pourrait pas fredonner un air des Trois Accords à pied levé, nous dire si elle préfère La Galère, Les Parent ou Sophie Paquin, nous expliquer si on trouve des produits Choix du président chez Provigo ou Métro et nous dire, spontanément, ce qu’est un Willi Waller.
À une autre époque, on demandait aux candidats le prix du lait pour vérifier leur contact avec la réalité. Aujourd’hui, la bonne réponse, si on lui posait la question, serait: “Tout dépend de quel lait vous parlez. Le bio ? Le filtré ? Le régulier ? Le sans lactose ? Le lait de soja ?”… Car voilà la réalité à laquelle la soccer-mom et son mari sont confrontés. Je choisis quoi comme lait ? Lequel est le meilleur rapport qualité/prix pour mes enfants ? Est-ce que je suis mieux de payer cher pour du bio ? Est-ce que le lait régulier est plein d’antibiotiques ?
Pensez-vous que Mme Marois pourrait avoir cette conversation avec vous ? Pourtant, je suis certaine qu’elle a le plus grand respect pour les buveurs de lait.
Vous voyez, on n’est pas dans le domaine du snobisme, on est dans le domaine de la connexion que l’on fait, ou pas, avec les gens, sur des préoccupations terre à terre.
Prenez Michelle Obama qui a marqué des points durant la campagne américaine en disant qu’elle magasinait chez J. Crew. Qu’est-ce qui a frappé les soccer moms ? Ce qui les a frappés — du moins quand j’ai posé la question autour de moi — c’est qu’elle a affirmé avoir choisi cette marque pour pouvoir faire ses achats sur Internet, n’ayant n’a pas le temps d’aller dans les boutiques.
Donc ce qu’on en retiendra, ce n’est pas tant une affaire de prix ou de marque, c’est l’idée que Mme Obama n’a pas de le temps de relaxer en faisant son shopping.
Rappelez-vous George Bush Senior. Personne ne lui reprochait sa richesse, jusqu’au jour où il est arrivé dans un supermarché, découvrant alors l’existence des lecteurs de code-barres, un gadget utilisé depuis déjà des années.
Mme Marois n’a pas l’air snob. Elle a l’air d’une madame remplie de bonne volonté mais qui n’a pas de broue dans le toupet comme nous tous et toutes.
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