Marie-Claude Lortie

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    Journaliste à La Presse depuis 20 ans où elle est chroniqueuse et critique gastronomique, Marie-Claude Lortie commente l'actualité, entre deux brassées de lavage et un match de soccer.
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    Vendredi 29 août 2008 | Mise en ligne à 23h22 | Commenter Commentaires (51)

    Le festival de la poutine

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    Les membres des Trois Accords (Charles Dubreuil, Simon Proulx, Pierre-Luc Boisvert au premier plan) photo Laura Martin, La Tribune

    Je vous écris de Drummondville, la dernière ville où je pensais un jour louer une chambre d’hôtel sans y être obligée pour couvrir un triple meurtre ou un discours de politicien beige par temps beige.

    Drummondville ?

    Ben oui. La ville dont les vieux rient encore un peu parce qu’ils ont lu, un jour, le magazine Croc qui en faisait sa tête de Turc.

    Sauf qu’aujourd’hui, plus personne n’en rie autant. On la connaît pour d’autres petites choses: elle réclame l’invention de la poutine, c’est la ville où ont grandi les cinq gars des Trois Accords

    Et c’est justement eux qui ont décidé de lancer un Festival de la poutine, qui, en fait, en est surtout un de musique. Vendredi soir, Éric Lapointe était là pour ouvrir les festivités. Samedi soir, ce sera Pascale Picard qui fermera le bal. Entre temps, il y aura eu Shilvi pour les petits et Omnikrom et Kodiak… Le tout dans un grand parc avec des comptoirs à poutine aux sauces diversifiées.

    Moi, donc, j’y ai surtout vu un prétexte pour venir manger de la poutine avec mes petits et mon grand en route vers Québec. Ce soir, on a goûté à de la barbecue, de l’italienne, de la chic au foie gras et de la classique de chez Le Roy Jucep, le restaurant qui dit l’avoir inventé. Elles étaient toutes pas mal, incluant celle au foie gras — sauce préparée par le chef Mario Patry — qui goûtait beaucoup le poivre et avait la texture onctueuse de tout ce qui touche l’ingrédient béni de Martin Picard.

    Je pensais que les gars du band seraient dans la salle VIP à regarder les autres travailler, comme des stars qui prêtent leur nom à des événements organisés ailleurs. Je suis arrivée et c’est pratiquement le chanteur, Olivier Benoît, qui nous a donné nos billets. Je pensais donc voir Simon Proulx, la grande gueule du band, préparer la sauce de la poutine italienne mais en fait il était plutôt en train de commander les pièces de 1 $ qui manquaient désespérément aux caisses. Pierre-Luc Boisvert, le bassiste, coordonnait quant à lui les kiosques à poutine, tandis que Alexandre Parr, le guitariste, s’occupait des ressources humaines et que Charles Dubreuil (le batteur), veilleur sur l’arrière-scène.

    En fin de soirée, je me demande si c’est eux qui ont vidé les poubelles.

    “Laquelle tu préfères ?” j’ai demandé à Pierre-Luc devant ces comptoirs où la sauce coulait à flot sur les grains de fromage Kingsey (ironiquement, une fromagerie de Warwick, grande rivale de Drummondville sur la question de l’invention de la poutine…)

    – Toutes. J’aime ça avec beaucoup de sauce. Très tomaté.

    Simon Proulx, lui, adore la sauce barbecue. Même chose pour Olivier. “On aime ça un peu sucré”, m’a-t-il lancé avant de partir en courant gérer les centaines et les centaines de personnes qui attendaient pour entrer.

    Les gars ont l’air flyés quand on écoute leurs chansons, mais il semble clair qu’ils sont en fait pas mal conservateurs quand vient le temps de parler poutine. L’an prochain, iront-ils sur des chemins encore plus nouveaux ? Poutine thaï ? Poutine australienne ?

    L’an prochain, de toute façon, il faudra surtout beaucoup plus de kiosques à poutine. Vendredi soir, il fallait attendre plus d’une heure avant d’arriver au comptoir.

    “On a quelques petits problèmes”, m’a expliqué Proulx, en arrière-scène, qui attendait Lapointe pris sous la pluie sur la 20 à Saint-Hyacinthe. “On a vraiment beaucoup de monde.”

    Pour des raisons qui sont probablement autant liées à la popularité du band qu’à celle de la poutine, plat jadis snobbé par les élites mais qui a gagné depuis une demi-douzaine d’années, porté par la version au foie gras de Martin Picard, la noblesse d’un met patrimonial, le festival est devenu en un instant un succès boeuf. Vendredi soir, on était des milliers et des milliers. À Montréal, avant de partir, plusieurs personnes m’ont confié avoir envie d’y aller aussi, avec parmi eux des anglophones asiatiques dans la cinquantaine, audience, vous en conviendrez, des plus improbables.

    Bref, votre mangeur typique de poutine n’est plus un gars de 15 ans, avec une casquette à l’envers vissé sur le crâne et une sérieuse crise de munchies…

    La poutine est rendue universelle…

    “On a eu avec ce festival le plus d’exposure média qu’on a jamais eu”, disait vendredi Simon Proulx. “ On a même fait le Globe and Mail.”Pierre-Luc Boisvert, lui, se demande encore pourquoi l’idée n’est jamais venue à personne d’autre avant eux. “Ça fait longtemps que ce festival aurait dû être inventé.”

    Ça continue samedi.

    Infos ici.


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