Graziella Battista de Graziella
Les gastronomes américains ont commencé il y a deux ou trois ans à allumer et à se rendre compte qu’on mangeait très bien à Montréal et pour pas très cher, comparé aux grandes villes américaines.
Mais ils ont beau écrire et écrire sur nous, ils n’ont pas l’air de comprendre la source de notre différence: notre obsession beaucoup moins grande que la leur pour les calories. Eux se prennent tellement la tête avec ça, c’est ahurissant. Ils n’ont pas compris que quand on ne calcule pas à l’once près la quantité de sucre qu’on met dans la confiture ou de crème qu’on met dans la sauce, ça fait de la meilleure cuisine.
J’en parle ce matin dans le journal.
Cela dit, j’ai été très déçue par la liste de restaurants montréalais recommandés dans l’article récent du New York Times qu’on publie ce matin dans Actuel. C’était intéressant de traduire le texte pour qu’on puisse lire le point de vue new-yorkais, mais à mon avis, le journaliste n’a pas bien fait son travail de recherche pour trouver des établissements vraiment intéressants.
Ils ont choisi le Pied de cochon, évidemment. C’est un incontournable, je veux bien. Mais ça commence à faire vraiment plusieurs fois qu’ils en parlent.
Ensuite, Garde-Manger est à mon avis un endroit plus qu’ordinaire qui ne mérite absolument pas toute l’attention qu’on lui porte.
Quant à Liverpool House et Joe Beef, ce sont deux bons restos, mais pourquoi parler de deux établissements collés l’un sur l’autre, qui ont les mêmes propriétaires, quand on n’a que quatre adresses à donner pour une grande ville ?
Où sont des endroits comme La Montée de lait, Cuisine et dépendance, le Club chasse et pêche, DNA, Graziella, Kitchen Galerie, Bazaar, Laloux, Cocagne, les Cons Servent, Tapeo et Brontë, pour ne nommer que ceux là ?
C’est comme si le journaliste s’était uniquement concentré sur le facteur “rustique” des restaurants. Comme s’il avait choisi des restos anti-nappes blanches à tout prix. Sauf que être anti-nappe blanche, porter la barbe de trois jours, être couvert de tatouages et servir d’immenses assiettes d’huîtres n’est pas garant de génie culinaire, à part dans le cas du PdC.
Plus ça va et plus je me demande, d’ailleurs, si les Américains ne vont pas commencer à s’imaginer qu’au Québec, on mange des pattes de cochon farcies à la poutine tous les jours et que c’est le seul type de cuisine qu’on est réellement capable de bien préparer… Avec quelques huîtres, évidemment.