UGG Wellies
Dans ma chronique de ce matin dans le journal, La ville est UGG, je demande comment il se fait que ces bottes aient été très tendance il y a cinq ans, pour disparaître ensuite et revenir en force l’an dernier à Montréal où on les voit partout.
Voilà plusieurs années que j’observe ce phénomène de tendance en deux temps et Louise Labrecque, une styliste qui écrit dans les pages mode de La Presse, à qui je parle de la question depuis longtemps, m’a dit qu’elle observait effectivement le phénomème de plus en plus.
J’ai vu ça la première fois avec les survêtement Adidas. J’ai passé une année à Paris en 1994-1995 et ils étaient alors très tendance. Je reviens au Québec et personne n’en a entendu parler. Le temps passe. Je pars travailler en 1997 à L.A., année de la fondation de Juicy Couture. Là-bas, on en voit un peu (mais c’est surtout le yoga qui commence à fond, il arrivera au Québec cinq ans plus tard).
Arrive l’an 2001, le film Les Royal Tennenbaums et voilà finalement les survêtements Adidas en polyester super à la mode, tout comme la marque Juicy Couture avec ses survêt’ en velours. Six ans plus tard ! (Aujourd’hui, tout ça est à vendre sur eBay…)
Même phénomène avec les Wellies, ces bottes de pluie un peu campagnardes ou de pêche, parfois reprises en couleurs vives et devenues “main stream” ce printemps à Montréal. Eh bien, elles étaient dans le Vogue il y a deux ans déjà (numéro de janvier 2006, dans les pieds du mannequin Stella Tennant) (peu après j’ai aussi vu Kate Moss en portant, avec des shorts, au bras de Pete Doherty, mais je n’ai pas réussi à retracer la photo) et dans les pieds des fashionistas depuis longtemps. Donc même phénomène encore de décalage.
Je pourrais continuer avec les Repetto, les kangourous géants (avec motifs) aux couleurs primaires, les poupées voodoo , la cuisine moléculaire, le sarouel, le style Harajuku, les Converse… Un jour très tendance et puis c’est fini et… retour en grande.
C’est comme si les avant-gardistes se tannaient des choses avant qu’elles n’aient eu le temps de se rendre au grand public montréalais, mais que la force d’inertie du marché empêchait la coupure, créant plutôt un creux entre deux vagues.
Malcolm Gladwell, où es-tu quand on a besoin de toi ?
Explications ?
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