Marie-Claude Lortie

Archive du 7 avril 2008

Lundi 7 avril 2008 | Mise en ligne à 21h15 | Commenter Commentaires (6)

Aimez-vous le chocolat ou l’épicatéchine ?

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Moi j’aime le chocolat.

Et apparemment, je ne suis pas la seule.

Ah, comme j’ai aimé cette lettre parue samedi dans les pages opinions de mon journal. Et comme je suis triste pour ceux qui ont fait de l’alimentation une activité cognitive au plus haut degré.

Selon le médecin français Jean-Philippe Zermati, cette intellectualisation de l’alimentation participe à l’épidémie d’obésité. Plus on se prend la tête, plus on surmange, perdus dans l’information, sans savoir où s’arrêter. Comme si le fait de savoir que quelque chose est “bon”, approuvé par la science, nous donnait l’impression d’avoir la permission d’en manger ad nauseam et surtout, nous fournissait une garantie de “santé” omnipotente.

Un réflexe manichéen très nord-américain.

p.s. L’épicatéchine est l’antioxydant contenu dans le chocolat

p.p.s. la photo est de Armand Trottier

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Lundi 7 avril 2008 | Mise en ligne à 14h51 | Commenter Commentaires (6)

Juan, Monsieur pizza

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Photos: Ivanoh Demers 

JE savais qu’il y avait des concours de serveurs, de barman et même de barristas. Mais vous, saviez-vous qu’il y avait aussi des concours du lancer de la pâte à pizza ?

Je dis lancer faute d’expressions plus efficace. En anglais, on dit “pizza spinning”. Avec le mot lancer, il manque l’élément “faire tournoyer dans les airs”.  On pourrait donc dire “lancer acrobatique” ou “lancer artistique ” ? Car au départ, il s’agit bien de lancer la pizza dans les airs pour la faire tourner afin qu’elle s’étende en cercle, sans la rouler avec un rouleau qui briserait la texture de la pâte.

Bref, il y a des spécialistes du lancer-tournoyé de la pizza et Juan Hermosillo, un Canadien d’origine américano-mexicaine, en est un. En fait, il est champion mondial de cette spectaculaire activité.

Né au Mexique et âgé de 28 ans, arrivé en Californie à 11 ans, Juan a appris tout seul à lancer la pizza en travaillant dans une pizzeria de Orange County.  À force de pratiquer — aujourd’hui, il s’entraîne entre six et huit heures par jour, incluant entraînement au gym pour développer la force dans ses bras, cours de ballet-jazz… — il est devenu très bon, s’est inscrit dans des concours, s’est mis à gagner.

L’an dernier, après avoir connu le Canada par le biais d’une visite au festival Juste pour rire, il a été recruté par la chaîne de Toronto Pizza Pizza – même si elle est installée au Québec depuis 1988, cette chaîne vient d’arriver à Montréal –  dont il fait maintenant la promotion tout en continuant de participer à des concours, histoire de défendre son titre de champion mondial.  Dans deux semaines, il sera d’ailleurs non loin de Parme, en Italie, pour une compétition importante.

Il est à Montréal aujourd’hui et demain pour faire des démonstrations de son art. Nous l’avons rencontré chez Pizza Pizza, rue Sherbrooke, où il nous a montré comment il pouvait jongler avec deux (fausses) pâtes à pizza à la fois, en se tenant debout sur un bras, en les faisant rouler sur ses épaules avant de les ratrapper au vol, toujours en tournant, pour ensuite en faire passer une sous un genou, en sautant un peu. À un moment, il était même rendu couché parterre avec ses pâtes tournoyant au dessus de lui. Avez-vous dit, spectaculaire ? Son prochain défi: “Faire plus d’acrobaties avec la pâte tout en me tenant debout sur une main”.

“Les enfants adorent ça, dit-il, ils me voient comme un super héros.”

 Pour ses démonstrations, il utilise de fausses pâtes à pizza, en sorte de plastique très flexible, mais très réalistes, qui ont l’avantage de ne pas se briser. Mais en compétition, il utilise plutôt une vraie pâte, mais très épaisse.

Sa sorte de pizza préférée: Il aime bien la traditionnelle au salami et au fromage, mais adore aussi celle aux artichauts et aux courgettes. “Il faut que je reste en forme alors je dois surveiller ce que je mange”, dit-il.

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Lundi 7 avril 2008 | Mise en ligne à 9h05 | Commenter Commentaires (8)

Alarme accouchements

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Excellent dossier de ma collègue Ariane Lacoursière ce matin dans La Presse, faisant le bilan de la situation dans les hôpitaux de la région montréalaise qui ont des services d’obstétriques.

On y apprend notamment qu’à Anna-Laberge, un des hôpitaux les plus progressistes en matière d’accouchement, dans la région métropolitaine, on pratique presque deux fois moins de césariennes qu’à Sainte-Justine.

Évidemment, Sainte-Justine accueille tous les cas complexes de la province… Mais près d’un accouchement sur trois y finit en césarienne. C’est énorme quand on sait que l’hôpital suit aussi quand même un bon nombre de grossesses tout à fait normales. Peut-être trop d’ailleurs pour un centre aussi spécialisé. Peut-être devrait-on, justement, réserver les places aux cas plus difficiles et diriger les cas normaux vers d’autres centres ? Encore faut-il qu’eux aient de la place… Et aller vers un centre non spécialisé n’est pas une garantie puisque Lakeshore a un taux de 29 %, Charles-Lemoyne de 26%, St. Mary de 26 %…

Quoi qu’il en soit, il est clair qu’il y a trop de césariennes: 22,6 % en moyenne. On est loin du 15 % que vise le ministère de la santé.

Il faut lancer une discussion publique là-dessus car ce sujet coûte très cher.

Il est évident qu’un accouchement par césarienne, donc avec une chirurgie, coûte plus cher: 60 % de plus, selon l’Institut canadien d’information sur la santé.

Et les césariennes prennent du temps précieux dans les salles d’opération. Quand j’ai fait ma série sur les chirurgiens l’an dernier, j’ai pu constater comme le temps d’opération dans les hôpitaux est rare puisque on manque de personnel pour faire fonctionner les salles. Les chirurgiens québécois sont souvent sous-utilisés, malgré leur super formation, pendant que des cas de cancer poireautent.

Eh bien souvent, j’ai pu voir des chirurgies de cancer annulées parce que des césariennes prenaient les salles d’opération.

Prix élevé, suroccupation des salles d’opération, voilà deux critères pratio-pratiques qui devraient être suffisants pour déclencher une remise en question sérieuse de l’augmentation du taux de césarienne, une pratique plus risquée que l’accouchement “normal”.

Il faudrait aussi presque une sorte de contre-campagne pour défaire le mythe qui est en train de se créer autour de cette pratique adoptée par les vedettes. Comme si c’était plus propre, plus simple et que ça laissait moins de traces.

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