Marie-Claude Lortie

Archive du 4 juin 2007

Lundi 4 juin 2007 | Mise en ligne à 6h43 | Commenter Commentaires (20)

Des bébés laissés tout seuls

COPENHAGUE – Avec toute la commotion qu’à causé l’enlèvement de la petite britannique Madeleine McCann, alors qu’elle était en vacances au Portugal avec ses parents, on aurait pu croire que les Danois hésiteraient maintenant à laisser leurs bébés dans des landaus, seuls, à l’extérieur des cafés.

Pas du tout.

J’ai vu la scène plusieurs fois : si bébé dort dans son carrosse quand papa ou maman arrive au café, bébé est garé dehors au chaud dans son immense landau (tout le monde ici utilise des immenses modèles un peu rétros avec de grosses roues).

Les parents, eux, s’installent dans le café, près de la porte ou d’une fenêtre, pour jeter un œil sur leur rejeton.

Ce n’est pas du folklore, c’est la réalité. Les gens font vraiment ça.

À Christiania, un quartier de squats très hippie de la capitale danoise, j’ai même vu un bébé qui s’est mis à pleurer dans son landau, au milieu de la place, alors que sa mère était allée chercher un café. Un monsieur assis non loin est alors allé brasser un peu le carrosse, jusqu’à temps que la maman arrive en courant et apporte le bébé avec elle à l’intérieur.

Cette habitude est vraiment particulière et surprend, pour ne pas dire choque, quand on le voit pour la première fois.

On a de la difficulté à s’imaginer en train de faire confiance à ce point aux autres citoyens déambulant dans nos villes.

Il y a 10 ans, à New York, une mère danoise s’est fait prendre son bébé par la police parce qu’elle l’avait laissé dans un landau à l’extérieur d’un café. Ce sont des clients du restaurant, horrifiés, qui avaient appelé les autorités.

Au Danemark, non seulement ce très grand sentiment de confiance envers les autres et de sécurité totale est présent, son existence fait partie des valeurs fondamentales de la culture, explique Jonathan Schwartz, professeur émérite d’anthropologie à l’Université de Copenhague. « Ils ont un mot qui décrit cet état, c’est tryghed. Cela signifie être en sécurité, être protégé, avoir confiance. »

Donc non seulement les Danois se sentent-ils en sécurité, ils veulent perpétuer ce sentiment. Le refus de la paranoïa est un réflexe.

Les Danois sont ainsi restés très calmes devant l’affaire McCann. « On en a beaucoup parlé, mais aucune hystérie ne s’est propagée », explique Suzanne Moll, directrice des nouvelles et de la programmation à TV2 radio.

Certains trouvent que cette confiance des Danois a quelque chose de naïf.

Reste qu’année après année, rien n’arrive jamais aux bébés.

 

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