Marie-Claude Lortie

Jeudi 19 juin 2014 | Mise en ligne à 15h53 | Commenter Commentaires (205)

La Terre appelle Peter MacKay

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Le ministre Peter MacKay semble bien attaché à son nouveau bébé sur cette photo mais rassurez-vous, il n’est pas assez attaché pour que cela l’empêche de bien jouer son rôle de ministre de la Justice. Photo du compte Twitter de M. MacKay.

Le ministre de la Justice conservateur Peter McKay a trouvé une nouvelle belle explication moderne pour justifier la sous-représentation des femmes chez les juges: elles sont trop attachées à leurs enfants, dit-il. Donc les avocates ne seraient pas portées à lâcher les couches pour aller s’assoir sur le banc pour entendre des causes. (Allô ? Le poste de juge est en fait bien plus souvent apte à la conciliation travail-famille que le job d’avocate en pratique privée)
Et la sous-représentation des minorités ? C’est parce que les juristes issus de ces communautés ne postulent pas assez pour les emplois, dit le ministre.
Une belle analyse sophistiquée et finement ciselée de la situation. (Allô !!! A-t-il jamais lu le moindre rapport de recherche sur les barrières à l’embauche chez les minorités visibles ? Et sur la nécessité de pallier à ces problèmes en faisant des efforts spécifiques pour faire tomber les barrières ?)
Nous sommes sur Terre, M. MacKay, une planète où tout a le malheur d’être pas mal plus complexe que vos analyses simplistes et aveugles.
Le sexisme et la discrimination systémique ça vous dit quelque chose ?
Misère.
Les propos du ministre ont été rapportés dans cet article du Toronto Star.
À ne pas manquer, cet article de Lina Dib de La Presse Canadienne, qui rapporte notamment les réactions gênées des collègues de M. MacKay.

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Mercredi 11 juin 2014 | Mise en ligne à 10h28 | Commenter Commentaires (67)

Le coût humain des crevettes bon marché

thailande

Un bateau chargé de poisson à moulée à crevettes arrive au port de Mahatchai en Thaïlande, aux aurores. Photo Marie-Claude Lortie.

L’an dernier je suis allée en Thaïlande faire un reportage avec le photographe Ivanoh Demers sur le coût humain des crevettes bon marché. Ça a donné cet article et cet article et cette vidéo.

Cette année, le Guardian a poussé l’enquête encore plus loin, plus longtemps. Ça a donné ce reportage, ici, ici et ici.

La question: doit-on boycotter les crevettes pour ne pas enrichir les entreprises qui exploitent les travailleurs ou écouter les travailleurs qui disent qu’ils risquent de perdre leurs emplois si on n’achète plus de crevettes thaï ?

Chose certaine, il faut réaliser que tout a un prix et que nos économies, que ce soit sur la nourriture ou les vêtements ou les objets de maison, se font sur le dos de travailleurs ailleurs.

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Mardi 3 juin 2014 | Mise en ligne à 19h26 | Commenter Commentaires (225)

Mariés, pas mariés…

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Après avoir eu un bébé, Kim et Kanye ont choisi de se marier… Combien on parie qu’ils sont passés chez le notaire pour régler les questions financières.

Après des années de discussions sur le sujet, dans la foulée de l’affaire Lola et Éric, et après une analyse méticuleuse du dossier, le Conseil du statut de la femme propose au gouvernement de réformer le droit sur la famille pour que la protection offerte aux conjoints de fait soit la même que celle fournie aux couples mariés. À moins, et le “à moins” ici est très important, que le couple décide de se soustraire à cette protection.
En d’autres termes, le CSF propose qu’au lieu que les couples de fait n’aient aucune des protections légales du mariage (à moins d’aller chercher un acte notarié pour encadrer leurs responsabilités mutuelles comme c’est la nécessité actuellement), ce soit plutôt la protection qui soit accordé aux couples de fait automatiquement, alors que la soustraction aux droits et responsabilités légales du mariage, devrait se faire devant notaire. ( Julie Miville-Dechêne, présidente du CSF, explique tout ça ici)

On renverse les obligations. Le régime par défaut changerait.

Donc on ne retirerait pas aux conjoints de fait leur liberté de ne rien se devoir l’un l’autre, mais on leur dirait que c’est cette liberté qui devrait être notariée et non la responsabilité mutuelle, incluant le partage du patrimoine acquis durant l’union.

Mon avis sur l’avis ? Excellent avis. Comme le conseil, je crois qu’il faut s’enligner sur la jurisprudence de plusieurs autres pays et provinces et considérer que le couple a responsabilités et des droits — parce que être considéré comme “marié” cela ouvre aussi toutes sortes d’accès aux rentes, protections d’assurance, assurances-vie etc. — dès qu’il vit ensemble depuis un certain temps. Le CSF propose deux ans — et s’il y a enfant.

Pourquoi faut-il renverser le cas “par défaut” ? Parce que vivre en union libre est trop peu souvent une décision “éclairée”

« La théorie voulant que la décision de vivre en union libre soit un choix éclairé ne tient pas la route, croit Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme. Il se peut que ce choix soit celui d’un seul des deux partenaires ou encore que le couple manque d’information sur les conséquences financières de leur mode de vie », a souligné la présidente du Conseil, Mme Julie Miville-Dechêne.

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