
Boulevard Saint-Laurent, 22 mai 2013.
Photo Marie-Claude Lortie. La Presse.
Enfin, nous voilà revenus à la normale à Montréal après un avis d’ébullition de l’eau de plus de 24h, alors qu’aucune catastrophe naturelle n’avait frappé la ville. Alors qu’on n’a jamais eu d’explications claires sur le problème qui est survenu au réservoir Atwater, rendant l’eau non-consommable.
Enfin nous voilà revenus à la normale, mais ne me dites pas que ce n’est pas grave ce qui s’est passé, que des accidents ça arrive, que je me suis énervée pour rien, qu’il suffisait de faire bouillir un peu….
Hier, pendant un moment on n’avait ni eau ni métro, le tout sur fond de Charbonneau.
Ne me dites pas que ce n’est pas grave ce qui se passe à Montréal. C’est faux. C’est grave.
Pas mortel, pas Chernobyl, pas les Boers, pas Waterloo.
Mais grave quand même.
Pas normal que la métropole soit si broche à foin.
Pas normal de baisser les bras devant l’incompétence.
Pas normal que les ponts, les rues, les viaducs…. Pas normal, 1,3 millions de personnes sans eau.
Pas plus normal que des centaines de communautés autochtones n’aient pas accès à l’eau potable pendant des années, comme l’explique ma collègue Rima Elkouri ce matin, elle aussi, soit dit en passant, totalement exaspérée par l’attitude la Ville…
Faites bouillir l’eau et taisez-vous, nous dit-on, explique-t-elle en gros.
Pas envie de me taire. Ni pour les Montréalais, ni pour les autochtones, ni pour tous ceux qui n’ont pas accès à de l’eau propre dans le monde entier.

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