Par Patricia Rainville
Je me permets, aujourd’hui, de dévier de notre mission qui consiste à commenter la télé. Étant affectée à la couverture du Festival de la chanson de Saint-Ambroise pour la semaine, je n’ai guère le temps (ni l’envie) d’écouter des émissions. Anyway, à part les nouvelles et les Jeux olympiques, je n’écoute pas grand chose ces temps-ci.
C’est ma première présence au Festival. Une découverte qui me ravit. Vraiment.
Nous sommes au coeur des demi-finales. Et lorsque j’ai vu, lundi soir, les petits yeux brillants de la jeune Maxyme Bouchard qui regardait, pleine d’espoir, les juges de cette 21e édition, mon coeur a flanché.
Quel travail ingrat ont les juges de concours de talents.
Ils sont soixante candidats à participer. Ils seront quatre élus, dont un seul grand lauréat.
La petite blondinette n’a pas été sacrée coup de coeur de la soirée. Sûrement déçue, elle a sagement attendu la fin du spectacle pour aller voir le directeur artistique de l’événement, Claude Boutin. Elle lui a fait un grand sourire.
Visiblement, elle était fière de sa performance. Et elle avait raison.
Claude lui a alors dit que ce n’était pas grave et qu’elle avait été très bonne. ”Continue de chanter ma belle, tu as beaucoup de talent”, s’est-il exclamé.
Il n’en fallait pas plus pour que la gamine retourne voir ses parents en gambadant.
Cherchant un peu de réconfort auprès d’un pro de la musique, ses grands yeux bleus m’ont littéralement chamboulée.
J’ignore si perdre un concours à neuf ans et le perdre à 18 ans provoque le même sentiment. Mais en voyant ces petits mousses s’éxécuter devant une salle remplie de quelque 600 spectateurs, j’ai été touchée.
Touchée par leur courage, leur détermination.
Au même titre que les athlètes, les artistes se battent jour après jour pour percer. Certains n’y arriveront jamais. Tout comme certains athlètes n’excelleront jamais assez dans leur sport.
Ils ont bien beau n’avoir que sept, huit ou neuf ans, certains petits chantent et dansent depuis aussi longtemps qu’ils se souviennent.
Un concours de chant, c’est un peu comme les Olympiques. À plus petite échelle, évidemment, mais les artistes s’entrainent, passent des auditions, perfoment ou se plantent totalement.
Et lorsque la maman de Maxyme m’a envoyé un courriel, mardi matin, pour m’exprimer la fierté qu’elle a ressentie en voyant sa petite dans le journal, j’ai souri. Car derrière chaque artiste ou sportif, il y a toujours une maman (ou un papa) tellement fière peu importe ce qui arrive aux finales.