
Say Yes to the Dress (Photo Internet)
Laura Lévesque
Divan capitonné, vin mousseux, ambiance relaxante, déco chic. Je m’attendais à ça en magasinant la robe de mariée de ma cousine.
J’ai probablement écouté trop d’épisodes de Say Yes to the Dress, La bosse des noces et Brides of Beverly Hills. Parce que mon expérience avait plutôt les airs d’une quête du Graal.
J’avais pourtant tellement hâte à cette journée « shopping ». Presque plus que le jour même du mariage. Bon, j’exagère un peu.
Emballées, moi et la bande de copines on met le cap vers Montréal, dans une des plus grandes boutiques du genre. J’entends déjà les gens se demander pourquoi on n’a pas magasiné ici: je suis la seule à demeurer dans la région. Bon, c’est dit.
À peine débarquée du véhicule, je me voyais déguster un verre de mousseux dans un sofa, avec une musique classique d’arrière-fond, pendant que ma cousine défilerait dans les plus belles toilettes de mariage. Tout ça en compagnie d’une conseillère sympathique qui a de la classe.
Ouf! En entrant dans l’immense magasin, mon rêve venait de s’éteindre. Une marre de chaussures trônait sur un tapis. « Il faut laisser vos chaussures ici », exige la conseillère. Je comprends qu’ils ne veulent pas salir leur plancher, mais quand même, avouez que ce n’est pas chic. En plus, personne ne nous offre de pantoufles. Et je dois dire que j’avais peur de laisser mes chaussures toutes seules sans surveillance.
« Ne vous inquiétez pas, les miennes aussi sont là. Il n’y a pas de danger de vol », rassure la dame pointant ces petites bottes enfouies sous des dizaines de Sorel.
Les bas trempés par le tapis mouillé, on monte à l’étage vers la section mariage. C’était le chaos. Des dizaines de mères, belles-mères et des demoiselles d’honneur se trouvaient coincées sur des petites chaises. « Il n’y a plus de place. Et les rendez-vous ne servent à rien, car il n’y a pas de limite de temps », répond la conseillère à qui nous venions de donner nos noms. On a pris le soin de réserver notre place il y a deux mois et ça ne donne rien?
Bouillonnantes, on déniche une place sur un banc (une doit toutefois s’asseoir sur le sol). Pour une boutique qui vend des robes à 5000 $, c’est pas mal ‘‘cheap’’. C’est comme acheter une voiture à 50 000 $ dans une vente de garage.
La quête de la robe débute enfin. Une quête quasi impossible. C’est bizarre, mais plus on recherche quelque chose de simple plus c’est compliqué à trouver. Du moins, en matière de mariage.
« La tendance cette année, c’est le bling-bling et le bouffant », lance notre conseillère tellement mal habillée qu’à sa place je n’aurais jamais osé parler de tendance.
Entassées sur le podium, les futures mariées ressemblaient à d’énormes gâteaux. Les yeux mouillés par les larmes, les mesdames criaient « c’est elle » (en parlant de la robe). C’était affreux. Sur une dizaine de femmes, peut-être deux étaient élégantes. Mais comme on dit, les goûts, ça ne se discute pas.
Ma cousine sort finalement de la salle avec une magnifique robe sur le dos. Splendide. Le prix convenait (sans les retouches). Elle décide toutefois de dormir là-dessus.
En quittant les lieux, la conseillère court vers nous. « Si vous la prenez aujourd’hui, elle vous coûtera ça », insiste-t-elle, en pointant un montant inscrit sur une feuille.
Le prix venait de baisser de 200 $. Je n’en revenais pas. Je ne pensais même pas que ça se négociait le prix d’une robe. Je me sentais plus dans un souk que dans une charmante boutique de mariage. On ne s’en est cependant pas plaint.
Ma cousine passe donc à la caisse. Mais au moment où je commençais à apprécier les conseillères et le service, la gérante de la boutique lance candidement. « Une fille s’est fait voler ses bottes. »
Je le savais que ça allait arriver.