
Patricia Rainville
J’ai eu envie d’aller dans le même registre que ma collègue de blogue, Laura Lévesque. Cette dernière nous parlait, dans son dernier billet, d’une téléréalité à saveur polygame. De mon côté, je déteste ce genre d’émissions. Mais je dois avouer que, parfois, je deviens hypnotisée devant tant d’idioties… Et je ne suis plus capable de changer de poste. Un plaisir coupable, dit-on.
Je suis abonné à plusieurs chaînes complètement inutiles sur mon compte de télévision. Gracieuseté de mon copain, un grand consommateur de télé. Certaines de ces chaînes sont assez instructives, intéressantes. D’autres sont complètement abrutissantes. Comme TLC. Un gros cocktail de toutes les téléréalités américaines, plus mauvaises les unes que les autres.
L’une de ces émissions a attiré mon attention, mercredi soir dernier. Toddlers & Tiaras. J’ai avalé de travers mon petit lunch de fin de soirée devant le téléviseur.
Je vous en fais un bref résumé. Des mères de famille poussent leurs filles à devenir des reines de beauté, participant à tous les concours inimaginables. Il faudrait plutôt parler de princesse de beauté, car les petites fillettes n’ont que trois, quatre, cinq, six, sept ou huit ans. Incroyable, mais vrai. L’une des petites participantes que j’ai eu la ‘’chance’’ de voir à l’oeuvre n’avait que trois ans…
Haute comme trois pommes, maquillée comme un clown et grimée comme une starlette, la petite devait faire toutes les prouesses nécessaires pour épater les juges, sous les regards sévères de sa mère. Si elle échoue, la maman rage, dispute sa gamine. Pirouettes, chansons, danses; les mères poussent leurs petites à bout. Celle de trois ans s’est mise à pleurer sur scène, car elle ne voulait plus le faire. Elle ne se rappelait plus des mouvements qu’elle devait exécuter. Elle voulait rentrer chez elle.
Et quoi encore? Une autre petite de quatre ans se fait asperger d’auto-bronzant par sa propre maman. La petite pleure, veut retourner jouer. Sa mère, elle, ignore ses plaintes (légitimes, à mon avis) et continue de l’enduire d’huile dans l’espoir que sa petite soit la plus belle au concours. La plus belle, avec le plus beau teint doré…
Des horribles petites poupées. Des petites filles transformées, déguisées, ridiculisées. Des mères complètement obsédées par le désir de voir leur fillette couronnée. De la projection, fort probablement. Mais on ne fera pas une analyse psychologique de ces mamans sérieusement pathétiques.
L’une des petites participantes, âgée de six ans, montrait fièrement ses dizaines de trophées à la caméra. Certains avaient été remportés lorsqu’elle était encore un bébé. Sa mère était encore plus fière. Évidemment. La petite, de son côté, confiait à la caméra qu’elle aurait bien aimé aller jouer dehors.
Ah oui, j’oubliais. Une gamine de deux ans, qui, supervisée par sa mère, hydrate elle-même sa peau avec une crème. On lui frise les cheveux avec un fer, on lui met de l’ombre à paupières. Sa bouche miniature est luisante de gloss.
Il parait qu’il faut souffrir pour être belle. Je croyais au moins que les petites filles étaient épargnées et avaient encore le droit de s’amuser.




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