(Photothèque Le Soleil)
Quand on y pense bien, la situation dans laquelle se retrouvent les Remparts avec leurs gardiens de but ne diffère pas tellement de celle de l’année dernière, et de la précédente.
Le jour de la marmotte? Oui et non.
En faisant l’acquisition de Louis Domingue à 17 ans, après une saison prometteuse à 16 ans, les Remparts ont voulu miser sur un gardien, qui avait le potentiel de devenir un bon numéro un dans la LHJMQ.
Inconstant depuis son arrivée chez les Remparts, l’espoir des Coyotes de Phoenix n’a toutefois démontré ce potentiel qu’en de trop rares séquences.
Brillants par moments, comme il l’a été en début de saison et, plus récemment, à Chicoutimi et Shawinigan, le portier de 19 ans peut également s’effondrer et être incapable de se ressaisir, comme ce fut le cas lors de la première période de la défaite de 9-3 face à l’Océanic, vendredi. Trois buts accordés sur cinq lancers: ce n’est pas suffisant pour un cerbère qui s’apprête à faire le saut chez les professionnels.
En même temps, Domingue n’a cessé de s’améliorer depuis son arrivée avec les Remparts. Statistiquement parlant, il avait su ramener son nombre de victoires (5, 20, 37, 19), sa moyenne de buts alloués (2,51, 2,68, 2,65, 2,88) et son pourcentage d’arrêts (,924, ,906, ,898, ,907) à des niveaux respectables, avant ses derniers insuccès.
Mais c’est en séries éliminatoires, là où il avait été le plus critiqué par son entraîneur-chef Patrick Roy au terme de la campagne 2009-2010, que Domingue a le plus progressé, l’année dernière. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, si on se fie à sa moyenne, qui était passée de 4,35 à 2,47, et son pourcentage d’arrêts qui avait bondi de ,863 à ,913.
Certains choisiront de se souvenir de la manière dont Domingue s’était écroulé au cours des deux derniers matchs de la demi-finale contre les Olympiques de Gatineau, au printemps. Mais la réalité, c’est que le 37 avait été dominant dans les deuxième, troisième et quatrième matchs, avant de complètement perdre ses repères.
Dans la première rencontre du 22 avril, une défaite de 2-1 au Colisée, il avait repoussé 27 des 29 tirs dirigés vers lui, s’illustrant en deuxième période, alors qu’il volait un but à David Weckworth de la mitaine. Le lendemain, il signait une victoire de 3-2, dans un match difficile pour l’équipe, emporté à l’arraché.
Mais là où Domingue était vraiment ressorti du lot, c’était lors des troisième et quatrième matchs à Gatineau, les 26 et 27 avril, permettant à sa formation de gagner chaque fois par la marque de 2-1.
Après le première de ces deux parties, où il s’était signalé deux fois devant Philippe Halley en plus de stopper 27 des 28 tirs dirigés vers lui, le portier avait commenté: «D’aller chercher une grosse victoire comme ça à Gatineau, c’est important pour nous autres. Ce n’est pas une place où c’est facile à jouer. On va rester humble ce soir [hier] et on va revenir fort demain [aujourd'hui]“.
Et c’est ce qu’il avait fait le lendemain, réalisant des arrêts-clés devant Talbot, Linteau, Ouellet, Devos et Pageau.
Avec une équipe en avance 3-1 dans la série, Domingue est alors tombé dans une sorte de zone de confort, lui qui, jusque-là, dominait tous ses collègues de la ligue pour les victoires (11), les minutes jouées (957) et le pourcentage d’arrêt (,921), en plus de présenter la troisième moyenne de buts alloués (2,26).
Et c’était la pire chose qui pouvait lui arriver.
Parce que s’il y a un aspect du jeu de Domingue qui est constant depuis son arrivée à Québec, c’est qu’il a tendance à perdre sa concentration, à devenir inactif, à figer et à s’effondrer, lorsque les choses semblent gagnées d’avance, comme en font foi les trois défaites consécutives — 5-3, 4-0 et 5-2 — qui ont mené à l’élimination des Remparts.
“Ce qui me fait de la peine pour Louis, et vous pouvez l’écrire, c’est qu’il a beaucoup de difficulté à gérer les compliments dirigés envers lui. Il a joué du très bon hockey dans les matchs 2-3-4 et les fleurs sont arrivées. Il doit apprendre à continuer de performer quand les gens disent qu’il est bon et qu’il fait bien ça», avait noté Patrick Roy, à l’époque.
Peut-on penser qu’après avoir sorti deux gros matchs à Chicoutimi et Shawinigan, Domingue est de nouveau retombé dans son vieux pattern? Bien possible. Et vaut mieux qu’il apprenne à s’en sortir maintenant qu’en séries éliminatoires.
D’aucuns douteront de sa capacité à le faire. Mais ce serait faire fi de sa progression des trois dernières années. Beaucoup plus zen qu’auparavant, Domingue a beaucoup évolué du point de vue de la préparation mentale. Oui, il lui reste du boulot à faire, mais tout n’est pas perdu. Il s’agit de sa dernière saison dans le junior majeur et de sa chance de quitter Québec sur une note positive.
D’ici là, François Brassard verra un peu plus d’action, ce qui aura l’heur de garder Domingue sur le qui-vive — et de le ramener sur le chemin de la victoire — et de donner du temps de glace au portier de 17 ans. En bout de ligne, ce sont, je crois, les Remparts qui bénéficieront de cette décision.
Et vous, qu’en pensez-vous? Les Remparts doivent-ils miser sur Brassard d’ici à la fin de la saison ou continuer d’alterner leurs gardiens de but?
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(Photo, Archives Le Soleil)
(Photo Le Soleil, Érick Labbé)


