
(Photo PC)
Pendant que vos Remparts pratiquent déjà leur swing de golf, moi, j’ai décidé d’aller faire un petit tour du côté du Centre Bell hier, question de me tremper un brin dans l’atmosphère des séries de la LNH et de voir le Canadien tenter d’arrêter le train Ovechkin.
Facile, la mission des Glorieux?
C’est ce qu’on aurait cru après un match. C’est ce qu’on croyait un peu moins après deux. Et, force est d’admettre que, c’est ce qu’on ne croit plus tellement après trois.
Parce qu’elle en a arraché, la Sainte-Flanelle, hier. Plutôt, elle a péché. Comment?
D’abord, les choses n’allaient pas si mal après une période. La foule était survoltée, probablement «allumée» par la cérémonie du flambeau qui a mis la table à la rencontre. (Beau flash, quand même, que celui d’enflammer la glace du Centre Bell…)
Puis, les joueurs du Tricolore ont mis toute la gomme. Ça patinait, ça passait, ça multipliait les tirs au but. Après le premier vingt, le Canadien aurait très bien pu avoir l’avance, menant 10-7 au chapitre des lancers. Mais il s’est buté à un Semyon Varlamov solide.
Soyons honnêtes. À ce moment-là, le Canadien avait fière allure. On lui aurait donné la série sur le champ. Même Halak le Tremblottant se sortait bien d’affaires, effectuant des arrêts qui laissaient croire à un réalignement mental, après le brasse-camarade de samedi.
Mais tout cela était bien éphémère.
Pas parce que le CH est devenu super confiant, mais l’inverse.
Il faut dire que la deuxième n’a pas tellement bien commencé. Les hommes de Jacques Martin ont laissé les dangereux Capitals pénétrer dans leur zone comme on entre au supermarché. C’est pendant l’une de ces échappées, un deux contre un alors que le CH bénéficiait d’un avantage numérique, que le château de cartes s’est effondré. Tentant d’empêcher Boyd Gordon de passer à Mike Knuble, Jaroslav Spacek a amorcé une glissade «à l’aveuglette» qu’il a terminé sur son gardien, l’empêchant d’effectuer l’arrêt.
À trop bien faire, on fait parfois pire. Sur ce jeu, Spacek et le Canadien ont péché par excès de bonne volonté. Et ça s’est retourné contre eux de façon magistrale.
Reprenant la recette de samedi, Bruce Boudreau a ensuite continué d’envoyer du trafic devant le gardien du Canadien, qui avait la vue totalement obstruée sur le but de Bruce Laich, venu trois minutes et demie plus tard.
La porte était désormais entrouverte. Et l’«ami du Canadien» Eric Fehr n’a pas mis de temps à s’y inviter à son tour, inscrivant le troisième but des Capitals en un peu plus de sept minutes. Celui-là, Halak aurait dû l’arrêter…
Il n’en fallait pas plus pour que Jacques Martin ne sorte le crochet… Décision éclairée? Dans le contexte d’une partie qu’il fallait absolument gagner, oui. L’arrivée de Price permettait à l’équipe de reprendre son souffle et aux amateurs du Centre Bell de reprendre vie, eux qui étaient demeurés pétrifiés après la douche d’eau froide de début de période.
Reste que ça faisait un peu mal au cœur de voir un gars comme Halak payer la note. Un gars à qui le CH doit ses séries, soit dit en passant. Un gars dont les détracteurs viennent de trouver une raison supplémentaire de le dénigrer. (En prenant évidemment soin d’oublier ses séquences victorieuses de la saison et sa solide prestation olympique…) Un gars qui, dans le cas où Price obtiendrait tous les prochains départs de la série, a peut-être joué son dernier match dans l’uniforme du Canadien.
Juste d’y penser, ça semble injuste. Encore jeudi, il était un héro. Même Mike Green déclarait qu’il ne savait pas «à quel point il était bon».
Entre deux gorgées de café ce matin, je me demande s’il mérite le blâme pour les trois buts accordés hier. J’ai beau regarder les séquences, je ne vois pas comment il aurait pu arrêter le premier ou le deuxième filet.
En même temps, Jacques Martin se devait d’amener Price dans la mêlée, ne serait-ce que pour récupérer un peu du momentum qui s’était sauvé sur l’autre banc.
Carey Price n’a pas mal paru en remplacement. Il n’a toutefois pas été en mesure, lui non plus, de refermer la porte du but, accordant deux filets supplémentaires, dont un à l’explosif Alexander Ovechkin.
La frustration s’est ensuite installée chez le Tricolore, qui a dû se passer des services des Scott Gomez et Tomas Plekanec pour un total de 14 minutes. Ce dernier s’est racheté en inscrivant le seul but du CH, mais c’était trop peu trop tard. Matt Bradley allait clouer le cercueil du Canadien en fin de troisième et amenuiser d’autant plus ses chances de revenir dans la série.
Après la rencontre, le calme — ou la résignation? — semblait toutefois régner dans le vestiaire du Canadien. Comme c’est le cas depuis le début de la série, seuls les vétérans ont été «exposés» aux questions des médias. Pas de traces de Jaroslav Halak. (Mais Carey Price était là.) Plekanec, lui, continuait d’afficher une neutralité étonnante.
«Ce sont les séries. Ce n’est pas important que le score soit 10-1 ou 3-2. Ce n’est qu’une partie. Nous allons nous ressaisir», a soutenu l’homme au col roulé, admettant toutefois que ses coéquipiers et lui devront mieux contrôler leurs émotions dans le futur.
De son côté, Michael Cammalleri préférait voir l’émotivité de la troupe comme un aspect positif. «Nous sommes un groupe très émotif. Et j’aime qu’on le soit. Mais à certains moments, ça peut ne pas être constructif. Et c’est quelque chose qu’on veut éviter.»
Dans le camp adverse, malgré la victoire, on ne sabrait pas nécessairement le champagne. Les joueurs de Bruce Boudreau demeuraient préoccupés par l’inefficacité de leur jeu de puissance, qui a une fois de plus été blanchi en sept occasions, hier.
«Depuis le début de la série, on essaie d’établir de meilleurs lancers de la pointe. Ce soir, j’ai l’impression qu’on arrivait à mieux bouger la rondelle. (…) [Le jeu de puissance] s’en vient. Je le sens», a soutenu un Mike Green, arborant des sacs de glace à la main gauche et au genou droit.
La fin?
S’il fallait maintenant que l’avantage numérique des Capitals se réveille, aussi bien dire adieu au Canadien.
Pendant un match et une période, ce dernier aura permis aux amateurs de rêver, ce qui est déjà mieux que l’an dernier. Mais pouvait-on vraiment lui demander de répéter quatre fois une performance faisant figure d’exception dans sa campagne?
Poser la question, c’est y répondre.
Avec les Voltigeurs de Drummondville et les Tigres de Victoriaville, qui tirent tous les deux de l’arrière 2-0 dans leurs séries demi-finale de la LHJMQ, le hockey de fin de saison risque de n’être bientôt qu’un distant souvenir pour les amateurs de hockey du Québec.
À moins que…
D’une capitale à l’autre
Parce que le mois d’avril, c’est le mois du hockey, je continue mon petit pèlerinage des séries du côté d’Ottawa, ce soir. Je vous jase un peu plus de cette série, qui a des allures de «Crosby Show» jusqu’à maintenant, dans une prochaine entrée…
À plus tard!