Un monument du journalisme sportif dépose son calepin aujourd’hui. Si je le sais, ce n’est certainement pas parce qu’il l’a crié sur tous les toits. C’est plutôt parce qu’il s’agit de mon voisin de bureau… Tout un voisin de bureau.
En tant que petite dernière de la section des sports du Soleil, je n’aurai bénéficié de la direction de Maurice Dumas que pendant quelques mois. Je suis donc mal placée, contrairement à mon collègue Kevin Johnston, pour relater les savoureuses anecdotes — généralement de l’époque des Nordiques — dont Maurice a été le héros. Par contre, je peux vous dire ce que ce n’est pas d’hier que je respecte et suis le travail de ce dernier.
Je devais bien avoir une douzaine d’années. Maniaque de notre sport national, je dévorais tous les jours la section sportive du Soleil, le quotidien préféré de mon grand-père, et les textes de ses talentueux journalistes, dont Maurice Dumas. Une fois à l’école, j’essayais d’émuler leurs savantes analyses dans les pages de mon journal étudiant, où je signais des papiers sur le hockey.
Si la vie m’a effectivement amenée au journalisme, elle ne m’a pas immédiatement permis d’aller au bout de ce rêve de gamine de devenir journaliste sportive. D’autres opportunités se seront présentées à une époque où le milieu était aussi embouteillé que le filet du Canadien… Je vous passe les détails.
Il y a bien eu cet épisode de quelques mois, en 2000, où j’ai eu la chance de faire un passage dans la section des sports que Maurice dirigeait déjà à l’époque. Il n’avait pas hésité à confier à une petite journaliste surnuméraire le dossier des célébrations du 50e anniversaire du Colisée. Jamais je n’oublierai la façon dont il m’avait présentée aux Jean Béliveau, Michel Goulet et Peter Stastny, mon idole d’adolescence, comme «son homme de confiance». J’en ai encore des frissons.
Dix ans plus tard, alors que j’arrive au but, Maurice s’en va. Sans avoir terminé mon éducation sportive. En quelques mois, il m’aura toutefois, par l’exemple, appris de précieuses leçons. Ne serait-ce que par sa façon de se «mettre sur le téléphone» et de pourchasser le scoop, par sa ténacité à ramener les lecteurs aux opinions discordantes de son bord, par sa passion contagieuse pour le baseball dont il est une encyclopédie vivante — Il n’est pas membre du Temple de la renommée du baseball québecois pour rien! —, par sa personnalité plus grande que nature qui avait le don d’animer notre section. Et de que dire de sa fierté envers sa petite famille!
Si, comme il se plaît à me le répéter, on ne peut juger de la carrière d’un athlète que par «les chiffres sur le tableau et le temps», Maurice aura été un véritable joueur de concession pour la section des sports du Soleil. En 36 ans, sa moyenne au bâton n’aura jamais fléchi.
Comme Kevin, je sais que Maurice ne sera pas content que je lui consacre un blogue ce matin. Parce qu’il ne part qu’à moitié — il continuera d’écrire dans nos pages —, il ne voulait pas d’hommage. Mais s’il y a quelques chose que j’aurai retenu de notre mentor, c’est qu’on ne doit jamais se laisser arrêter par un «non»…
Salut Maurice!
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