Dans son discours d’investiture, Barack Obama a fixé à la nation l’objectif idéal que tous les enfants américains, de Détroit jusqu’à Newtown, soient à l’abri du mal.
Une question, comme ça : est-il légitime pour une entreprise québécoise de faire de l’argent avec des armes ? D’en fabriquer ?
La poser nous donne ici l’occasion de faire un petit rappel historique.
Une des armes les plus connues – et célébrées – de la Seconde Guerre mondiale a été inventée par un homme né au Québec.
Le fusil standard des fantassins américains au cours de la Seconde Guerre mondiale s’appelait officiellement le M1, mais tout le monde l’appelait plus familièrement le fusil Garand.
Il portait le nom de son inventeur, John C. Garand, né en 1888 à Saint-Rémi, au Québec, sous le nom plus francophone de Jean-Cantius Garand.
Après la mort de sa mère, son père s’est établi au Connecticut alors que le petit Jean avait 10 ans.
Il se familiarise avec les machines-outils dans une usine de textile, puis est engagé chez un outilleur. Intéressé par les armes à feu alors que la Première Guerre mondiale fait rage, il invente avec un collègue un modèle de mitrailleuse légère. Elle est refusée par les autorités militaires, mais elle attire suffisamment l’attention pour que Garand soit engagé en 1919 par la Spingfield Armory, le fabricant d’arme officiel de l’armée américaine. Il demande alors la nationalité américaine, qu’il obtient en 1920 sous le nom de John C. Garand. Après des études techniques par correspondance, il obtient le poste d’ingénieur conseil.
Il travaillera toute sa vie à la Spingfield Armory, jusqu’à sa retraite en 1953. C’est là qu’il met patiemment au point l’arme à laquelle il a donné son nom. Après de nombreuses versions, l’arme est mise en production en 1936.
Le fusil M1 a été le premier fusil militaire semi-automatique performant. Alors que sur les autres armes standard de fantassins, il fallait extraire la douille en manipulant un verrou après chaque coup, le M1 tirait une balle et éjectait sa douille à chaque fois que la détente était pressée. Le chargeur consistait en une agrafe métallique retenant huit balles. Le fusil Garand tirait ainsi jusqu’à quatre fois plus vite que ses concurrents.
Le célèbre général George Patton a eu ce commentaire :
« Selon moi, le fusil M1 est la meilleure pièce d’équipement militaire jamais conçue » (“In my opinion, the M1 rifle is the greatest battle implement ever devised”).
John Garand n’a pas fait fortune avec le fusil fabriqué à des millions d’exemplaires, et encore utilisé au début de la guerre du Viet Nam. Il n’a jamais touché que son salaire. Les droits des brevets à son nom avaient été cédés au gouvernement américain.
Un article sur John Garand paru dans le magazine Popular Science de décembre 1940 – soit un an avant l’entrée en guerre des États-Unis – portait le titre suivant : « Il a inventé le fusil le plus mortel au monde. »
L’auteur avait noté le « léger accent canadien-français » avec lequel il prononçait certains mots.
Vous pouvez lire l’article original ici.
Question subsidiaire : faut-il être fier de cet esprit inventif d’origine québécoise ?

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omi-san
23 janvier 2013
19h50
Pourquoi pas? Ces armes ont servi à vaincre les Nazis.
_cameleon_
23 janvier 2013
20h36
Il faut avoir l’esprit plutôt tordu pour retirer de la fierté pour une invention qui sert à tuer d’autres être humains. La seule raison légitime d’utiliser les armes contre d’autres humains est la légitime défense. Or les armes ne servent rarement pour cette raison. La plupart du temps elle sont utilisés pour tout autre chose.
Tiens un extrait traduit en Français du Tao te king qui date de 600 BC
“Les armes les plus excellentes sont des instruments de malheur.
Tous les hommes les détestent. C’est pourquoi celui qui possède le Tao ne s’y attache pas.
En temps de paix, le sage estime la gauche ; celui qui fait la guerre estime la droite.
Les armes sont des instruments de malheur ; ce ne sont point les instruments du sage.
Il ne s’en sert que lorsqu’il ne peut s’en dispenser, et met au premier rang le calme et le repos.
S’il triomphe, il ne s’en réjouit pas. S’en réjouir, c ‘est aimer à tuer les hommes.
Celui qui aime à tuer les hommes ne peut réussir à régner sur l’empire.
Celui qui a tué une multitude d’hommes doit pleurer sur eux avec des larmes et des sanglots.
Celui qui a vaincu dans un combat, on le place suivant les rites funèbres.”
rogiroux
23 janvier 2013
22h18
L’idéal, c’est de faire ce que le Canada a toujours fait de mieux:
Des munitions!! En quantités industrielles…
dcsavard
24 janvier 2013
06h25
Intéressante cette histoire. Et dommage qu’il n’ait jamais réellement bénéficié de son invention. En fait, c’est scandaleux compte tenu de tous ceux qui se sont enrichi.
walt68
24 janvier 2013
07h01
@cameleon,
Les Grecs, les Perses, les Romains, les Goths, les Mongols et les Huns ont massacrés des millions de personnes… Ce n’est pas Garand qui a inventé la guerre.
chip
24 janvier 2013
08h02
Son invention relève d’une brillante performance d’ingéniérie et c’est cela qu’il faut d’abord retenir.
pacobillie
24 janvier 2013
09h26
N’en déplaise aux gens qui ont une hantise viscérale des armes à feu, sans des inventeurs tels que John Garand, nous vivrions peut-être aujourd’hui sous le joug des Nazis. A tout le moins, il y aurait eu plus de morts du côté allié lors de la deuxième guerre mondiale.
el-noeliste
24 janvier 2013
09h27
Sans cette arme, on aurait eu beaucoup plus de difficultés à reprendre l’Europe aux nazi.
austerlitz
24 janvier 2013
10h11
Bon, on va se dire que vous étiez à court de sujet pour ce billet qui n’a pas vraiment sa place dans un blogue PME sauf en étirant la sauce à l’extrême. What’s next? Peut-on légalement produire du Zyklon B et comment en obtenir des déductions fiscales? Y-a-t-il une taxe de vente plus basse pour les entreprises qui produisent des chaises électriques? Les cartes d’électricien sont-elles suffisantes.
Pierre Tremblay