Café PME

Archive, janvier 2013

Jeudi 31 janvier 2013 | Mise en ligne à 18h11 | Commenter Un commentaire

À la recherche de jeunes entrepreneurs

Un somme de 100 000 $ pour aider un jeune entrepreneur à passer à une nouvelle étape de croissance.

C’est le gros lot du concours Prix jeune entrepreneur BDC édition 2013, qui vient d’être lancé. Le deuxième prix : 25 000 $ en services de consultation.

Pour participer, les entrepreneurs de 18 à 35 ans sont invités à présenter un point charnière auquel leur entreprise est arrivée et la solution qu’ils envisagent pour passer à l’étape suivante de leur croissance.

Nous y reviendrons un peu plus bas. D’abord, quelques observations sur l’entrepreneurship… juvénile, pour souligner que tout encouragement, surtout financier, sera le bienvenu.

Le Québec compte deux fois moins de jeunes entrepreneurs que le Canada, selon les données de la Fondation de l’entrepreneurship. En  2012, 5,3 % des Québécois de 18 à 34 ans étaient propriétaires d’entreprises, contre 10,7 % dans le reste du Canada.

Les bonnes intentions sont aussi à la traine. Au Québec, 15,5 % des jeunes de 18 à 34 ans disent avoir l’intention de lancer un jour une entreprise, alors que dans le reste du Canada, ces vertes espérances se chiffrent à 23 %.

Les principales réticences ?

Sans surprise, un tiers des Québécois de 18 à 34 ans expliquent leur « inactivité entrepreneuriale » par le manque d’argent – ce qui n’est pas une mauvaise raison. La proportion tombe à 25 % dans le groupe de 35 à 54 ans.

Le second frein est le manque de connaissances en affaires, signalé par 18 % des jeunes Québécois (4,5 % dans la tranche d’âge supérieure).

Les jeunes Canadiens font face aux mêmes obstacles, remarquez…

Encourageons-nous : ces indices s’améliorent peu à peu au Québec et l’écart avec le reste du Canada s’amoindrira sans doute.

Ainsi, en 2012, 10 % des Québécois de 18 à 34 ans ont amorcé une démarche de création ou de rachat d’entreprise, en même proportion que dans le reste du Canada (9,8 %).

Cette mise en contexte faite, revenons à notre concours.

Le Prix jeune entrepreneur BDC s’adresse aux entrepreneurs canadiens âgés de 18 à 35 ans en date du 31 décembre 2012. Ils doivent être responsables de la gestion courante de l’entreprise depuis au moins deux ans, et détenir au moins 20 % de son capital-actions.

Pour participer, ils doivent préparer une petite vidéo (sans prétention) de une à deux minutes dans laquelle ils présentent l’enjeu de croissance auquel ils font face, et la manière dont ils envisagent franchir cette étape. Ce projet ne doit pas encore avoir été mis en œuvre.

Un jury choisira un finaliste par province et un pour l’ensemble des territoires. Ces 11 finalistes seront départagés ensuite par un vote du public.

Les jeunes entrepreneurs intéressés doivent déposer leur candidature en ligne avant le 2 avril, sur le site https://www.prixjeuneentrepreneurbdc.ca/ .

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Mercredi 30 janvier 2013 | Mise en ligne à 10h41 | Commenter Aucun commentaire

Les personnes handicapées à la rescousse !

On apprenait la semaine dernière que Montréal accueillera en août prochain les Mondiaux paralympiques de natation. Bravo.

Mais les handicapés se dépassent également sur le marché du travail.

BMO avait dévoilé à l’automne dernier un sondage selon lequel 56 % des PME canadiennes n’avaient jamais engagé de personnes handicapées.

Parmi celles qui en avaient embauchés, 77 % soutenaient que ces employés avaient atteint ou dépassé leurs attentes.

En même temps, les PME indiquent qu’un de leurs principaux défis en 2013 consistera à trouver de nouveaux employés compétents et dévoués pour soutenir leur croissance.

Or, les personnes handicapées en mesure de travailler sont deux fois plus susceptibles d’être au chômage que l’ensemble de la population apte au travail.

Il y a peut-être un petit croisement à faire entre ces constats.

« Les personnes handicapées sont une réserve de talent largement négligée et peuvent constituer une ressource extraordinaire pour les entreprises qui croient fermement en l’innovation et la croissance », avait déclaré Steve Murphy, premier vice-président, Services bancaires aux entreprises, BMO Banque de Montréal, dans le communiqué de l’institution financière.

Bref, bassin olympique et bassin de main-d’œuvre, même défi.

Et hop, un petit appel aux PME québécoises : avez-vous déjà engagé des employés handicapés ? Satisfaits ? Un témoignage à partager ?

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Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 8h19 | Commenter Un commentaire

Enjeu : bâtir un réseau de poids au Québec

L’innovation : le réseau de centres de santé Mexa combine la supervision médicale et l’exercice.

Le problème : Mexa lie le secteur de la santé et le commerce.

Point sensible.

Le Dr André de Villers dans sa succursale Mexa de Montréal. Photo Martin Chamberland, La Presse

Le Dr André de Villers dans sa succursale Mexa de Montréal. Photo Martin Chamberland, La Presse

Le Dr André de Villers nourrit deux objectifs : faire maigrir ses clients en surpoids et faire grossir son réseau de centres de médecine préventive Mexa.

Ses projets sont aussi vastes que ses idéaux. Il rêve d’étendre sa chaîne (de trois maillons, pour l’instant) partout au Québec, et un jour, pourquoi pas, jusqu’en Europe. Sa motivation : « Comment est-ce que je pourrais arriver à changer la mentalité des gens et à les responsabiliser sur leur état de santé, et diminuer ainsi les coûts de santé en général et améliorer la qualité de vie de mes patients ? »

Comme sa raison sociale l’indique, le réseau Mexa combine Médecine, EXercice et Alimentation.

André de Villers s’inquiétait depuis quelques années de la hausse de l’obésité chez les Québécois, de son impact sur le diabète, la haute pression et le taux de cholestérol, contrôlés ensuite à coups de pilules et contre-pilules. « Je me suis dit que ce n’était certainement pas la solution. »

Grâce à la combinaison d’un suivi médical, d’un programme d’exercices dirigé par des kinésiologues et d’une alimentation supervisée par des nutritionnistes, il veut favoriser l’atteinte d’un poids santé et d’une santé… santé. Les clients sont réunis dans un groupe d’une dizaine de personnes qui suivront ensemble un programme de huit mois. « L’effet de groupe est très important », insiste le médecin.

Mettant à profit les avancées en nutrigénomique, Mexa propose même un test génétique qui aidera ses nutritionnistes à élaborer la diète la plus appropriée et la plus bénéfique.

Gènes, disons-nous ? La famille de Villers semble s’être transmis celui de la créativité entrepreneuriale (appelons-le le gène GDID). « Mon père était comme ça, mes sœurs sont comme ça », déclare le médecin. Son père, ingénieur, avait bâti une usine de contreplaqué. Sa sœur Madeleine a assis la chaîne de magasins de meubles Zone. Une autre sœur, Marie-Éva, auteure du Multidictionnaire de la langue française, est une référence en lexicologie.

André de Villers a lui-même fondé la biotech Theratechnologies en 1993 et participé à la fondation d’Alizé Pharma à Lyon, en 2007. « Je me suis toujours intéressé à ce qui était innovant en médecine, comment on pouvait être plus efficace, obtenir plus d’informations sur le patient pour mieux le soigner », explique l’homme de 63 ans.

La première succursale Mexa, ouverte à Longueuil en septembre 2011, visait à prouver l’efficacité de la démarche. La deuxième, inauguré dans un centre sportif de Vaudreuil-Dorion en juin 2012, a fait la démonstration de sa viabilité commerciale. La troisième, dans le quartier de la santé de Montréal, près du CHUM, vient tout juste d’ouvrir. Elle est la première à intégrer dans un même lieu cabinets d’examen médicaux, salles d’exercices en groupe, vestiaires, salles de conférences.

Combien coûte un abonnement à Mexa ? « La composante qui coûte le plus cher est la composante exercice, qui coûte environ 1000 $ pour huit mois, incluant l’évaluation en kinésiologie », décrit-il.

Si on y ajoute le test génétique et les conseils en nutrition, le coût s’élève à 1900 $ pour huit mois. L’examen médical, assimilé à un examen annuel, sera habituellement couvert par la RAMQ.

Attention aux effets secondaires

André de Villers espère ouvrir cinq nouvelles cliniques en 2014. « Ce que j’essaie de faire, exprime-t-il, c’est de l’étendre le plus vite possible à l’ensemble de la province. »

Ce n’est pas gagné. Son concept amalgame des activités sportives à des consultations médicales.

Or, on le sait, la question de la médecine payante au Québec est aussi sensible qu’une triple fracture du fémur. « Le grand public paie déjà des impôts et l’assurance-maladie, reconnaît le Dr de Villers. Payer une deuxième fois pour des services connexes, ce n’est pas évident. »

Il tente en fait de réaliser un PPPPP : promotion de la prévention en partenariat public-privé. « Le plus gros enjeu, dit-il, c’est d’essayer de changer les mentalités. » Dans la population d’abord. Chez ses confrères ensuite. Dans le système de santé, enfin. « Ce n’est pas évident. J’ai rencontré beaucoup de gens dans le secteur public mais je n’ai pas eu beaucoup d’écoute. »

Pour compliquer les choses, le marché des centres de conditionnement physique s’apparente au sport extrême. Les chaînes Swann et Curves ont perdu des dizaines de succursales au tournant des années 2010. Il s’ouvre presque autant de studios de santé qu’il s’en ferme : leur nombre oscille autour de 500 depuis plusieurs années.

« C’est sûr qu’il y a des risque et que la bataille n’est pas gagnée mais je suis optimiste de nature, affirme André de Villers. À toutes les fois que j’ai lancé des entreprises, il y avait toujours des problèmes comme ceux-là et j’ai toujours réussi à passer au travers. »

L’optimisme est un facteur de santé, dit-on.

***

L’opinion d’un expert

POUR UN RÉSEAU DE POIDS, NE PAS VISER LA MASSE !

Une bonne idée ? Sur la bonne piste ? Avec un bon potentiel de croissance ? « La proposition de valeur a du sens et elle est costaude », affirme Réjean Dancause, consultant en marketing stratégique avec 35 ans d’expérience et président du Groupe Dancause.

« Je me sens dans la clientèle cible ! »

Déjà une excellente entrée en matière.

« J’ai eu des petits problèmes de santé, je fais du diabète et je me suis demandé : y a-t-il quelqu’un à quelque part qui s’est penché sur la santé, l’alimentation, l’exercice et qui serait capable de faire un ensemble avec tout ça pour le rendre intéressant ? Mexa ressemble à ce que je pensais. »

Un autre bon point pour Mexa.

« Ce marché est porteur et il est au début de son cycle, ajoute-t-il. Ce qui existe dans ce marché actuellement – les petites solutions faciles ou les petits produits pas trop compliqués parce qu’ils ne veulent pas que ce soit cher – ne constitue pas des concurrents pour eux. Mexa se positionne plus haut dans la gamme. Les prix que Mexa demande vont éloigner tout ceux qui courent les prix dans les petits studios qui offrent des recettes miracles. »

Le marché des studios de santé et d’exercices est instable et incertain ? « Il y a toujours de la place dans le marché pour quelqu’un qui est capable de faire mieux que les autres », réplique M. Dancause.

Il ne voit pas comme un obstacle le fait d’avoir un pied dans le champ commercial du conditionnement physique et d’avancer l’autre sur le terrain de la santé publique. « Je crois que c’est porteur de jouer sur le secteur médical », dit-il.

Les insatisfactions à l’égard de divers aspects du secteur de la santé publique sensibilisent une certaine clientèle à l’idée de payer un peu plus de leur personne – physiquement et financièrement.

« Cette zone un peu grise est porteuse, croit Réjean Daucause. Ce n’est pas mauvais et ça permet de faire évoluer le système. »

Le Dr de Villers souhaite étendre son réseau partout au Québec. Comment en faire la promotion ?

« Par dessus tout, il est important de ne pas vouloir rendre le produit accessible à tout le monde, avise Réjean Dancause. Il faut qu’il reste concentré sur la clientèle cible qu’il a choisie, c’est-à-dire une clientèle qui est prête à payer ce prix-là, qui est prête à faire l’effort de prendre livraison du produit offert. Ce sont des gens qui vont faire une démarche étalée sur plusieurs années et qui décident de prendre leur vie en main. C’est sa clientèle cible et il ne doit pas y déroger. »

La promotion de la chaîne doit reprendre ce vocabulaire, de telle manière que sa clientèle s’y reconnaisse, soutient-il. « Autrement dit, il ne faut pas que sa publicité s’adresse à des gens qui veulent des services à rabais, mais plutôt à des gens qui recherchent une démarche constructive. »

En d’autres mots, Mexa pourrait s’étendre partout mais ne pourra toucher tout le monde.

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