Qui sait, l’un de ces projets d’étudiants sera peut-être à l’origine d’une nouvelle PME. Qui peut prédire d’où viendra l’étincelle, qui donnera l’impulsion ?
Le 5 décembre dernier, à midi, 200 personnes se sont ruées dans une salle de HEC-Montréal pour mettre la main sur quelques-uns des articles parmi les plus exclusifs à Montréal. Une demi-heure plus tard, la plupart étaient écoulés.
C’est devenu un rendez-vous. Chaque année depuis 20 ans, les étudiants de deuxième année en design industriel à l’Université de Montréal participent à un atelier à haute teneur en adrénaline.
Répartis en équipes de trois ou quatre personnes, ils doivent concevoir, fabriquer et vendre un petit article nouveau et utile. Ils assembleront eux-mêmes 12 exemplaires de leur produit dans les ateliers de l’école. Ils conçoivent son emballage, élaborent son graphisme, montent un étal de présentation.
Tout ça en cinq semaines, à raison de deux jours par semaine, et sans (trop) négliger leurs autres cours. Quatre professionnels en design industriel les accompagnent : Jean-François Jacques, chargé du cours, Annie Legroulx, Claude Mauffette et André Keilani. Nouveauté cette année : une vingtaine de jeunes du Centre de formation en entreprise et récupération (CFER) de Victoriaville, sont venus passer une journée avec les étudiants en design pour échanger idées et connaissances.
La création d’une PME n’est certainement pas l’objectif, même lointain, de cet atelier de conception express, mais dans le passé, au moins un projet a donné lieu à la fondation d’une nouvelle entreprise.
Voici cinq des 19 projets de la cuvée 2012. Vous pouvez commenter, bien sûr. Y a-t-il du potentiel ?
En cinq semaines, quand même…
Un babillard qui fait parler de lui

Un babillard sans liège, un tableau d’affichage sans punaise. Pour accrocher photos, cartes, notes, Olivier Gagnon, Justine Dumas-Dupont et Charles Arsenault ont conçu cet ingénieux dispositif, inspiré des pinces à commandes dans les restaurants. Déposées sur un long plan incliné transversal, 27 billes viennent s’appuyer côte à côte contre une plaque dorsale. Il suffit de glisser la pièce de papier dans la fente inférieure pour qu’elle demeure en place, simplement retenue par le poids des billes qu’elle déplace.
Un haut-parleur qui attire le regard

Une réminiscence des cornets de phonographes. Ce haut-parleur passif pour iPhone est un intrigant objet qui oppose son fonctionnement purement acoustique à la mystérieuse complexité interne du cellulaire. Le iPhone est inséré la tête en bas dans le support en frêne, où son minuscule écouteur apparaît au fond d’une ouverture creusée comme une conque. Le son est amplifié par le pavillon en plastique transparent qui y est fixé. On peut ainsi à la fois écouter son iPhone et voir l’image sur son écran. Un appareil branché sans l’être, par Chloé Johnson, Véronique Breton Vendette et Muriel El Helou
Un solide confort

Planté sur quatre pattes en contreplaqué russe, le coussin de ce tabouret semble tellement moelleux, rebondi, accueillant… C’est lorsqu’on le tâte d’une main confiante qu’on s’aperçoit qu’il est dur comme du béton. Pour une bonne raison : il est en béton.
Moulé dans un sac de plastique, chaque coussin est légèrement différent de ses, euh, cousins de la fesse gauche, ce qui ajoute à l’illusion. Un projet rigolo de Samuel Barker, Alexis Rondeau et Clarence Gauthier-Bertrand
La planche à découper découpée

Une fois les légumes découpés, il faut saisir la planche, verser les morceaux dans un plat sans rien renverser, la reposer… Deux ou trois étapes de trop, ont pensé Chantal Morin, Francis Pion et Olivier Fréchette-Lemire, qui ont planché sur un concept alternatif. Ils ont conçu une planche en merisier, suffisamment épaisse pour qu’on puisse glisser une assiette sous un de ses coins échancré en arc de cercle. Un simple glissement de la lame du couteau fait passer les légumes de la planche au plat.
Une ardoise sur laquelle on peut compter

Laisser un mot au conjoint ? Prendre une note au téléphone ? Esquisser un croquis explicatif ?
La bonne vieille ardoise faisait très bien le travail. La revoici modernisée, avec une surface en aluminium, un endos en feutre pour protéger le meuble où on la déposera, et un stylo-feutre effaçable. Elle est munie d’un étui et d’un petit tampon pour remettre l’ardoise à zéro. Un projet marquant de Nadine Cyuzuzo, Cindy Mirande, Jenna Dugain et Roger Sioufi.

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