Café PME

Archive, novembre 2012

Vous avez déjà peu de temps pour consulter les blogues des autres : devriez-vous créer et maintenir un blogue pour votre entreprise ?

C’est la réflexion que propose l’organisme du gouvernement fédéral Réseau entreprises Canada… sur son propre blogue.

Les arguments de cette nouvelle parution (26 novembre) sont intéressants. Grâce à votre blogue d’entreprise, vous pourriez tisser des liens plus étroits avec vos clients. Vous affermiriez ainsi votre réputation d’expert dans votre domaine. Votre entreprise obtiendrait en outre de meilleurs résultats dans les moteurs de recherche.

Pour un blogue d’entreprise efficace, Réseau entreprises Canada énumère une série de conseils regroupés dans trois chapitres. Il vous faudra donner un sens à votre blogue, et vous y tenir. Vous devrez le mettre à jour régulièrement. Et vous aurez soin de  répondre aux questions de vos clients.

Un blogue d’entreprise offre un autre bénéfice : il vous permet également de faire valoir votre point de vue sur la place publique… surtout si la question est controversée. À cet égard, l’un des meilleurs exemples est le blogue de Michael Binnion, président de Questerre, qui défend, souvent avec humour et pétulance, l’exploitation des gaz de schiste au Québec.

Cette stratégie peut toutefois être une arme à double tranchant, si elle dérape vers l’agressivité ou la maladresse.

C’est alors l’explosion.

Pour en savoir plus les blogues d’entreprises, vous pouvez visiter ici le site d’Entreprises Canada.

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Mardi 27 novembre 2012 | Mise en ligne à 11h12 | Commenter Aucun commentaire

Quand les calèches renaissent de leurs cendres

L’enjeu

Un incendie a frappé Voitures Robert, petit fabricant de carrioles, calèches et traineaux. Mais quand on fabrique des voitures issues du XIXe siècle, on sait voir loin dans le temps.

Denis Robert dessine lui-même toutes ses voitures. Photo Martin Chamberland, La Presse.

Denis Robert dessine lui-même toutes ses voitures. Photo Martin Chamberland, La Presse.

L’HISTOIRE

Dans la cour de Voitures Robert, une carriole calcinée. Plus loin, une sphère de métal rouillé en forme de citrouille, qui aurait dû former le carrosse d’une Cendrillon d’un jour. Des machines-outils exposées aux intempéries.

Un mois et demi plus tôt, le fabricant de calèches, traîneaux et autres voitures hippomobiles a été victime du fléau qui s’est abattu sur tant de ses prédécesseurs du XIXe siècle : le feu.

Le 28 septembre, la moitié de l’usine de Saint-Pie-de-Bagot a été rasée par un incendie.

Les dommages ont atteint 2 millions de dollars.

Mais avec la calme obstination d’un percheron, son président Denis Robert s’est attelé à la reconstruction de l’entreprise.

Le cheval de tête

Difficile à croire, mais cette petite entreprise québécoise de 25 employés exporte 65 % de ses voitures d’un autre âge aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Au début des années 2000, Voitures Robert produisait près de 2500 voitures par année. La force du dollar canadien et la récession ont toutefois fait mal au transport hippomobile. « On fabrique encore de 1200 à 1500 voitures par année, constate Denis Robert, ce qui nous maintient leader. »

Au Canada ? « Dans le monde. »

Son catalogue compte une quarantaine de modèles de voitures et une dizaine de traîneaux. Résurgence d’une époque révolue, on y trouve chariots, cabriolets, victorias, vis-à-vis, limousines, corbillards et autres phaétons.

La plupart comportent des pièces esthétiques en bois, mais le châssis est fabriqué en acier, plus léger et plus robuste. En comparaison du XIXe siècle, la part du métal est passée de 10 % à 70 %. La technologie a pris une place discrète : les anciens freins à sabots de bois ont été remplacés par des freins à disques.

Quand on a le feu sacré

Peut-être causé par une étincelle de meulage, l’incendie du 28 septembre a détruit l’essentiel de l’espace dévolu au travail de l’acier, soit 20 000 pi2 sur un total de 45 000 pi2. Machinerie et outils sont irrécupérables, mais c’est la perte des gabarits de fabrication qui est la plus douloureuse. Faits sur mesure, il faudra les reconstruire un à un, à partir des dessins d’origine.

L’indemnisation suit son cours mais le dossier n’est pas encore complété. Pour l’instant, Denis Robert préfère réaménager ce qui reste de l’usine plutôt que reconstruire la section détruite.

Il organisera deux quarts de travail, ce qui lui permettra de maintenir la même cadence sur une surface deux fois moindre. « On aime mieux investir de l’argent sur des machines plus haut de gamme qu’actuellement », dit-il.

Denis Robert veut en profiter pour lancer de nouveaux modèles, mieux adaptés aux tendances qui naissent sur le marché européen – une roulotte d’inspiration gitane, par exemple.

« L’incendie a été une mauvaise journée, confie-t-il d’un air résolu, mais je pense qu’il faut se relever plus fort et montrer à nos clients qu’on est là pour rester. »

Vous pouvez lire le texte complet sur http://affaires.lapresse.ca, dans le dossier Portfolio Entrepreneurs.

L’opinion d’un spécialiste

UN MALHEUR N’ARRIVE JAMAIS SEUL: VOICI VENIR LE FISC

Un sinistre en entreprise fait déjà mal, mais comme si ça ne suffisait pas, il faut encore compter avec les impacts fiscaux.

Daniel Dalpé, associé en fiscalité chez Raymond Chabot Grant Thornton, donne ici un petit exemple des choix qui se poseront.

Peut-être Denis Robert envisagera-t-il de remplacer certaines pièces d’équipement détruites par de la machinerie d’occasion. Daniel Dalpé rappelle que l’achat d’équipement de fabrication donne droit au Québec à un crédit d’impôt de 10 %, « en autant qu’il soit neuf, et qu’il soit utilisé au Québec pendant 730 jours. »

Si l’entreprise achète des machines-outils neuves pour 200 000 $, elle aura droit à un crédit d’impôt de 20 000 $ au Québec.

Mais la perte d’équipements et d’une partie de l’immeuble entraîne également des conséquences fiscales directes.

Car un incendie constitue aux yeux du fisc une disposition involontaire des biens de l’entreprise.

Par exemple, la partie de l’usine qui a été détruite sera sans doute remboursée par l’assureur à sa valeur du jour. Si cette portion de l’usine a coûté 500 000 $ lors de sa construction et qu’elle en vaut aujourd’hui 750 000 $, l’indemnité procure un gain en capital de 250 000 $, dont la moitié est imposable.

Des articles de la loi de l’impôt s’applique à cette situation, notamment pour permettre le report de l’imposition, indique Daniel Dalpé. « La loi dit que l’entreprise ne s’imposera pas tant qu’elle ne se sera pas entendue avec l’assureur, ou qu’en cas de litige un jugement définitif ne sera pas rendu, ou que deux ans ne seront pas écoulés sans entente. Ce n’est qu’alors que l’indemnité est soumise à l’impôt. »

Il faut compter également avec la règle des biens remplacement.

Lorsqu’une entreprise se défait d’un bien et le remplace par un nouveau, une règle fiscale permet généralement de ne pas s’imposer sur le profit réalisé lors de la disposition du bien initial, en lui opposant la dépense que constitue l’achat du bien de remplacement.

«  Cette règle ne s’applique pas toujours aux immeubles, mais les conditions sont plus généreuses lors d’un incendie, parce qu’il s’agit d’une disposition involontaire », précise Daniel Dalpé.

Le moment de l’acquisition des nouveaux biens va être important, souligne le fiscaliste. Supposons ici que l’entreprise achète son nouvel équipement dans la même année fiscale que l’encaissement de son indemnité. Dans une même catégorie d’amortissement, le gain réalisé lors de la disposition (forcée !) de l’équipement initial est compensé par la dépense que constitue l’achat du bien de remplacement.

Si le nouveau bien est acquis dans les deux années suivant l’année de la disposition, les règles permettent de réduire rétroactivement l’impact fiscal.

Reste encore à savoir si l’entreprise doit faire ou non ce choix de reporter ainsi cet impôt. « Seule la moitié d’un gain en capital est soumise à l’impôt, alors qu’un paiement de dividendes à un individu est fortement imposable, rappelle Daniel Dalpé. En acceptant de payer l’impôt sur le gain en capital dès le versement de l’indemnité, on ouvre la porte ensuite au paiement d’un dividende libre d’impôt aux actionnaires, ce qui peut être très avantageux ».

L’entreprise souhaitera peut-être payer immédiatement l’impôt sur le gain en capital réalisé avec la partie détruite de l’usine, pour pouvoir verser ensuite des sommes libres d’impôt aux actionnaires.

Il se résume : « Si le produit de l’assurance donne lieu à un impôt, il est possible de faire des choix fiscaux en fin d’année pour éviter cette récupération d’amortissement et repousser l’impôt le plus loin possible. »

Résumons encore plus : quand vous perdez des biens lors d’un sinistre, consultez un conseiller fiscal.

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Mardi 20 novembre 2012 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (2)

L’invincible armada de Princecraft

L’enjeu

Pour mieux faire face à la concurrence, le fabricant d’embarcations Princecraft veut mettre le cap, à plein gaz, sur le développement de produits.

Beaucoup, beaucoup de produits.

Donald Dubois, président de Princecraft, à  la barre du ponton Vogue 25 XT. Photo fournie par Princecraft.

Donald Dubois, président de Princecraft, à la barre du ponton Vogue 25 XT. Photo fournie par Princecraft.

L’INVINCIBLE ARMADA DE PRINCECRAFT

Une véritable armada.

La flotte de Princecraft comptera près de 20 nouvelles embarcations en 2013, sur la soixantaine de modèles qui constituaient le catalogue 2012.

Des dizaines d’autres sont remaniés. Du jamais vu chez le manufacturier de Princeville, dans le Centre-du-Québec.

« Pour l’année modèle 2013, nous avons introduit une quantité sans précédent de nouveaux produits, tant dans nos pontons que dans nos bateaux de pêche, décrit le président de l’entreprise, Donald Dubois. Nous sommes aussi à recruter un chef de produit pour afin de mettre encore davantage d’accent sur le développement de produits. »

« On pense que c’est notre cheval de bataille. »

La touche québécoise

Toutes les embarcations de Princecraft sont fabriquées dans ses trois usines situées à Princeville, une petite municipalité de 5700 habitants. L’entreprise y emploie 225 employés. Les trois gammes de Princecraft – bateaux de pêche, pontons et bateaux pontés – sont fabriquées en aluminium, le matériau privilégié de l’entreprise depuis sa fondation, en 1954.

Quoiqu’il se prête plus difficilement aux formes complexes, ce métal présente l’avantage d’être 30 % plus léger que la fibre de verre, explique le président.

Les prix s’étalent de 2000 $ à plus de 85 000 $, vaste fourchette qui traduit l’étendue de la gamme.

C’est la qualité de fabrication et de finition qui fait la réputation de Princecraft, constate Donald Dubois. Mais la touche québécoise y fait pour beaucoup. Il mentionne les couleurs, le graphisme, la poupe d’un bateau de pêche Princecraft, qui le distingue immédiatement d’un concurrent. « Notre designer industriel est québécois et ça paraît. »

Maintenir la vitesse

Princecraft veut concevoir et mettre de nouveaux modèles sur le marché plus rapidement.  L’entreprise prévoit mener un sondage, organiser des groupes de rencontre de consommateurs, instituer une veille de concurrence systématique.

L’équipe de recherche et développement entreprendra une démarche kaizen pour améliorer sa méthode de travail.

Car l’architecte naval et le designer de Princecraft conçoivent toutes les embarcations de l’entreprise, même si une dizaine d’autres personnes interviennent à divers degrés. Ce petit équipage devra réussir à tenir une vitesse de croisière décoiffante.

Princecraft est un des rares manufacturiers à construire à la fois des bateaux et des pontons – une exigence supplémentaire de polyvalence pour ses concepteurs.

« Il ne faut pas trop manquer le bateau », lance le président en une métaphore nautique de circonstance. « Quand tu sors 15 ou 20 nouveaux produits chaque année dans une gamme de 60 produits, s’il y en a deux ou trois qui ne fonctionnent pas, c’est un coup d’épée dans l’eau dispendieux », ajoute-t-il avec une autre allusion aquatique.

Pourquoi ne pas faire appel à des consultants, en design industriel par exemple, question de donner un coup de main à son équipe ?

L’entreprise l’a déjà fait dans le passé. « La difficulté, c’est que les conditions pour une embarcation sont très rigoureuses », soulève le président.

« On se tourne davantage vers nos fournisseurs qui connaissent déjà le secteur de la marine et on  leur demande de nous proposer de nouveaux concepts », précise-t-il.

Il donne l’exemple d’une pièce de bois donnée à fabriquer à un nouveau fournisseur. Celui-ci a demandé s’il était essentiel qu’elle soit arrondie et rainurée. Non. « Il a réduit le prix de 50 %, juste parce qu’il a posé les bonnes questions. »

La créativité devra arriver à bon port.

Vous pouvez lire le texte complet sur http://affaires.lapresse.ca, dans le dossier Portfolio Entrepreneurs.

L’opinion d’un spécialiste

DESIGNER CONSULTANT : DE L’EAU AU MOULIN DE L’ÉQUIPE INTERNE

S’il faut réduire la charge de travail des concepteurs de Princecraft, c’est vers des designers industriels qu’on devra se tourner.

Notre spécialiste invité, en l’occurrence, n’a pas une opinion totalement impartiale : Mario Gagnon est président de l’Association des designers industriels du Québec (ADIQ).

Il reconnaît d’emblée la valeur des efforts de l’entreprise. « C’est impressionnant, toute la charge de travail qu’il y a là-dedans, observe-t-il. C’est rare qu’on parle d’une entreprise québécoise qui a une vision aussi large, avec une telle cadence de nouveaux produits. »

Il espère que la réticence du président à faire appel à des consultants n’est pas le résultat d’une expérience insatisfaisante.

«  Règle générale, la crainte qu’on observe et qui est exprimée vient de l’équipe à l’interne, indique-t-il.  C’est sûr que les designers de l’entreprise sont toujours un peu mal à l’aise là-dedans. Mais il n’est pas question de leur enlever leur travail, il s’agit seulement d’amener quelque chose de nouveau. »

Plusieurs années de travail dans le même domaine et pour la même entreprise procurent aux employés une grande expertise, mais également un certain confinement. « L’apport d’un designer externe casse la coquille », formule Mario Gagnon.

Il reconnaît que la personnalité et l’approche du consultant y font pour beaucoup dans l’accueil qu’il recevra. « S’il arrive comme Dieu le Père, c’est sûr qu’il est mal accueilli », remarque-t-il.

« Par contre, lorsque les consultants sont des gens ouverts, que l’apport et le besoin sont clairs, c’est nettement à l’avantage de l’entreprise. »

Pour lui, la spécialisation nautique des produits Princecraft n’est pas un obstacle à une intervention utile de la part de consultants. Les designers ne se mêleront pas de dessiner le profil des coques. Dans la phase de recherche d’idées, une trop grande préoccupation pour les contraintes techniques met d’ailleurs un frein à la créativité.

« L’apport du design est beaucoup plus globalisant, exprime Mario Gagnon. Nous avons fait de l’idéation à plusieurs reprises pour un fabricant de kayaks. Je ne connais pas la performance des coques de kayak dans l’eau. Par contre, une fois qu’on a ébauché des avenues de solutions, on travaille avec leurs spécialistes et on sculpte le produit dans la direction choisie, en fonction de la performance technique. »

Une étroite collaboration avec les fournisseurs est essentielle. Toutefois, ceux-ci n’ont pas de vision d’ensemble du produit et leurs recommandations, aussi utiles soient-elles, seront rarement la source d’une innovation marquante aux yeux des consommateurs.

Votre opinion

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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