Le blogue immobilier

Archive de la catégorie ‘Général’

Vendredi 6 mai 2016 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (5)

Frénésie à l’ombre du pont Jacques-Cartier

La frénésie immobilière qui fait rage autour du Centre Bell aura-t-elle une contrepartie dans l’est du centre-ville?

À en juger par les nombreux projets qui mijotent autour du pont Jacques-Cartier, on pourrait croire que oui.

La Presse vous annonçait ce matin les détails d’un mégaprojet de 500 millions de dollars sur un vaste terrain contaminé, à l’angle des rues Sainte-Catherine et De Lorimier.

Cet ambitieux complexe propose deux tours de 40 et 28 étages, un hôtel, des bureaux, des maisons de ville, une salle polyvalente de 3000 places, une énorme terrasse, des commerces, des restaurants et une rue recouverte par une paroi de verre.

Impossible de dire à ce stade-ci si le projet des Quais De Lorimier ira bel et bien de l’avant, puisque de nombreux détails techniques et financiers restent à attacher, mais les promoteurs se disent fort sérieux.

***

Quoiqu’il en soit, c’est est loin d’être le seul projet en gestation ces jours-ci dans la portion est du centre-ville.

La revitalisation de la Gare Viger, un chantier de 250 millions, est déjà bien entamée.

L’ancienne gare a été entièrement convertie en bureaux et est aujourd’hui occupée à presque 100% par des locataires de premier plan, dont LightSpeed et Lolë.

Le promoteur souhaite ériger des immeubles résidentiels et commerciaux à l’arrière de l’ancienne gare –jusqu’à 1 million de pieds carrés au terme des trois phases du projet.

À quelques coins de rue, Radio-Canada a reçu une douzaine d’offres d’achat pour sa grande tour brune et ses immenses terrains de stationnement.

Le site de Radio-Canada, qui bénéficie déjà d’un accord de développement conclu en 2009 avec la Ville de Montréal, pourrait accueillir jusqu’à 9,5 millions de pieds carrés de résidences, bureaux et commerces. (Une décision sera prise en ce sens l’automne prochain.)

Toujours à l’ombre du pont Jacques-Cartier, la brasserie Molson envisage de déménager son usine vieille de 230 ans dans des locaux plus modernes.

Ce projet semble moins avancé, mais il pourrait éventuellement entraîner la transformation de l’ancienne usine en un combo résidences-bureaux-commerces-musée.

***

Le marché de Montréal a-t-il la capacité d’absorber autant de projets, alors que le marché immobilier (résidentiel et commercial) montre déjà des signes de saturation?

Disons simplement que les haussements de sourcils sont nombreux dans l’industrie.

Quoiqu’il en soit, le marché de la location de bureaux apparaît plus beaucoup serré dans l’est du centre-ville que dans le quartier des affaires, ce qui pourrait favoriser le lancement de certains projets.

Selon des données de la firme CBRE, le taux d’inoccupation est de 5,2% dans l’est du centre-ville (jusqu’à Amherst), contre 10,8% au coeur du centre-ville. Du simple au double.

Bref, beaucoup de dossiers à surveiller dans un secteur de Montréal négligé depuis longtemps.

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Le tracé proposé par la Caisse de dépôt pour le nouveau train électrique.

Le tracé proposé par la Caisse de dépôt pour le nouveau train électrique.

La Caisse de dépôt et placement du Québec a créé un véritable électrochoc –sans mauvais jeu de mots– en annonçant son imposant projet de train électrique, vendredi dernier.

S’il est construit comme prévu, le réseau comptera 24 stations réparties sur 67 kilomètres, de la Rive-Sud à la banlieue nord de Montréal, en passant par Laval, l’aéroport et l’Ouest de l’île.

Outre les 5,5 milliards de dollars qui seront investis pour la construction du train, la Caisse s’attend à ce que 5 milliards en projets privés voient le jour le long du trajet.

Quels secteurs connaîtront le plus gros boom immobilier?

D’ores et déjà, le promoteur Devimco a déjà annoncé son intention de construire un nouveau quartier de 1 milliard à Brossard, en face du DIX30.

Devimco comptait aller de l’avant avec ou sans lien ferroviaire. Mais force est de constater que le train de la Caisse donnera un coup d’accélérateur majeur à son projet, appelé TOD Brossard.

Vision d'artiste du projet TOD Brossard, de Devimco.

Vision d'artiste du projet TOD Brossard, de Devimco.

Le Technoparc Saint-Laurent, déjà en plein essor, risque aussi de bénéficier largement de ce nouveau lien direct avec le centre-ville et les banlieues.

Plusieurs autres microquartiers pourraient voir le jour –ou connaître une croissance accélérée– le long de la future ligne de train.

***

Malgré l’enthousiasme généralisé qu’a suscité le projet de la Caisse –et les importantes perspectives d’enrichissement tant pour les villes que pour les promoteurs immobiliers–, plusieurs points d’interrogation demeurent.

L’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal, par exemple, se demande si le nouveau train «accélérera le développement des quartiers excentrés et la disparition des espaces verts et des terres agricoles, particulièrement à Sainte-Anne-de-Bellevue et au sud de l’autoroute 30».

Cette possibilité inquiète d’autant plus Projet Montréal que les quatre stations centrales du futur train –Du Havre, Bridge-Wellington, McGill et Edouard-Montpetit– sont pour l’instant considérées comme «potentielles».

Par ailleurs, l’échéancier de 2020 apparaît hautement optimiste. Surtout lorsqu’on se rappelle qu’un projet plus simple de bus rapide sur Pie-IX, annoncé en 2009, ne sera finalement pas prêt avant 2022.

Quoi qu’il en soit, la Caisse est un investisseur sérieux, de calibre mondial.

L’institution a tout intérêt à réaliser son projet dans les temps et les budgets prévus si elle veut asseoir encore davantage sa crédibilité dans le secteur des infrastructures.

Autre point rassurant: les différents niveaux de gouvernement appuient fermement le nouveau train. Et à en croire ce qui a été dit jusqu’à maintenant par les politiciens, la question du financement ne devrait pas poser de problème.

Un dossier qui sera fascinant à suivre au cours des prochains mois, tant au plan politique que du développement immobilier.

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Mercredi 20 avril 2016 | Mise en ligne à 10h41 | Commenter Commentaires (86)

Catania: projet de 4000 unités sous la supervision de PwC

S'il va de l'avant comme prévu, le projet Villanova devrait ajouter 4000 habitations dans le secteur de Lachine-Est.

S'il va de l'avant comme prévu, le projet Villanova devrait ajouter 4000 habitations dans le secteur de Lachine-Est.

Selon ses promoteurs, il s’agira du plus important projet immobilier de l’île de Montréal.

Avec ses 4000 unités d’habitations prévues d’ici 10 ans, le complexe VillaNova, à Lachine-Est, devrait couvrir l’équivalent de 40 terrains de football.

Un projet ambitieux, certes, mais aussi hautement inhabituel.

Tout d’abord, le chantier est mis de l’avant par une société affiliée au groupe Catania, qui est en restructuration judiciaire depuis 2014.

Catania doit des millions de dollars à plusieurs créanciers. La Ville de Montréal lui réclame notamment près de 24 millions pour 23 affaires de collusion qui se seraient produites entre 2000 et 2009.

PricewaterhouseCoopers (PwC), le liquidateur des entreprises de Catania mandaté par la Cour, gérera tous les aspects comptables et financiers du projet VillaNova.

Après avoir analysé divers scénarios, PwC a déterminé que le lancement du projet de Lachine maximisait les chances que les créanciers puissent un jour revoir la couleur de leur argent. (Excellent résumé de The Gazette ici.)

Au fil du chantier, PwC devra retourner ponctuellement devant le tribunal pour demander des autorisations.

***

Malgré l’aura de controverse qui entoure Catania, le liquidateur estime que les chances de succès du projet sont bonnes.

La firme de relations publiques embauchée par PwC fait valoir les divers avantages du complexe résidentiel, dont son emplacement stratégique près de la future gare de train du Canal et de deux cours d’eau.

Le porte-parole Louis Aucoin rappelle aussi les qualités d’entrepreneur de Catania, qui a entre autres réalisé le projet du Faubourg Contrecoeur, dans l’est de Montréal.

« Outre les difficultés que connaissent les entreprises F. Catania devant les tribunaux, il n’en demeure pas moins que l’expertise de l’entreprise comme constructeur n’est pas remise en question, a-t-il avancé. C’est définitif. Ils ont des projets à leur actif, et des projets comme le Faubourg Contrecoeur, même s’il est litigieux, personne ne nie la qualité de ces projets. »

En somme, il reviendra aux acheteurs de décider ce qu’ils pensent de VillaNova, qui offrira une gamme d’habitations allant de la maison de ville au « condo-plex ».

La mise en vente des unités devrait débuter le mois prochain, à peu près en même temps que la construction d’un premier immeuble de 51 appartements.

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