Le blogue immobilier

Archive de la catégorie ‘Général’

Mercredi 18 mai 2016 | Mise en ligne à 14h21 | Commenter Commentaires (31)

Radio-Canada quitte sa tour… mais pas son terrain

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Tout ça pour ça?

Après des mois d’attente et de controverse, Radio-Canada a confirmé mercredi après-midi qu’elle ne quitterait pas son site actuel du Centre-Sud, à Montréal.

Enfin, pas tout à fait.

Le diffuseur public a annoncé que la Maison Radio-Canada sera relocalisée dans un nouvel immeuble à l’angle de René-Lévesque et Papineau, aujourd’hui utilisé comme stationnement.

Deux consortiums ont été retenus pour concevoir le nouvel immeuble: l’un mené par Broccolini; l’autre, par Busac et Pomerleau.

Une décision finale sera prise l’automne prochain, promet la société d’État.

La grande tour brune sera quant à elle vendue dans le cadre d’un processus séparé, en même temps que le reste des immenses terrains de stationnement.

Quatre groupes sont toujours en lice pour mettre la main sur cet actif évalué à 104 millions de dollars par la Ville de Montréal.

Le gagnant sera aussi connu à l’automne.

***

Cette annonce vient mettre un terme à plusieurs mois de psychodrame sur l’avenir de Radio-Canada à Montréal –et, par extension, sur le sort du quartier Centre-Sud.

Lorsque La Presse a révélé la mise en vente de la Maison Radio-Canada en février dernier, les réactions furent nombreuses. Et brutales.

Le diffuseur étudiait alors divers scénarios en vue de relocaliser son siège social montréalais, soit sur le site actuel, soit ailleurs au centre-ville.

Sans surprise, ce possible départ du Centre-Sud a soulevé une levée de boucliers.

Rappelons-nous que l’arrivée de Radio-Canada dans le quartier avait entraîné la démolition de centaines de résidences du “Faubourg à M’lasse” dans les années 60.

Plusieurs anciens habitants du secteur en gardent un souvenir amer, 50 ans plus tard.

***

Même si de (très) nombreuses ficelles restent à attacher pour la suite du projet, les opposants au déménagement de Radio-Canada doivent aujourd’hui pousser un soupir de soulagement.

Cette décision confirme que 3000 travailleurs continueront chaque jour de fréquenter le quartier et ses commerces.

Autre bonne nouvelle: les immenses terrains de stationnement à ciel ouvert qui défigurent ce vaste quadrilatère pourraient aussi disparaître… si un projet voit bel et bien le jour.

Selon nos informations, au moins deux des quatre soumissionnaires retenus pour le redéveloppement du secteur ont les reins très solides et une historique de gros projets réussis.

Si une transaction est conclue, Radio-Canada pourrait rester jusqu’à six ans dans la tour brune en échange d’un loyer symbolique, pendant la construction de son futur siège social montréalais.

Un autre dossier à suivre de près.

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Lundi 16 mai 2016 | Mise en ligne à 12h34 | Commenter Commentaires (32)

Quel avenir pour le patrimoine montréalais?

L’avenir de l’hôpital Royal-Victoria, de l’Hôtel-Dieu et d’une pléiade d’autres immeubles patrimoniaux reste en suspens à Montréal.

Des projets verront-ils le jour dans ces dizaines de bâtiments bourrés d’histoire?

Ou les laissera-t-on plutôt se dégrader pendant des années jusqu’à leur inévitable démolition, comme ce fut le cas avec la Maison Redpath?

La question est loin d’être réglée, surtout en ce qui concerne les anciens hôpitaux. Montréal a toutefois posé un geste concret en faveur du patrimoine, lundi matin.

La Ville a annoncé son intention d’acquérir la propriété des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, à l’angle des avenues du Parc et des Pins, au pied du mont Royal.

Le vaste domaine de 36 605 mètres carrés comprend le couvent, un musée, trois chapelles, des jardins et autres bâtiments de service. La crypte, qui abrite les restes de Jeanne Mance, cofondatrice de la Ville de Montréal, demeurera quant à elle propriété de la congrégation.

« Cette acquisition permettra de protéger et de valoriser cet ensemble patrimonial pour le bénéfice des générations futures, d’y maintenir des fonctions compatibles avec son caractère institutionnel, et d’assurer l’accès public au site », indique la Ville dans un communiqué.

La Ville compte élaborer un plan directeur de mise en valeur pour le site, qui prévoit notamment des logements sociaux sur un terrain de stationnement. Des consultations publiques devraient avoir lieu l’automne prochain.

Les religieuses seront quant à elles relogées au pavillon Masson de l’Hôtel-Dieu, si le Vatican donne son feu vert à la transaction.

***

Cette annonce survient quelques jours après le lancement d’un nouvel organisme sans but lucratif, Entremise, créé par quatre jeunes Montréalais pour permettre un usage temporaire des immeubles vacants.

Seulement au centre-ville de Montréal, plus de 30 bâtiments sont aujourd’hui complètement vacants, dont plusieurs ont un intérêt patrimonial. Sans compter de nombreux autres édifices qui sont en bonne partie vides.

« On veut faciliter les usages temporaires et transitoires pour les immeubles vacants à Montréal, explique le cofondateur Jonathan Lapalme. Quand un immeuble est vacant, les risques de détérioration sont exponentiels. »

M. Lapalme donne l’exemple de la Fonderie Darling, dans la Cité du Multimédia.

Au milieu des années 90, alors que l’ancienne usine était à l’abandon, le regroupement Quartier Éphémère a convaincu le propriétaire de lui prêter gratuitement les lieux, en échange de son occupation et de son entretien.

Un montage financier subséquent a permis de lancer un projet concret dans la Fonderie Darling, aujourd’hui l’un des espaces d’exposition les plus courus à Montréal.

Malgré ce succès probant, très peu d’exemples ont suivi à Montréal depuis 15 ans, souligne Jonathan Lapalme. Ce qu’il espère changer avec la mise sur pied d’Entremise.

***

NOTE: Un bogue technique nous empêche de publier des images dans ce blogue depuis quelques temps.

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Vendredi 6 mai 2016 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Commentaires (200)

Frénésie à l’ombre du pont Jacques-Cartier

La frénésie immobilière qui fait rage autour du Centre Bell aura-t-elle une contrepartie dans l’est du centre-ville?

À en juger par les nombreux projets qui mijotent autour du pont Jacques-Cartier, on pourrait croire que oui.

La Presse vous annonçait ce matin les détails d’un mégaprojet de 500 millions de dollars sur un vaste terrain contaminé, à l’angle des rues Sainte-Catherine et De Lorimier.

Cet ambitieux complexe propose deux tours de 40 et 28 étages, un hôtel, des bureaux, des maisons de ville, une salle polyvalente de 3000 places, une énorme terrasse, des commerces, des restaurants et une rue recouverte par une paroi de verre.

Impossible de dire à ce stade-ci si le projet des Quais De Lorimier ira bel et bien de l’avant, puisque de nombreux détails techniques et financiers restent à attacher, mais les promoteurs se disent fort sérieux.

***

Quoiqu’il en soit, c’est est loin d’être le seul projet en gestation ces jours-ci dans la portion est du centre-ville.

La revitalisation de la Gare Viger, un chantier de 250 millions, est déjà bien entamée.

L’ancienne gare a été entièrement convertie en bureaux et est aujourd’hui occupée à presque 100% par des locataires de premier plan, dont LightSpeed et Lolë.

Le promoteur souhaite ériger des immeubles résidentiels et commerciaux à l’arrière de l’ancienne gare –jusqu’à 1 million de pieds carrés au terme des trois phases du projet.

À quelques coins de rue, Radio-Canada a reçu une douzaine d’offres d’achat pour sa grande tour brune et ses immenses terrains de stationnement.

Le site de Radio-Canada, qui bénéficie déjà d’un accord de développement conclu en 2009 avec la Ville de Montréal, pourrait accueillir jusqu’à 9,5 millions de pieds carrés de résidences, bureaux et commerces. (Une décision sera prise en ce sens l’automne prochain.)

Toujours à l’ombre du pont Jacques-Cartier, la brasserie Molson envisage de déménager son usine vieille de 230 ans dans des locaux plus modernes.

Ce projet semble moins avancé, mais il pourrait éventuellement entraîner la transformation de l’ancienne usine en un combo résidences-bureaux-commerces-musée.

***

Le marché de Montréal a-t-il la capacité d’absorber autant de projets, alors que le marché immobilier (résidentiel et commercial) montre déjà des signes de saturation?

Disons simplement que les haussements de sourcils sont nombreux dans l’industrie.

Quoiqu’il en soit, le marché de la location de bureaux apparaît plus beaucoup serré dans l’est du centre-ville que dans le quartier des affaires, ce qui pourrait favoriser le lancement de certains projets.

Selon des données de la firme CBRE, le taux d’inoccupation est de 5,2% dans l’est du centre-ville (jusqu’à Amherst), contre 10,8% au coeur du centre-ville. Du simple au double.

Bref, beaucoup de dossiers à surveiller dans un secteur de Montréal négligé depuis longtemps.

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