
Le ministre Jim Flaherty (Reuters).
Le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty s’expose à un ouragan de critiques si le marché immobilier continue à se détériorer en 2013.
Un flashback de 2006, en quelque sorte.
Dans une chronique publiée cette semaine dans le Globe and Mail, Rob Carrick dresse un parallèle entre l’adoption de nouvelles règles hypothécaires plus strictes en juillet dernier et l’abolition des fiducies de revenu en 2006.
Les fiducies, vous vous rappellerez sans doute, sont devenu ultrapopulaires au milieu des années 2000 au Canada.
À l’époque, plusieurs sociétés par action se sont converties en fiducies, une transformation qui leur a permis d’économiser collectivement des milliards en impôts. Même Bell Canada a voulu embarquer dans le train au sommet de la frénésie.
Puis la fête a pris fin. Jim Flaherty a soulevé l’ire du Canada inc. en annonçant l’abolition graduelle des fiducies en 2006.
Ses mesures récentes d’apaisement du marché immobilier suscitent des critiques du même ordre, écrit Rob Carrick.
À la base de cette réaction épidermique: le sentiment, irrationnel, que la montée en valeur d’un actif ne prendra jamais fin.
Je me permets, pour une rare fois, d’inclure quelques citations en anglais de la chronique du Globe:
” People are funny about financial assets that soar in value, be they income trusts or houses. They see them as being special in some way, a phenomenon of nature that should be left untouched so as to allow folks to make some serious money.
” But assets that soar in value are the ones we need to worry about most. Everything in finance is cyclical, which means there are ups and downs. The more an asset rises in price, the more vulnerable it is to a nasty pullback that causes damage both to individuals and the economy.”
Les prochains mois nous diront jusqu’à quel point les mesures récentes de Flaherty auront un impact durable sur le marché immobilier.
Une chose est sûre: on ne pourra pas dire que le ministre –qui se retrouve en eaux troubles aujourd’hui pour une question d’éthique– s’est refusé à prendre des décisions impopulaires depuis le début de son mandat.
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