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  • Maxime Bergeron

    Maxime Bergeron est journaliste à La Presse depuis 2003. Il se passionne depuis toujours pour les grues et couvre le secteur immobilier pour le cahier Affaires.
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    Jeudi 29 novembre 2012 | Mise en ligne à 11h15 | Commenter Commentaires (16)

    SCHL: les prêts assurés atteignent 576 milliards

    La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) est sous la loupe depuis plusieurs trimestres.

    L’organisme fédéral est le plus important acteur au pays dans l’assurance des prêts hypothécaires, obligatoire pour tous les acheteurs qui allongent moins de 20% de comptant.

    Or, la valeur des prêts assurés par la SCHL a explosé ces dernières années, au même rythme que la valeur des maisons.

    Il y a trois ans, Ottawa a même du augmenter de 450 à 600 milliards de dollars le plafond de prêts pouvant être assurés, sans quoi la SCHL n’aurait pu poursuivre ses activités.

    Dans ses résultats du troisième trimestre publiés ce matin, la SCHL confirme qu’elle se rapproche dangereusement de ce plafond de 600 milliards.

    Le total des contrats d’assurance en vigueur s’est élevé à 575,8 milliards au 30 septembre, une hausse de 2% par rapport à la fin de l’année 2011.

    Le montant est cependant à peu près stable par rapport au deuxième trimestre, puisque le le marché immobilier a ralenti ces derniers mois au Canada.

    Pierre Serré, chef de la gestion des risques à la SCHL, ne prévoit pas atteindre la limite de 600 milliards.

    La SCHL prévoit une relative stabilité du montant de 576 milliards, a dit M. Serré lorsque nous l’avons questionné ce matin pendant un appel conférence.

    L’organisme s’est par ailleurs réjoui de la baisse du nombre de prêts en souffrance depuis plus de 90 jours dans son portefeuille.

    Le taux de mauvaises créances s’est établi à 0,34% au troisième trimestre, comparativement à 0,41% à la fin de 2011, comme l’indique le graphique suivant:

    (Graphique fourni par la SCHL)

    (Graphique fourni par la SCHL)

    AJOUT:

    En après-midi, jeudi, un porte-parole de la SCHL a tenu à apporter la nuance suivante:

    “Bien que nous anticipons de la stabilité au sein de notre montant d’assurance en vigueur, nous nous attendons toutefois à ce que les remboursements sur les prêts assurés par la SCHL se poursuivent à un rythme d’environ 60 à 65 milliards par année. Ces remboursements contrebalancent alors les hausses d’assurance encourues de la SCHL.”


    • Il faut privatiser ça. Les payeurs de taxes n’ont pas les moyens de cautionner personne. Si c’est trop risqué pour les banques ça l’est encore beaucoup trop pour nous.

    • Dans les résultats, est-ce qu’ils mentionnent comment la SCHL a contribué au trésor public par les profits tirés de l’assurance? pour ce trimestre?

    • @respectable: qui vous dit que c’est un gros risque…. la SCHL prend peu de risque comparativement au montant total des prêt et surtout de la prime d’assurance qu’elle percoit. D’utant plus qu’un gros nombre maisnon d’hypotheque assuré depuis des années ont pris énormement de valeur… on est loin des USA ou les gens payait pas leurs assurance et financait 115% de leurs maisons. Un peu de risque oui, mais dans le fonds, qui aurait les moyens d’acheter une premiere résidence de nos jours sans SCHL.

    • @udes-histoire
      Les activités d’assurance-prêt ont généré un résultat net de 310 millions au troisième trimestre, en baisse de 17% sur un an.
      M. Bergeron

    • @simthibo: Si la schl n’existait pas, les prix des maisons seraient plus bas, plus de gens pourraient mettre un cashdown de 20%.

      En plus, “respectable” ne demande pas de faire évaporer la schl, il dit seulement de la privatiser. Moi je suis bien d’accord: si le gouvernement ne vend pas d’assurance-vie, d’assurance-auto ou d’assurance-feu/vol/vandalisme, qu’il se retire du fait d’assurer la valeur des maisons. Le privé peut très bien s’en charger sans que le payeur de taxe ait à prendre tous les risques sur ses épaules.

    • @elvince
      On a vu ce qui est arrivé avec Fannie Mae.
      Croyez-vous qu’une SCHL privée ferait en sorte que le contribuable ne devienne toujours pas le dernier recours?
      D’un certain côté, je préfère qu’on la garde publique parce qu’on a plus de contrôle sur le niveau de risque.
      Une SCHL privée devient “too big to fail” et ressemble à un call option pour les dirigeants.

    • @alexandre: Que la SCHL soit privée ou publique a plus ou moins d’importance. Le problème (et c’était le cas pour freddy et fannie) est que les obligations émises par l’institution et les garanties émises soient backées par le gouvernement fédéral. Dans un sens, si la schl vendait toutes les assurances à des privés, je n’en ferais pas un cas. Mais y’a pas une saprée compagnie qui accepterait le risque que la schl prend, en tout cas pas pour de si petites primes. La preuve: Genworth a été pratiquemment évincé du marché de l’assurance-prêt dans les dernières années, tout simplement parce qu’ils n’acceptent pas de si petites primes pour de si grands risques.

      Pour le niveau de risques, on en a encore moins lorsque le gouvernement est propriétaire de l’entreprise. Dans le passé, les politiciens se sont servis de la schl pour déformer les lois du marché immobilier. Quand le château de carte s’effondre (et il va s’effondrer, peu importe ce que le gouvernement ou la BOC fait), c’est le payeur de taxes qui se retrouve avec le sac vide dans les mains.

      Quant à ce qui est d’être le dernier recours, au moins les actionnaires de fanny et freddie ont mangé leurs bas en 2008. Dans notre cas, le payeur de taxes va manger ses bas à la fois comme actionnaire et comme garant. Ça va être 2 taloches au lieu d’une seule.

    • @alexandre

      Fannie Mae n’était pas privée. Si elle avait été véritablement privée, elle n’aurait pas pris les risques qu’elle a pris.

      Et par privée, j’entend véritablemewnt privée. Pas une société cote en bourse, parce que dans ces sociétés aussi les dirigeants jouent avec l’argent des autres….

    • @elvince
      Je comprends votre point de vue mais je fais surtout référence à la situation pré-crise.
      À ce niveau, la gestion du risque échappe grandement au contrôle des autorités financières.
      Je crois que je préfère encaisser 100% des pertes d’un risque relativement plus faible.
      Idéalement, la réglementation serait suffisante mais il ne faut pas oublier que la SCHL joue un rôle qui a lieu d’être.

      @guygadbois
      À partir d’une certaine taille, cela devient toujours “l’argent des autres”.
      Vous mettez l’entreprise “privée” sur un piédestal qu’elle ne mérite pas.
      À travers mon expérience des hauts dirigeants de toutes les entreprises que j’ai côtoyé, je n’ai de respect que pour les PME en général. Des gros joueurs en private equity sont aussi mauvais gestionnaires que ce qu’on peut retrouver ailleurs avec l’arrogance en bonus.

    • @guygadbois

      Voici un lien qui vous indiquera le nombre de banques qui ont fait faillites aux usa depuis 2008. Et n’allez pas me dire que c’Est l’argnet des autres, plusieurs de ces banques étaient réginoale voir locales. La déréglementation des saving & Loans (dans les années 80) et par la suite des banques a fait en sorte que le marché des institutions financières s’est fragilisés au point tel que la spéculation (réelle et arrangées) a pris le dessus sur le role réele des banques.

      25 en 2008
      140 en 2009
      157 en 2010
      92 en 2011
      39 jusqu’à présent en 2012.

      http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_bank_failures_in_the_United_States_(2008%E2%80%93present)

      G.Duquette

    • G.duquette

      Je vous GARANTIE que les gens qui ont causé la perte de ces instituions étaient des employés a bonis, qui ne risquaient pas leur propre argent, mais plutot que de simples petits employés a bonis. Come on.

    • Et de plus, puisque vous etes plus agé que moi, vous devez surement vous rappeler de la crise des Savings and Loans de 1987…

      Quand on risque l’argent des autres, c’est très facile de prendre des risques imbéciles dans le but d’obtenir un avantage personnel a court terme. Bienvenue dans le merveilleux monde des entités gouvernementales, para-gouvernementales, et publiques. Des paradis pour incompétents.

    • @simthibo.

      Un peu de risque?! Le total des contrats d’assurance était de seulement 291 milliards en 2006 et nous sommes presqu’à 600 milliards à peine 6 ans plus tard:

      http://www.greaterfool.ca/wp-content/uploads/2012/05/CHMC.jpg

      Et depuis 2006, la SCHL a assuré:

      1) des hypothèques sans mise de fonds (cashback mortgages) pendant 6 longues années;
      2) des hypothèques sur 35 ans pendant 5 longues années;
      3) des marge de crédit hypothécaire jusqu’à la hauteur de 95%;
      4) des refinancements hypothécaires jusqu’à la hauteur de 95%;
      5) des hypothèques dont le ratio d’endettement pouvait atteindre jusqu’à 45% du revenu AVANT impôts (les banques tolèrent 35% au maximum…)
      6) Etc.

      Et pour ceux qui croient que les subprimes n’existent pas au Canada…:

      “Dans des documents internes ayant fait l’objet de fuites dans la presse, le BSIF s’inquiétait notamment du comportement «de plus en plus libéral» de banques qui concèdent des prêts hypothécaires à des particuliers sans que ces derniers aient à prouver leurs revenus.

      Certains prêts accordés notamment aux travailleurs autonomes et immigrants récemment arrivés au Canada «présentent quelques similitudes avec les crédits subprime sur le marché américain», indiquait le BSIF.”

      http://affaires.lapresse.ca/economie/immobilier/201202/02/01-4492016-jim-flaherty-craint-une-derive-des-prets-hypothecaires.php

      Un beau cocktail depuis 2006!! Et en plus, ce cocktail a été alimenté par des taux d’intérêts historiquement bas.

      Du risque, il y en aura pour très longtemps à travers le 576 milliards de prêts hypothécaires assurés par les contribuables canadiens…

    • @ guygadbois

      Toutes ces banques étaient des banques privées et non des entités gouvernementales, para-gouvernementales, et publiques.

      Comme -alexandre- a dit : …À partir d’une certaine taille, cela devient toujours “l’argent des autres”. Vous mettez l’entreprise “privée” sur un piédestal qu’elle ne mérite pas.

      G.Duquette

    • Une entreprise privée est en une entreprise privée qui n’a pas de compte à rendre.
      Une entreprise publique est une entreprise cotée à Bourse qui doit rendre des comptes.
      Une société d’État est une entreprise qui appartient majoritairement au peuple.
      Il est important de donner le même sens au même mot. Sinon Gilles s’en sortira pas.

    • La crise des Savings & Loans est très intéressante à étudier.
      Un peu hors contexte mais un bon cours d’histoire économique.
      Peter Lynch avait écrit un excellent traité avec humour comme toujours mais surtout avec beaucoup de lucidité.
      Ce fut une gigantesque arnaque pour les contribuables américains et en résumé, le plus gros open bar de l’histoire de la finance. Il était effectivement possible d’acheter ces petits bijoux pour moins que l’encaisse dans les coffres.
      C’est comme donner un accès gratuit au levier financier le moins cher et en prime on te donne du capital! Avec toutes les déréglementations à l’américaine, la suite était prévisible.

      @respectable
      ???
      Une entreprise “privée” comme vous le dites n’a de compte à rendre que si elle est incorporée au nom de la personne, dès qu’on parle de société de personnes, elle a des comptes à rendre.
      La liste des droits et obligations des actionnaires et de l’entreprise est taillée sur-mesure (mais contenant un minima de règles prédéterminées) et c’est réellement la seule différence avec une entreprise cotée en bourse dont les droits et obligations sont uniformes pour toutes les entreprises.
      La même différence qu’entre un future et un forward.
      Donc, votre définition manque de nuance.

      Étant actionnaire-fondateur d’un holding, je peux garantir que les différences sont beaucoup plus subtiles et nombreuses.

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