Le sujet du condo génère une quantité apparemment inépuisable d’études, statistiques et autres analyses depuis quelques temps.
Ce matin, au tour du Mouvement Desjardins d’y aller d’un rapport assez exhaustif.
L’économiste Hélène Bégin tente de répondre à une question maintes fois discutée sur ce blogue: y a-t-il trop de condos neufs en construction actuellement au Québec?
La réponse de Mme Bégin? Non… sauf que.
L’économiste réfute tout d’abord certains parallèles avec la période morose des années 90, qui a suivi le boom de construction de condos de la fin des années 80.
Cette période fut marquée par une récession et des taux hypothécaires frôlant les 15% rappelle-t-elle. Le graphique suivant illustre l’immense surplus de copropriétés observé pendant les années 90:

L’économiste souligne ensuite que les mises en chantier de condos neufs ont grimpé de 27% pendant les quatre premiers mois de 2012 à Montréal, de 22% à Québec et de 300% à Gatineau. Un bond spectaculaire, après une année 2011 record.
Or, cette accélération de la construction “ne suffit pas pour déterminer si celle-ci excède les besoins du marché”, avance Mme Bégin.
Elle fait valoir que le nombre de condos neufs invendus –une mesure jugée plus fiable– est relativement faible:

Toutefois, Mme Bégin reconnaît que l’offre de condos neufs est “excédentaire” dans certains secteurs, et pas les moindres: le centre-ville de Montréal, l’île des Soeurs et divers quartiers de Laval et de la Rive-Sud.
“Si les mises en chantier tardent à ralentir à ces endroits, la possibilité d’une baisse de prix localisée est bel et bien présente”, prévient-elle.
Plutôt que de paraphraser, voici la conclusion intégrale de l’économiste sur l’état actuel du marché de la copropriété:
“Pour conclure, les signes de profonds déséquilibres du marché de la copropriété sont peu présents au Québec. Les pos- sibilité de baisses de prix sont donc limitées à certaines zones qui sont déjà ou sur le point de basculer en situation de surplus. Dans ce contexte, il est peu probable que le marché du condominium provoque une diminution généralisée des prix de l’immobilier dans la province. La situation s’avère toutefois plus à risque à Montréal puisque le tiers des ventes totales sont des copropriétés dans la RMR et près de la moitié de l’île. À Québec et Gatineau, l’importance se trouve nettement plus faible, ce qui rend l’ensemble du marché moins vulnérable à une correction de prix. À moins d’une détérioration importante du contexte économique qui ferait chuter la demande d’habitations, le secteur résidentiel devrait tenir le coup. Les nouvelles mesures du gouvernement fédéral concernant les prêts hypothécaires devraient toutefois aider à apaiser l’activité sur le marché de l’habitation au Québec.”
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