Le blogue immobilier

Vendredi 27 mai 2016 | Mise en ligne à 7h00 | Commenter Commentaires (21)

Technopôle Angus: pas dans ma cour

Le projet de Technopôle Angus 2, qui se mérite éloges et critiques.

Le projet de Technopôle Angus 2, qui se mérite éloges et critiques.

C’est l’histoire d’un complexe, qui, sur papier, remplit toutes les cases d’un projet de renouveau urbain exemplaire.

Le projet Technopôle Angus, prévu sur un immense terrain vacant des anciennes “shops Angus”, mise à fond sur la mixité des usages –un dada des urbanistes.

On y prévoit des bureaux, des commerces, plusieurs places publiques, 400 condos abordables et 100 logements sociaux.

Le souci environnemental est aussi bien présent, avec la mise en place d’une complexe “boucle énergétique” qui ferait circuler le chauffage et la climatisation entre les immeubles commerciaux et résidentiels, selon l’heure de la journée.

Des toits verts et une “érablière urbaine” sont également dans les plans de ce projet de 265 millions de dollars.

Bonus non-négligeable pour les jeunes familles: la Commission scolaire de Montréal envisage d’y greffer une école primaire publique de 400 places.

***

Pour parvenir à construire un projet aussi dense sur un terrain en friche de 750 000 pieds carrés, la Société de développement Angus (SDA) a demandé un changement au plan d’urbanisme.

Cette modification, approuvée en première lecture par le conseil d’arrondissement au début mai, ferait passer le zonage de commercial à mixte, et rehausserait la hauteur maximale des immeubles de 22 à 25 mètres.

Mais la pilule ne passe pas auprès des citoyens. Loin de là.

Les riverains du projet craignent de perdre leurs vues sur le mont Royal, et ils appréhendent une circulation automobile accrue.

Plusieurs ont aussi peur de voir la valeur de leurs propriétés baisser à la suite de l’afflux massif de condos “abordables”.

Consternés par les nombreux changements au plan d’urbanisme demandés par SDA, ils ont commencé à se mobilier au cours des derniers mois.

Une pétition en ligne a recueilli près de 200 signatures.

Et une séance d’information, tenue mercredi soir dans les bureaux de SDA, a eu raison du projet dans sa forme originale.

“Déçu” par l’ampleur de la grogne populaire, SDA a décidé immédiatement de retourner à la planche à dessin, au lendemain de cette rencontre houleuse.

Le futur projet sera moins haut, et les condos, plus chers, a-t-il dit en somme.

La consultation publique qui devait avoir lieu à la fin du mois à l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie sera reportée.

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Mercredi 18 mai 2016 | Mise en ligne à 14h21 | Commenter Commentaires (36)

Radio-Canada quitte sa tour… mais pas son terrain

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Tout ça pour ça?

Après des mois d’attente et de controverse, Radio-Canada a confirmé mercredi après-midi qu’elle ne quitterait pas son site actuel du Centre-Sud, à Montréal.

Enfin, pas tout à fait.

Le diffuseur public a annoncé que la Maison Radio-Canada sera relocalisée dans un nouvel immeuble à l’angle de René-Lévesque et Papineau, aujourd’hui utilisé comme stationnement.

Deux consortiums ont été retenus pour concevoir le nouvel immeuble: l’un mené par Broccolini; l’autre, par Busac et Pomerleau.

Une décision finale sera prise l’automne prochain, promet la société d’État.

La grande tour brune sera quant à elle vendue dans le cadre d’un processus séparé, en même temps que le reste des immenses terrains de stationnement.

Quatre groupes sont toujours en lice pour mettre la main sur cet actif évalué à 104 millions de dollars par la Ville de Montréal.

Le gagnant sera aussi connu à l’automne.

***

Cette annonce vient mettre un terme à plusieurs mois de psychodrame sur l’avenir de Radio-Canada à Montréal –et, par extension, sur le sort du quartier Centre-Sud.

Lorsque La Presse a révélé la mise en vente de la Maison Radio-Canada en février dernier, les réactions furent nombreuses. Et brutales.

Le diffuseur étudiait alors divers scénarios en vue de relocaliser son siège social montréalais, soit sur le site actuel, soit ailleurs au centre-ville.

Sans surprise, ce possible départ du Centre-Sud a soulevé une levée de boucliers.

Rappelons-nous que l’arrivée de Radio-Canada dans le quartier avait entraîné la démolition de centaines de résidences du “Faubourg à M’lasse” dans les années 60.

Plusieurs anciens habitants du secteur en gardent un souvenir amer, 50 ans plus tard.

***

Même si de (très) nombreuses ficelles restent à attacher pour la suite du projet, les opposants au déménagement de Radio-Canada doivent aujourd’hui pousser un soupir de soulagement.

Cette décision confirme que 3000 travailleurs continueront chaque jour de fréquenter le quartier et ses commerces.

Autre bonne nouvelle: les immenses terrains de stationnement à ciel ouvert qui défigurent ce vaste quadrilatère pourraient aussi disparaître… si un projet voit bel et bien le jour.

Selon nos informations, au moins deux des quatre soumissionnaires retenus pour le redéveloppement du secteur ont les reins très solides et une historique de gros projets réussis.

Si une transaction est conclue, Radio-Canada pourrait rester jusqu’à six ans dans la tour brune en échange d’un loyer symbolique, pendant la construction de son futur siège social montréalais.

Un autre dossier à suivre de près.

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Lundi 16 mai 2016 | Mise en ligne à 12h34 | Commenter Commentaires (32)

Quel avenir pour le patrimoine montréalais?

L’avenir de l’hôpital Royal-Victoria, de l’Hôtel-Dieu et d’une pléiade d’autres immeubles patrimoniaux reste en suspens à Montréal.

Des projets verront-ils le jour dans ces dizaines de bâtiments bourrés d’histoire?

Ou les laissera-t-on plutôt se dégrader pendant des années jusqu’à leur inévitable démolition, comme ce fut le cas avec la Maison Redpath?

La question est loin d’être réglée, surtout en ce qui concerne les anciens hôpitaux. Montréal a toutefois posé un geste concret en faveur du patrimoine, lundi matin.

La Ville a annoncé son intention d’acquérir la propriété des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, à l’angle des avenues du Parc et des Pins, au pied du mont Royal.

Le vaste domaine de 36 605 mètres carrés comprend le couvent, un musée, trois chapelles, des jardins et autres bâtiments de service. La crypte, qui abrite les restes de Jeanne Mance, cofondatrice de la Ville de Montréal, demeurera quant à elle propriété de la congrégation.

« Cette acquisition permettra de protéger et de valoriser cet ensemble patrimonial pour le bénéfice des générations futures, d’y maintenir des fonctions compatibles avec son caractère institutionnel, et d’assurer l’accès public au site », indique la Ville dans un communiqué.

La Ville compte élaborer un plan directeur de mise en valeur pour le site, qui prévoit notamment des logements sociaux sur un terrain de stationnement. Des consultations publiques devraient avoir lieu l’automne prochain.

Les religieuses seront quant à elles relogées au pavillon Masson de l’Hôtel-Dieu, si le Vatican donne son feu vert à la transaction.

***

Cette annonce survient quelques jours après le lancement d’un nouvel organisme sans but lucratif, Entremise, créé par quatre jeunes Montréalais pour permettre un usage temporaire des immeubles vacants.

Seulement au centre-ville de Montréal, plus de 30 bâtiments sont aujourd’hui complètement vacants, dont plusieurs ont un intérêt patrimonial. Sans compter de nombreux autres édifices qui sont en bonne partie vides.

« On veut faciliter les usages temporaires et transitoires pour les immeubles vacants à Montréal, explique le cofondateur Jonathan Lapalme. Quand un immeuble est vacant, les risques de détérioration sont exponentiels. »

M. Lapalme donne l’exemple de la Fonderie Darling, dans la Cité du Multimédia.

Au milieu des années 90, alors que l’ancienne usine était à l’abandon, le regroupement Quartier Éphémère a convaincu le propriétaire de lui prêter gratuitement les lieux, en échange de son occupation et de son entretien.

Un montage financier subséquent a permis de lancer un projet concret dans la Fonderie Darling, aujourd’hui l’un des espaces d’exposition les plus courus à Montréal.

Malgré ce succès probant, très peu d’exemples ont suivi à Montréal depuis 15 ans, souligne Jonathan Lapalme. Ce qu’il espère changer avec la mise sur pied d’Entremise.

***

NOTE: Un bogue technique nous empêche de publier des images dans ce blogue depuis quelques temps.

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