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Archive du 30 janvier 2013

Mercredi 30 janvier 2013 | Mise en ligne à 15h19 | Commenter Commentaires (10)

BlackBerry: le marché est sceptique

Photo REUTERS/Shannon Stapleton

Photo REUTERS/Shannon Stapleton

La société BlackBerry, connue jusqu’alors sous le nom de Research in Motion, a dévissé en Bourse dès l’annonce de sa nouvelle désignation, mercredi matin. L’énumération qui suivit des nouvelles fonctions et innovations impressionnantes de sa dernière création lui a permis de se stabiliser, mais le titre a repiqué du nez avec le retrait précipité des spéculateurs dans les heures suivantes.

Au final, BlackBerry, dont le sigle boursier RIM changera incessamment pour BB, cote à 13,86 $, une chute de 12 % par rapport à la veille. Le titre était parti d’un sommet de 16,69 $ une demi-heure avant la présentation mondiale du Z10 (à écran tactile) et du Q10 (avec clavier). Il s’agit d’une plage de 17 % pour la séance.

Shaw Wu de Sterne Agee s’interroge : « Y a-t-il de la place pour un autre système d’exploitation ? Et est-il assez différent d’iOS et Android pour endiguer la vague de défections et peut-être même convertir de nouveaux usagers ? » Jusqu’à présent, note l’analyste, les consommateurs et les développeurs ont été réticents à adopter de nouvelles plateformes, y compris Windows 8 et webOS en dépit des éloges et de l’intérêt manifesté par les opérateurs de réseaux.

« Je ne pense pas que cela soit nettement meilleur », répond l’analyste Roger Entner de la firme Recon Analytics, de Dedham au Massachusetts, en entrevue à l’agence Bloomberg. « En tout cas, pas assez bon pour que les consommateurs abandonnent les systèmes d’exploitation Apple iOS ou Android. »

Cela sera « très difficile » ajoute Ehud Gelblum, de Morgan Stanley à New York. « Certes, il y a une demande refoulée dans la base de clients actuels de BlackBerry. Mais c’est une grande présomption d’imaginer convertir des abonnés à Android ou iOS. »

« Il faudra voir si la base d’abonnés augmente un peu ou au moins se maintient avant de pouvoir dire si ce produit est un succès », a commenté pour sa part Gus Papageorgiou, de Scotia Capital. L’analyste de Toronto figure parmi les plus enthousiastes pour l’ancien RIM auquel il promettait encore lundi une « surperformance » avec un prix cible de 23 $.

Brian Cotello de la firme de recherche Morningstar craint que le nouveau BB10 soit hors de prix pour les marchés émergents, comme la Chine ou l’Inde, où Android s’impose. Le Z10 se détaille environ 650 $, sans contrat. La rumeur voulait que BlackBerry lance six nouveaux appareils, dont un modèle bas de gamme moins cher.

Au total, 6 analystes recommandent aujourd’hui l’achat des actions du créateur du BlackBerry contre 17 vendeurs. La majorité, 22, demeure en retrait. En moyenne, la communauté financière cible un prix de 11,55 $ par action sur une période de 12 mois, ce qui est nettement en deçà du cours récent.

Le titre de l’entreprise vedette de Waterloo, en Ontario, avait touché un creux en 10 ans à 6,10 $ en septembre dernier, puis entamé une forte remontée jusqu’à 18,53 $ vendredi dernier. Rappelons qu’il frôlait encore les 140 $ en mai 2008.

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Mercredi 30 janvier 2013 | Mise en ligne à 6h14 | Commenter Aucun commentaire

Plein feux sur les fonds immobiliers

Loblaw prévoit essaimer son parc immobilier. Photo REUTERS/Chris Wattie

Loblaw prévoit essaimer son parc immobilier. Photo REUTERS/Chris Wattie

Les fonds de placement immobilier (FPI) sont au coeur de l’activité financière canadienne depuis le début de l’année avec la première entrée en Bourse, un méga essaimage prochain, une tentative de mainmise chaudement disputée et d’autres fusions et acquisitions en vue.

Ces fonds de briques et de mortier profitent assurément de leur forte poussée boursière et de leurs rendements en dividendes plus qu’alléchants pour voler la vedette. Selon le service de recherche de RBC Marchés des capitaux, les fonds immobiliers ont produit un rendement total de 16% à la Bourse de Toronto l’an dernier tandis que l’indice général de référence gagnait à peine 7%.

Ainsi, la première entrée en Bourse de 2013 au Canada est signée Agellan Commercial Real Estate Investment Trust. Ce FPI établi à Toronto mais actif surtout aux États-Unis a levé près de 135 millions $ sur la promesse d’un rendement en dividendes de 7,8%. Le titre inscrit à 10$ pièce vendredi dernier, oscille depuis entre 9,88$ et 10,04$.

Les Compagnies Loblaw projettent de même de porter en Bourse leur parc immobilier. Le titre a bondi de 14% à 38,20$ pièce, le jour de l’annonce de l’essaimage, ce qui lui a valu 1,3 milliard$ en bonification boursière immédiate. «Nous croyons que cette transaction créera une valeur considérable», a commenté l’analyste Peter Sklar de BMO Nesbitt Burns notant que les fonds de placement immobilier sont actuellement évalués à des niveaux historiquement élevés.

Loblaw prévoit virer à ce fonds pour 7 milliards $ de biens immobiliers, dont 93 centres commerciaux, ce qui en fera un des plus importants FPI au Canada. Les parts seront vendues dans le cadre d’un premier appel public à l’épargne vers le milieu de 2013.

Le plus important fonds du genre au Canada est jusqu’à maintenant le fonds Riocan Real Estate Investment avec une capitalisation boursière de 7,9 milliards. Le fonds torontois qui gère un important portefeuille de contres commerciaux a rapporté un rendement total de 7,1% à ses actionnaires ces derniers douze mois.

Il y a aussi le Canada Real Estate Investment Trust avec une capitalisation boursière de près de 3 milliards. L’entreprise torontoise s’est appréciée de 22% en Bourse depuis un an grâce à son portefeuille diversifié de propriétés comprenant notamment des magasins de détail et des sites industriels, en plus de verser un dividende 3,4% à ses détenteurs de parts.

Sur le front des fusions et acquisitions, la Société de placement immobilier H&R et un consortium canadien dirigé par KingSett Capital se disputent la Société de placement immobilier Primaris Retail, propriétaire notamment de La Place Vertu, à Montréal, et de la Place Fleur de Lys, à Québec. KingSett offre 26$ par action soit 4,4 milliards $ au total. Primaris a cependant signé une entente amicale afin d’être racheté par H&R dans une combinaison d’espèces et d’actions.

Les analystes s’attendent à voir d’autres opérations publiques d’achat sur ces fonds fermés générant de gros revenus alors que les grandes sociétés immobilières se livrent bataille afin d’acquérir les centres commerciaux canadiens qui accueilleront les détaillants américains en expansion comme Target, Nordstrom, Forever 21 ou Michaels. L’analyste Heatherr C. Kir de la Financière Banque Nationale cite Artis, de Winnipeg, Creit Management, de Toronto, et Pure Industrial, de Vancouver comme d’éventuels candidats aux OPA.

Selon le service de recherche de RBC Marchés des capitaux, le marché immobilier commercial canadien pourrait d’ailleurs voir des joueurs américains traverser la frontière. Au total, la croissance des revenus de l’industrie devrait décélérer cette année avec la raréfaction des opportunités d’expansion, après une croissance 8% l’an dernier faisant suiite à deux années en retrait.

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