
Photo REUTERS/Mark Blinch
Apple régresse pendant que Research In Motion (RIM) et Samsung marquent des points en Bourse, ce qui reflète leur lutte de haut niveau dans le marché des téléphones intelligents haut de gamme.
Le titre d’Apple a cassé le seuil critique des 500$ US ce matin. La plus grosse capitalisation boursière au monde a fondu de 2,5% dans la première demie-heure de négociation à 489$ après avoir abandonné 3,5% hier. Apple poursuit ainsi un mouvement de repli qui l’a vu perdre près du tiers de sa valeur depuis son sommet du 21 octobre dernier. L’agence de presse Nikkei rapportait hier que le groupe à la pomme a réduit de moitié ses commandes de composants pour l’iPhone 5, en raison d’une demande moins forte que prévu. Les analystes de la firme Raymond James International évoquent quant à eux un possible réajustement des besoins d’Apple “en anticipant la sortie d’un nouveau modèle d’iPhone qui arriverait en juin”.
Tout au contraire, RIM a inscrit hier un gain substantiel de plus de 10%, à 14,70$ CAN, à la Bourse de Toronto. Il a ainsi poursuivi une remontée spectaculaire qui l’a vu plus que doubler de valeur depuis le 24 octobre. La multinationale canadienne pourrait réussir là où Apple a manifestement échoué: révolutionner l’industrie des appareils multifonctions avec une vraie nouveauté. Elle joue le tout pour le tout avec le BlackBerry 10, qui doit être lancé le 30 janvier prochain après des mois de reports.
Le nouvel appareil reçoit déjà des critiques élogieuses pour son look et ses fonctionnalités. RIM, qui a déjà détenu la moitié du marché des téléphones intelligents aux États-Unis, a amélioré la qualité du clavier virtuel et a particulièrement soigné la saisie “intuitive” de texte avec apprentissage du vocabulaire de l’utilisateur et son adaptation au format, en réservant par exemple les abréviations aux SMS. Autre point fort, les futurs BlackBerry permettent de mener plusieurs tâches en même temps, sans pour autant qu’il soit nécessaire de sortir des applications. Côté sécurité, RIM a prévu la possibilité de créer deux univers complètement imperméables sur un même BlackBerry: d’un côté, les données professionnelles qui peuvent être cryptées, de l’autre, les données personnelles.
Pour sa part, Samsung, en croissance exponentielle depuis 15 ans, est à un sommet historique à la Bourse de Séoul. Les ventes mondiales des téléphones intelligents Galaxy S ont franchi le cap des 100 millions depuis la sortie du premier modèle de la série il y a trois ans, a annoncé le fabricant sud-coréen.
Samsung dit avoir écoulé plus de 25 millions d’appareils Galaxy S, 40 millions de Galaxy S II et 41 millions de Galaxy S III. L’an dernier, le fabricant a eu le meilleur sur Nokia en ce qui a trait aux ventes de téléphones cellulaires et a devancé Apple pour ce qui est des ventes d’appareils intelligents, révèle une recherche de la firme IHS iSuppli publiée le mois dernier.
Les spécialistes s’attendent à ce que Samsung lance avant l’été une quatrième génération des Galaxy S fonctionnant avec Android, système d’exploitation du géant de l’internet Google.

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-alexandre-
15 janvier 2013
09h56
Ainsi vont les compagnies de technologies.
C’est la nature même de leur entreprise qui les rend si volatiles. Il est extrêmement difficile de demeurer en pôle position à moins d’acheter tous les brevets qui passent ce qui diminue énormément le rendement des actionnaires.
La créativité ne peut être monopolisée.
J’ai toujours appliqué le principe de Peter Lynch pour mes analyses dans le commerce de détail (et je considère les compagnies technologiques comme des détaillants), demandez aux experts consommateurs autour de vous ce qu’ils pensent d’un produit et ce qu’ils achètent différemment depuis quelques temps et vous trouverez régulièrement des perles.
En général, mes consommateurs aguerris, c’est les femmes (surtout la mienne).
Pour les technologies, eh bien, nous avons tous deux-trois geeks dans notre entourage. Ceux-ci se sont tous tournés vers la plateforme androide depuis 2-3 ans tout comme ils s’étaient tournés vers Apple en 2005.
My 2 cents.
snooze
15 janvier 2013
11h04
@alexandre
Tout à fait.
Mais il m’apparait clair que les “geeks” se sont tournés vers une “culture d’entreprise” et vers une ouverture à la créativité et à la libre circulation des idées (android market) vs contrôle absolu des paramètres, des concepts et des tarifs (apple store).
Les geeks aiment avoir le contrôle sur leurs bébelles (j’en suis) et s’il faut fréquenter des hackers pour débarrer un téléphone (apple) alors que ça se fait tout à fait légalement en 3 minutes sur android, le choix n’est pas difficile.
J’ai toujours vu les produits apple comme des laisses à chien avec un collier vraiment beau et brillant que tu même choisir la couleur si tu veux.
Bordel, au début des ipods même leurs putains d’écouteurs étaient incompatibles avec le reste de l’univers connu. Fallait des écouteurs apple. C’est tout dire. Ils mériteraient bien pire que leur petit refroidissement actuel, si c’était juste de moi.
BlackBerry sont maintenant compatibles avec android. Et, oh surprise, les geeks vont y retourner en vantant leurs innovations et leurs qualité de contruction. Mais c’est la compatibilité et l’ouverture (donc rapidité des updates et nouvelles apps) qui vont les avoir amadoués. Pas uniquement leur plateforme à eux.
snooze
15 janvier 2013
11h15
Ps : “compatibilité” de BlackBerry (.bar) avec android (.apk) est bien sûr un grand mot. Seulement le transfert d’une plateforme à l’autre a été facilité au point que ma mère peut le faire. BlackBerry a été extrêment brillant en gardant à la fois leur indépendance et en ouvrant la porte aux créateurs et aux wizkids. Je ne vois pas apple bien positionné à moyen terme.
jpdem
15 janvier 2013
13h21
Ce qui m’agace sans arrêt chez les chroniqueurs financiers c’est cette incapacité de séparer performance d’une entreprise et performance boursière (la dernière étant hors du contrôle de l’entreprise). De vanter la direction d’une entreprise à cause de la performance boursière pour la voir faire faillite un peu plus tard.
Un autre billet récent était intitulé “Dérive d’Apple”. Je regarde les résultats et je cherche encore où Apple est à la dérive. Ce billet est du même type. On vante RIM qui a encore tout à prouver. La semaine prochaine les titres d’Apple peuvent monter de 10% et ceux de RIM baisser de 10% mais on aura toujours les mêmes entreprises en face de nous.
pdurivage
15 janvier 2013
13h44
@jpdem: Vous êtes ici sur un blogue boursier appelé «Les marchés». Quand on titre «Dérive d’Apple», il faut comprendre «Dérive d’Apple… sur les marchés». Même chose pour «Le malheur d’Apple fait le bonheur des autres… sur les marchés». C’est certain: il y a ici un biais financier. Et il est toujours pertinent de rappeler au «type» que le monde ne s’arrête pas à la Bourse qui peut être parfois extrêmement dure pour les compagnies inscrites. Pas pour rien que Dell veut se retirer de la cote.
-alexandre-
15 janvier 2013
14h29
@snooze
Vous avez raison que l’utilisateur moyen a un penchant pour l’accessibilité plutôt que pour le potentiel du code.
Cependant, ce sont les geeks, ceux qui sont passionnés, qui passent leur temps à créer des milliers d’applications qui ont rendu le I-Phone aussi attirant. Si la majorité se met à coder des applications sur Android, cela va devenir un argument de poids pour la structure qui va offrir le plus grand éventail et la plus grande créativité parmi les applications, parce qu’au final, l’accessibilité, ça se travaille relativement facilement.
Apparemment, il y a déjà beaucoup plus d’applications sur Android que sur Apple, mais je n’ai jamais vérifié cette information.
dcsavard
15 janvier 2013
14h33
Le BB10 est construit autour d’un excellent système d’exploitation, QNX, que RIM avait acquis il y a maintenant quelques années. Toute la communauté informatique branchée était un peu déprimée que RIM n’avait pas encore réussi à exploiter QNX. Certains y voyaient même une perte pour l’humanité si cette acquisition débouchait sur la disparition de QNX. Il aura fallut beaucoup plus de temps que prévu à RIM pour digérer QNX, mais maintenant que c’est chose faite, les BB10 et prochain appareils de RIM bénéficieront d’une technologie qui a un pas d’avance sur la concurrence.
RIM a aussi bien compris le message de la communauté des développeurs et offre une extraordinaire plateforme de développement pour sa prochaine génération d’appareils.
Je l’ai déjà dit sur ce blogue en d’autres termes et comme ils disent dans Jurassic Park, quelque chose a survécu!
SilverOli
15 janvier 2013
14h54
Je suis d’accord avec jpdem. Je pense que le marché boursier surestime la dérive d’Apple. Et je pense qu’on surestime la montée de RIM par le fait même, qui n’a encore rien offert à sa clientèle et qui vogue sur la mer des possibles. Étant un usager des produits Apple depuis quelques années, je ne vois pas en quoi l’entreprise est en chute libre en dehors du monde de la bourse. Pourquoi ne pas écrire sur la chute libre de Microsoft, lequel n’arrive vraisemblablement pas à imposer sa Surface et Windows 8? Voilà un échec assez cuisant merci, pour une entreprise qui misait tout sur ces produits. Or chaque fois que je vais dans un Apple Store, étrangement, c’est plein à craquer. Chaque fois que je me promène en ville, bizarrement, je vois des iPhone, des iPod, des iPad et des Macbook un peu partout, alors que je vois très peu de Blackberry, lequel monte pourtant en bourse. Ce que je comprends mieux qu’avant, par contre, c’est pourquoi la bourse n’était pas du tout l’intérêt principal de Steve Jobs. Il ne vivait que pour les produits alors que la bourse s’emprisonne constamment dans son monde de prédictions imprévisibles. Apple pourrait donc bien continuer de descendre selon les analyses de la bourse, en autant que pour ses usagers, l’offre de la compagnie continue de monter. Le gros problème d’Apple, selon moi, se résume au dilemme de l’innovateur. Ils ont trop innové en trop peu de temps et, au moment même où ils atteignaient un niveau de popularité jamais égalé auparavant par l’entreprise, leur fondateur est mort, ce qui a complètement rompu le momentum. Selon moi, ils n’ont pas réussi à retrouver ce momentum et c’est pourquoi la bourse les punit. Le plus drôle dans cette histoire, c’est que la bourse semblait adorer Steve Jobs, même s’il se foutait d’elle, tandis que la bourse semble se distancer peu à peu de Tim Cook, qui fait tout pour lui plaire.
SilverOli
15 janvier 2013
15h26
@Snooze
J’apprécie votre analyse mais il y manque un tout petit fait : les geeks représentent quel pourcentage de la population actuelle? Autrement dit, qui, parmi les centaines de millions d’acheteurs d’appareils intelligents, désire vraiment bidouiller dessus et coder et recoder et programmer et reprogrammer? Je vais être généreux, je dirais 5%. Le reste des gens veulent utiliser leur appareil tel qu’il leur est vendu, sans trop se poser de questions sur comment ça fonctionne. Je trouve qu’on fait donc erreur quand on juge de la qualité des produits Apple seulement du point de vue des geeks. C’est un peu comme tenter de prévoir la popularité et d’évaluer la qualité d’un nouveau disque de Justin Bieber en demandant à la communauté des audiophiles amateurs d’avant-garde de se prononcer. Ils diraient haut et fort : cet album n’a aucun mérite musical, nous prévoyons donc qu’il n’obtiendra aucun succès sur le marché. Le problème, c’est que l’album va se vendre à des millions d’exemplaires. Pourquoi? Parce que la population en général, tous ceux et celles qui achètent en masse, ne sont ni geeks ni audiophiles amateurs d’avant-garde. Il faudra donc que RIM et Google aillent au-delà de l’argument geek pour continuer de surpasser Apple.
jason_rivest
16 janvier 2013
01h05
Personnellement, je crois que SilverOli a raison sur un point. C’est que les chiffres d’affaires ne sont pas composés seulement d’acheteurs maniaques de technologies. Les gens veulent un produit beau, de bonne qualité et qui va les faire entré dans la bulle «j’ai un produit Apple et j’en suis fier.» Il ne faudrait pas sous-estimé la demande de nouveauté des gens. Des critiques ont commencé à s’élever contre Apple ces derniers temps. Leur dernier logiciel et cellulaire n’avaient pas beaucoup de différences (visible) avec leurs prédécesseurs et les gens normaux se disent qu’il n’est pas très grave de ne pas en acheter un tout de suite de toute façon, car il vont en sortir un autre dans 6 mois. C’est ce qui a fait plonger l’action d’Apple selon moi, l’obsolescence programmée de leurs propres produits. Peu de gens le savent, mais ils ont sorti un 4ème Ipad en même temps que le mini. Les gens croient qu’on les prend pour des cruches qu’il suffit d’emplir. Un autre problème d’Apple est qu’elle est tellement contrôlante qu’elle en crée des malaises. Map, qui peut dire que ce fût un succès ? Pas moi dans tous les cas et je suis un consommateur lambda. Les gens veulent du changement, mais sans être dépaysé. Il faudra qu’Apple se recentre et trouve quelque chose de mieux que de simplement ajouter des GO à ses Ipads, car la concurrence lui chauffe les fesses et à de meilleures prix en plus.
dcsavard
16 janvier 2013
05h24
Juste comme ça, RIM n’offre pas un produit «geek» et ne l’a jamais fait. Ce n’est pas son marché, ne l’oubliez pas. Et là, ce qui pointe du nez est susceptible de lui permettre de reconquérir le coeur de son marché et même plus. Il reste bien sûr quelques inconnues, mais 15 000 applications portées au BB10 en une fin de semaine, ça ressemble à un mouvement de foule quand même.
De plus, Apple s’est royalement planté avec le iPhone 5 qui n’offre à peu près rien de nouveau. Mais, bien entendu aussi, tout n’est pas joué. Ils ont possiblement quelque chose dans les cartons pour leur prochaine annonce de produit, sauf que la barre est plus haute maintenant. Ils ne pourront par refaire le coup du iPhone 5.