
Photo REUTERS/Shannon Stapleton
La société BlackBerry, connue jusqu’alors sous le nom de Research in Motion, a dévissé en Bourse dès l’annonce de sa nouvelle désignation, mercredi matin. L’énumération qui suivit des nouvelles fonctions et innovations impressionnantes de sa dernière création lui a permis de se stabiliser, mais le titre a repiqué du nez avec le retrait précipité des spéculateurs dans les heures suivantes.
Au final, BlackBerry, dont le sigle boursier RIM changera incessamment pour BB, cote à 13,86 $, une chute de 12 % par rapport à la veille. Le titre était parti d’un sommet de 16,69 $ une demi-heure avant la présentation mondiale du Z10 (à écran tactile) et du Q10 (avec clavier). Il s’agit d’une plage de 17 % pour la séance.
Shaw Wu de Sterne Agee s’interroge : « Y a-t-il de la place pour un autre système d’exploitation ? Et est-il assez différent d’iOS et Android pour endiguer la vague de défections et peut-être même convertir de nouveaux usagers ? » Jusqu’à présent, note l’analyste, les consommateurs et les développeurs ont été réticents à adopter de nouvelles plateformes, y compris Windows 8 et webOS en dépit des éloges et de l’intérêt manifesté par les opérateurs de réseaux.
« Je ne pense pas que cela soit nettement meilleur », répond l’analyste Roger Entner de la firme Recon Analytics, de Dedham au Massachusetts, en entrevue à l’agence Bloomberg. « En tout cas, pas assez bon pour que les consommateurs abandonnent les systèmes d’exploitation Apple iOS ou Android. »
Cela sera « très difficile » ajoute Ehud Gelblum, de Morgan Stanley à New York. « Certes, il y a une demande refoulée dans la base de clients actuels de BlackBerry. Mais c’est une grande présomption d’imaginer convertir des abonnés à Android ou iOS. »
« Il faudra voir si la base d’abonnés augmente un peu ou au moins se maintient avant de pouvoir dire si ce produit est un succès », a commenté pour sa part Gus Papageorgiou, de Scotia Capital. L’analyste de Toronto figure parmi les plus enthousiastes pour l’ancien RIM auquel il promettait encore lundi une « surperformance » avec un prix cible de 23 $.
Brian Cotello de la firme de recherche Morningstar craint que le nouveau BB10 soit hors de prix pour les marchés émergents, comme la Chine ou l’Inde, où Android s’impose. Le Z10 se détaille environ 650 $, sans contrat. La rumeur voulait que BlackBerry lance six nouveaux appareils, dont un modèle bas de gamme moins cher.
Au total, 6 analystes recommandent aujourd’hui l’achat des actions du créateur du BlackBerry contre 17 vendeurs. La majorité, 22, demeure en retrait. En moyenne, la communauté financière cible un prix de 11,55 $ par action sur une période de 12 mois, ce qui est nettement en deçà du cours récent.
Le titre de l’entreprise vedette de Waterloo, en Ontario, avait touché un creux en 10 ans à 6,10 $ en septembre dernier, puis entamé une forte remontée jusqu’à 18,53 $ vendredi dernier. Rappelons qu’il frôlait encore les 140 $ en mai 2008.
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