
Photo REUTERS/Alessia Pierdomenico
Les actions de Bombardier se transigent à des multiples rarement vus même dans ses pires moments des années 2000, malgré l’amélioration remarquable de sa performance à plusieurs égards et notamment au niveau du carnet de commandes.
C’est la conclusion à laquelle arrive l’analyste Steve Hansen, de la firme Raymond James, qui a remonté le temps pour retrouver des moments de semblables déchéances boursières pour la multinationale montréalaise.
M. Hansen calcule que le cours actuel de Bombardier représente 7,7 fois seulement le bénéfice prévu pour 2013, alors qu’il se méritait tout de même un multiple de 9,7 fois les bénéfices escomptés pour l’année suivante, dans une précédente période de faiblesse boursière, il y a trois ans. Un multiple de 9,5 fois, qui demeure dans la fourchette inférieure de son historique des dix dernières années, vaudrait à Bombardier une valeur par action de 4,25$ comparativement à moins de 3,50 $ ces derniers jours.
Entre temps, Bombardier a nettement amélioré sa position notamment dans l’industrie du transport aérien avec 449 commandes (nettes des annulations) obtenues ces douze derniers mois, dont les mégas contrats de VistaJet pour des jets d’affaires Globals et de Delta pour des avions commerciaux CRJ. En juillet 2009, le carnet, marqué de plusieurs rayures, ne cumulait que 45 commandes nettes.
Seul point à s’être dégradé durant cette période, la dette au bilan est deux fois plus lourde qu’à l’époque. Bombardier a néanmoins tout le capital et les liquidités nécessaires pour mener à bien ses programmes de développement, incluant celui du nouveau jet CSeries, souligne l’analyste de Raymond James.
«Il n’est pas rare que le marché devienne étroitement axé sur un problème particulier d’une entreprise, souvent au détriment du portrait global de l’industrie. Les arbres cachent la forêt aux investisseurs. Dans le cas de Bombardier, son produit phare, le CSeries, est devenu un sujet dominant avec le report récent de son premier vol d’essai, suscitant l’inquiétude quant aux flux de trésorerie disponibles et au bilan», écrit l’analyste de la firme albertaine selon qui les risques relatifs au CSeries, des risques bien réels, sont gérables.
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