Le blogue des marchés

Archive, décembre 2012

Jeudi 27 décembre 2012 | Mise en ligne à 12h18 | Commenter Commentaires (22)

Les impacts prévisibles d’un accord sur le «mur fiscal»

Le président des États-Unis, Barack Obama, est revenu d'urgence à Washington ce matin. Photo AFP

Le président des États-Unis, Barack Obama, est revenu d'urgence à Washington ce matin. Photo AFP

Selon la National Bank of Australia, les États-Unis ont 50% de chances de mettre sur pied une solution temporaire, 30% de chances de se buter au «mur fiscal», et 20% de chances de conclure un accord « sérieux » de long terme d’ici lundi prochain.

Quelles seraient les conséquences sur les marchés d’un accord avant l’échéance fatidique ? Voici quelques pistes glanées ici et là.

Un accord avant la fin de l’année, quelle que soit l’ampleur des concessions, profiterait certainement aux marchés boursiers, qui pataugent dans le rouge depuis une semaine, en redonnant de la visibilité du côté des dépenses publiques et des revenus disponibles des ménages. Au contraire, l’entrée en vigueur automatique des mesures d’austérité prévues pour le premier janvier provoquera une récession, craignent la plupart des économistes, ce qui est de mauvais augure pour le marché des actions qui a tout de même progressé au-delà des attentes cette année.

Le dollar américain profiterait aussi à coup sûr d’un contrôle des dépenses gouvernementales, face à l’euro, selon les cambistes. Pour le moment, c’est le dollar canadien qui marque des points contre le billet vert.

Si démocrates et républicains parviennent à trouver un terrain d’entente, «cela jouera en faveur des prix du baril de pétrole, car le risque de récession s’éloignera», a souligné James Williams, de WTRG Economics. Les États-Unis, rappelle-t-on, sont le premier consommateur mondial d’énergie.

«Une entente signifierait un contrôle des dépenses, et çà c’est très positif pour l’or», de souligner pour sa part Frank McGhee, chef négociateur pour la firme Integrated Brokerage Services LLC à Chicago.

Les taux d’intérêt sur les titres gouvernementaux sont aussi en jeu. L’agence de notation chinoise Dagong a placé mardi la note des emprunts souverains américains sous surveillance négative. Si celle-ci devait être dégradée une nouvelle fois, elle se retrouverait avec une note inférieure à celle de la Russie. Pékin est le principal détenteur de bons du Trésor américain.

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Samedi 22 décembre 2012 | Mise en ligne à 9h19 | Commenter Commentaires (2)

Cogeco Câble va-t-elle trop vite en affaires ?

Louis Audet, président de Cogeco Câble. Photo CP

Louis Audet, président de Cogeco Câble. Photo CP

L’expansion de Cogeco Câble ne va pas sans heurts. Une deuxième acquisition en moins de six mois reçoit le même accueil glacial des milieux financiers.

La filiale de télédistribution de Cogeco a annoncé hier son expansion dans les services informatiques en achetant Peer 1 Network Enterprises, pour environ 635 millions. Décrite comme l’un des premiers fournisseurs d’infrastructures internet du monde, l’entreprise de Vancouver se spécialise dans l’”hébergement géré”, les serveurs dédiés, l’infonuagique et la colocalisation.

Financement par emprunt

L’agence de notation de crédit Standard&Poor’s a immédiatement mis sous surveillance la cote de crédit BB+ attribuée à la dette à long terme de Cogego Câble, avec implications négatives. La firme financière s’inquiète du fait que le quatrième câblodistributeur canadien s’éloigne de son objectif de réduction de sa dette à 3,5 fois le bénéfice avant impôts, amortissement et intérêts d’ici 12 mois. L’achat est financé par une facilité de crédit de 625 millions consentie par la Banque Nationale. Cet ajout portera le rapport de la dette au résultat d’opération à 3,8 fois, le plus haut multiple de l’industrie, selon Jeff Fan, de la Banque Scotia.

Les investisseurs ont aussi sanctionné le titre qui se remettait partiellement, au cours des dernières semaines, de la chute abrupte de 15% qui avait suivi l’achat du câblodistributeur régional américain Atlantic Broadband pour 1,36 milliard US, en juillet dernier. L’action de Cogeco Câble a largué plus de 5% de sa valeur, à 38,78$, à la Bourse de Toronto après l’annonce de l’opération publique d’achat sur Peer. Les investisseurs sont très méfiants à l’égard des acquisitions de l’entreprise montréalaise depuis l’incursion ratée au Portugal, entre 2006 et 2012.

“Avec 2 milliards de dollars d’acquisitions au cours des six derniers mois, Cogeco Câble prend un risque important”, affirme Jeff Fan, selon qui le titre, apparemment attrayant par rapport au résultat d’opération, est plus cher qu’il n’y paraît. Il révise son prix cible actuel de 40$. Le choeur des analystes a une cible de 42,86$ sur 12 mois.

Cogeco offre de verser 3,85$ par action aux actionnaires de Peer 1, une prime de 32% par rapport au cours moyen des 20 dernières séances. Selon l’analyste Sangha Pardeep, de Pi Financial, de Vancouver, ce prix se compare aux dernières transactions dans l’industrie des centres de données. Son collègue Christpher Lars, de la firme Piper Jaffray, qui suit aussi de près Peer 1, estime que Cogeco paie une prime justifiée par le potentiel de croissance de cette industrie.

“Les services des centres de données constituent un objectif stratégique principal pour Cogeco Câble et cette acquisition est conforme à l’engagement de l’entreprise d’accroître sa présence dans le secteur”, a déclaré le président de Cogeco, Louis Audet, dans un communiqué.

L’intégration des activités de Peer 1 permettra à la filiale Cogeco Services Réseaux d’ajouter 19 centres de données aux 6 qu’elle possède déjà ainsi que 21 “points de présence” en Amérique du Nord et en Europe. Les revenus annuels de la filiale passeront d’un peu plus de 100 millions à 270 millions.

Et les profits?

Selon Maher Yaghi, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins, l’acquisition ne permettra pas à l’entreprise montréalaise d’accroître significativement ses profits. L’intérêt de la transaction est stratégique, voire synergique à plus long terme, croit-il. L’analyste se demande si le moment n’est pas venu pour Cogeco de séparer la division informatique de la câblodistribution. À l’heure actuelle, la câblodistribution et Cogeco Services Réseaux font partie de Cogeco Câble, alors que les stations de radio du groupe sont incluses avec les autres activités dans les états financiers de la société mère, Cogeco.

Les analystes tiennent la transaction pour acquise. Près de 62% des actions et l’aval du conseil d’administration de Peer 1 sont déjà assurés à Cogeco. Les actions de Peer 1 ont gagné 88 cents à 3,83$, soit tout près du prix sur la table, hier à la Bourse de Toronto.

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Vendredi 21 décembre 2012 | Mise en ligne à 10h46 | Commenter Un commentaire

Research in Motion: premières réactions

Photo Aaron Vincent / PC

Photo Aaron Vincent / PC

Premières réactions éclairantes d’analystes financiers aux résultats, au-delà des attentes, livrés après la fermeture des marchés, hier, par Research in Motion (RIM) au terme de son troisième trimestre:

Kris Thompson, Financière Banque Nationale

«RIM a rapporté des résultats globaux décents, puis les dirigeants ont révélé que la facturation des services sera changée pour un menu à plusieurs niveaux. Lorsque assaillie de questions, l’équipe de gestion était mal préparée et n’a pas pu fournir des réponses satisfaisantes.
Nous croyons que les investisseurs vont punir le titre pour cette confusion jusqu’à ce que les revenus de services puissent être mieux quantifiés.»

Tom Astle, directeur de la recherche Byron Capital

«RIM a rapporté ce que nous pensons être un trimestre très bien exécuté pour une entreprise avec une vieille gamme de produits. Et, par conséquent, l’entreprise est prête à lancer son produit le plus crucial avec un équilibre financier solide, un nouveau produit qui soulève de plus en plus d’intérêt, un réseau mondial d’opérateurs motivés, une base d’abonnés fidèles.

Oui, nous voyons des défis à court et à moyen terme en raison de l’environnement concurrentiel et de la baisse potentielle des frais de service, mais, dans l’ensemble, nous aimons tout de même le ratio des pour et des contre et attendons avec impatience des événements déclencheurs au quatrième trimestre (comme le lancement d’un nouveau produit!).»

Shaw Wu, Sterne Agee

«RIM a rapporté un meilleur chiffre d’affaires et une perte d’exploitation plus faible que prévu alors que l’on attendait peu d’elle. Son solde de trésorerie a de nouveau augmenté grâce à une gestion intelligente du capital. Cependant, il y a eu deux surprises négatives liées au lancement du BlackBerry 10 en janvier: les tendances favorables du fonds de roulement seront probablement renversées en raison de la hausse des charges qui grugeront les liquidités; et la marge élevée des services aux entreprises qui sera probablement sous pression avec la nouvelle tarification et les conditions qui y sont attachées.»

Dans l’ensemble, les analystes demeurent très négatifs à l’égard du titre. On ne compte plus que cinq chauds partisans, alors qu’ils étaient six à la veille de la publication des résultats du dernier trimestre. Dix-sept, et non plus 16, recommandent de vendre le titre. Ils sont toujours 26 à conseiller de le conserver.

Le choeur des analystes a par ailleurs profité de l’occasion pour relever leur prix cible moyen, de 10,02$ à 10,51$, afin de tenir compte de la hausse de 125% du titre depuis son creux d’il y a trois mois.

Kris Thompson de la Financière Banque Nationale a notamment déclassé RIM à «sous-performance» et réduit sa cible de 15$ à 10$ par action.

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