
AFP PHOTO/Stan HONDA
Les élections américaines cette semaine ont ramené l’attention des investisseurs, de par le monde, sur l’état et les perspectives de l’économie américaine. L’indice Dow Jones des industrielles de la Bourse de New York résume la situation en trente morceaux choisis. La revue de chacune des entreprises composant l’indice le plus suivi dans le monde et le plus ancien est inquiétante pour la suite des événements. Portrait de l’Amérique en miniatures.
3 M (chimie, électronique et entretien)
Le groupe industriel diversifié du Minnesota a abaissé ses anticipations pour 2012 en raison de la pression exercée sur les marges bénéficiaires par la force du dollar américain et des coûts liés à des acquisitions. 3 M table désormais sur un bénéfice par action annuel d’au plus 6,35 $ contre 6,50 $ auparavant.
Alcoa (aluminium)
Première entreprise à ouvrir ses livres, la multinationale de l’aluminium donne traditionnellement le ton à la saison des résultats financiers. Or, pour le dernier trimestre, Alcoa a publié des pertes et a abaissé ses prévisions de demande en raison du ralentissement chinois. Il n’en fallait pas plus pour casser la dynamique des métaux, et les faire retourner aux niveaux de l’été, soit au plus bas depuis deux ans.
American Expressn (services financiers)
L’émetteur de cartes de crédit souffre de l’environnement économique incertain. Le grand argentier maintient sa rentabilité en maîtrisant ses coûts et en exploitant les nouvelles technologies alors que les provisions pour pertes sur les prêts ont quasi doublé depuis un an. Davantage d’analystes recommandent de conserver le titre ou de le vendre, plutôt que de l’acheter.
AT & T (télécommunications)
AT & T doit investir 14 milliards sur trois ans pour moderniser son réseau de lignes téléphoniques en cuivre vieux de plusieurs décennies. Les deux tiers des analystes qui suivent le titre sont en mode attentiste et accordent peu de potentiel au titre d’ici deux mois.
Bank of America (services financiers)
La grande banque américaine n’est pas sortie de la crise des subprimes. L’institution financière est notamment poursuivie par l’administration Obama pour malversation après avoir vendu des prêts immobiliers « pourris » sans vérifier leur qualité. L’établissement financier a abandonné près de 6 % de sa valeur au lendemain de la réélection du président démocrate alors que le « mur fiscal » se matérialise.
Boeing (aéronautique)
Selon l’analyste Joseph Nadol de la firme J.P. Morgan, Boeing fait partie de ces rares compagnies avec des liquidités excessives qui trouveront intérêt à verser un dividende spécial ou hausser le dividende régulier avant la fin de l’année, en particulier si la victoire d’Obama relance les attentes d’une hausse prochaine du taux d’imposition de ces revenus. L’entreprise aéronautique doit dévoiler sous peu ses plans à cet égard.
Caterpillar (engins de chantiers)
Le leader mondial des engins de chantier a suspendu une partie de sa production. L’entreprise a réduit de 6 % ses attentes en terme de chiffre d’affaires et a aussi abaissé significativement son objectif de bénéfice pour l’exercice en cours. Dans un contexte de ralentissement économique, les distributeurs préfèrent réduire leurs stocks plutôt qu’acquérir de nouvelles machines, explique le groupe.
Chevron (pétrole)
Les compagnies pétrolières comme Chevron n’ont pas de soucis à se faire, le sous-sol américain ne leur sera pas interdit. Il est même probable que Barack Obama autorise lors de son second mandat la construction du pipeline Keystone, qui doit relier le Canada aux États-Unis. Les trois quarts des analystes qui suivent Chevron sont acheteurs. N’empêche que le titre a perdu au lendemain des élections américaines le peu de terrain gagné depuis le début de l’année en Bourse.
Cisco Systems (réseautage)
Cisco est le seul titre du Dow Jones à avoir progressé dans les heures suivant la réélection du président démocrate. L’analyste Brian White de la firme new-yorkaise Topeka Capital note que le marché accorde au titre les plus faibles ratios du monde des techs et notamment un multiple de 11 fois seulement les profits courants. Cisco est un important fournisseur du gouvernement américain.
Coca-Cola (alimentation)
Selon le service de la recherche de la Deutsche Bank, la marge bénéficiaire du groupe Coca-Cola, symbole américain par excellence, est sous pression alors que la croissance passe par les nouveaux produits comme l’eau embouteillée, au détriment des sodas. « L’argent facile a été fait, mais un potentiel de rendement de 10 % et plus est encore réalisable pour les actionnaires », peut-on lire dans un rapport récent qui souligne par ailleurs la dépendance des résultats de la multinationale aux marchés européens et chinois.
DuPont (chimie)
La baisse de l’activité et de la rentabilité oblige le géant américain DuPont à lancer un plan d’économies impliquant l’abolition de 1500 emplois dans le monde. Le groupe a abaissé ses prévisions de profits pour 2012. Pour la suite, le groupe estime que cela sera surtout « déterminé par l’environnement macro-économique aux États-Unis en fonction de l’issue de la présidentielle ».
Exxon Mobil (pétrole)
Exxon Mobil, qui s’active dans le développement du gaz de schiste, profite de l’augmentation des marges de raffinage pour compenser le tassement de la production et la baisse des cours des hydrocarbures. Le consensus des analystes reste toutefois tiède par rapport au potentiel du titre qui colle au Dow Jones depuis le début de l’année.
General Electric (électronique)
Le doyen a encore de l’avenir. Les analystes prédisent qu’il a encore tout autant de chemin à parcourir en Bourse après le gain boursier de 19 % depuis le début de l’année. GE promet une croissance du bénéfice annuel dans les deux chiffres malgré les difficultés de sa filiale financière GE Capital. Le titre fait partie du Dow Jones depuis ses origines il y a 128 ans.
Hewlett-Packard (matériel informatique)
L’entreprise informatique, qui a perdu près de la moitié de sa valeur boursière depuis le début de l’année, fait l’objet de davantage de recommandations franches de vente (9) que d’achats (7) dans la communauté financière. Le groupe en restructuration a besoin d’une orientation stratégique claire et d’un leadership, commente la banque Citigroup.
Home Depot (matériaux de construction)
Après une hausse de 48 % depuis le début de l’année qui l’a porté à un sommet, le consensus des analystes ne voit plus de potentiel d’appréciation pour le quincailler Home Depot malgré la fragile reprise de la construction aux États-Unis.
Intel (microprocesseurs)
Les experts de la Deutsche Bank croient qu’Intel est prêt pour un retour à la croissance des revenus en 2013 malgré les vents contraires. Le fabricant de microprocesseurs a appliqué « la médecine de GM » à ses usines les moins productives, note-t-on.
International Business Machines (matériel, logiciel et services informatiques)
IBM, la plus grosse composante du Dow Jones avec une pondération de plus de 11 %, s’est légèrement appréciée depuis le début de l’année malgré des résultats décevants. L’analyste Shaw Wu de la firme californienne Sterne Agee entrevoit une forte production avec les nouveaux processeurs Power7+, les serveurs haut de gamme System z et la famille d’ordinateurs centraux PureSystems.
Johnson & Johnson (médicaments et produits d’hygiène)
Herman Saftlas de S & P Capital IQ, à l’instar de 18 de ses collègues, prévoit une poursuite de la croissance boursière de J & J grâce à la forte consommation de médicaments et un retour prévu de la demande des produits pour la maison. L’entreprise, comme bien d’autres de l’indice Dow Jones, peut compter sur un riche trésor de guerre, en ce cas de près de 20 milliards, note l’analyste de S & P.
JPMorgan Chase (services financiers)
Porté par le redressement du marché immobilier, la première banque américaine est recommandée par 29 des 42 analystes qui s’y intéressent. Le rendement escompté est à la hauteur du risque. Le titre, qui a repris 25 % de sa valeur depuis le début de l’année, a décroché ces derniers jours alors que le « mur fiscal » se matérialise à Washington.
McDonald’s (restauration)
Les analystes « M » McDonald’s même si le marché fait toujours la fine bouche. Le titre est en baisse de 13 % depuis le début de l’année en raison de l’affaiblissement de l’économie tant aux États-Unis qu’en Europe et en Asie. La Deutsche Bank croit cependant que les gains de parts de marché vont atténuer le recul des affaires en Europe qui génère maintenant 40 % des profits pour McDo.
Merck & Co. (pharmacie)
Le groupe pharmaceutique a fait presque trois fois mieux que le Dow Jones depuis le début de l’année et s’est gagné l’estime de la communauté financière en surpassant les attentes. L’agence S & P Capital IQ voit des médicaments innovants et un bon contrôle des coûts soutenir une croissance robuste à partir de 2014. D’ici là, les résultats pourraient souffrir de l’expiration du brevet Singulair, un traitement contre l’asthme, aux États-Unis, note-t-on.
Microsoft (logiciel)
Les paris sont ouverts sur les chances de Microsoft d’attaquer le marché des tablettes avec sa Surface. Wu Shaw de Sterne Agee craint que le nouveau produit de Microsoft cannibalise ses partenaires avant de faire mal à Apple. Le marché surveille aussi l’accueil du nouveau système d’exploitation Windows 8 et de sa version mobile. Trente analystes recommandent l’achat du titre, 12 suggèrent de le conserver et un est carrément vendeur.
Pfizer (pharmacie)
Après la perte de son brevet sur le Lipitor traitant le cholestérol, Pfizer est entrée dans une phase de revue stratégique de ses avoirs qui l’a conduit à céder sa division de nutrition infantile à Nestlé. Le groupe pharmaceutique veut aussi liquider en Bourse une part minoritaire de sa division de santé animale, nommée Zoetis. Le PAPE (premier appel public à l’épargne) tarde cependant en raison de la faiblesse du marché. Entre temps, les droits sur le Viagra viennent de lui échapper au Canada.
Procter & Gamble (produits d’hygiène et cosmétiques)
Proctor & Gamble perd des parts dans ses marchés les plus rentables, note la Deutsche Bank. Le rétablissement de ses affaires aux États-Unis est la clé d’une reprise soutenue, ce qui implique l’amélioration de la productivité pour baisser les prix et réinvestir en publicité, prescrivent les analystes de la banque allemande.
The Travelers Companies (assurance)
L’assureur de dommages a réalisé un bénéfice opérationnel record au troisième trimestre à la faveur d’une hausse des tarifs sur l’ensemble de ses produits et d’une forte baisse des pertes liées aux catastrophes naturelles. Le titre a perdu son bel élan en Bourse après le passage désastreux de l’ouragan Sandy sur la côte est américaine.
United Technologies (aérospatiale, défense)
Les derniers résultats de United Technologies au dernier trimestre ont déçu l’analyste Joseph Nadol de la firme J.P. Morgan. Le marché aéronautique d’après-vente a été particulièrement faible, notamment chez le motoriste Pratt & Whitney, note-t-il. L’analyste voit un potentiel d’appréciation de 25-30 % pour le stock d’ici 2014, mais le conglomérat américain devra pour cela recouvrer ses principaux marchés et bien intégrer l’équipementier Goodrich.
UnitedHealth Group (santé)
L’assureur médical UnitedHealth est considéré comme un des principaux bénéficiaires de la réforme des soins de santé aux États-Unis. « Cependant, il y a encore des défis à relever et il est possible le président Obama doive faire un peu de bricolage dans le cadre des négociations budgétaires », note la firme S & P Capital.
Verizon (télécommunications)
L’ouragan Sandy a durement frappé les installations de Verizon qui ne pourra tenir le rythme de progression « à deux chiffres » de sa rentabilité enregistré les trois derniers trimestres grâce à ses performances « records » dans le mobile. Les deux tiers des analystes s’en tiennent à recommander de maintenir le titre, qui profite de multiples boursiers supérieurs à la moyenne.
Wal-Mart Stores (grande distribution)
Entre chômage en hausse et pouvoir d’achat en baisse, la crise économique pousse les clients dans les supermarchés de Wall-Mart. Les investisseurs trouvent aussi refuge dans le titre, en hausse de 23 % depuis le début de l’année. « D’une certaine manière, c’est de l’or », de commenter David Abella, de Rochdale Investment Management, en entrevue à l’agence Bloomberg.
Walt Disney (divertissement)
La confiance règne du côté de Walt Disney. Et pour cause, après une année de résultats financiers record et un bond de 35 % en Bourse, l’entreprise s’engage à poursuivre sa croissance avec le rachat récent de LucasFilm et de la franchise de Star Wars.
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