
AFP PHOTO /JOE KLAMAR
Le marché boursier est-il plus prometteur aux États-Unis qu’au Canada ? Dans l’attente des résultats des élections présidentielles américaines, voici les observations de deux experts:
Jean-Luc Landry, président et chef de la direction de Gestion de Portefeuille Landry, croit que les actions américaines représentent les meilleures perspectives par rapport au risque.
«Le présent cycle haussier de la bourse américaine qui a commencé en mars 2009 est assez avancé. Il dure depuis trois années et la hausse totale a été de 130% jusqu’ici, mais ceci ne veut pas nécessairement dire que la hausse est terminée. Habituellement, la bourse monte tant que le cycle économique est en expansion et un cycle d’expansion économique ne meurt pas de vieillesse. Il faut qu’un choc externe se produise pour précipiter la contraction. Durant les soixante dernières années, deux types de chocs ont précipité une récession : soit une politique monétaire restrictive ou une violente hausse du prix du pétrole, ou les deux en même temps. Le prix du pétrole est élevé en ce moment, mais il a eu plutôt tendance à baisser au cours des derniers mois tandis que la politique monétaire est très expansionniste partout dans le monde. En fait, en quarante années d’observation de la politique monétaire un tel rythme d’expansion des réserves bancaires ne s’est jamais vu.
«Malgré la bonne tenue de l’économie, la bourse canadienne n’a pas donné de résultats supérieurs à la moyenne depuis un an. Ceci tient à la relative faiblesse du prix des ressources naturelles conjuguée au fait que le dollar canadien se maintient à un niveau trop élevé pour permettre une expansion des exportations de produits manufacturés. Ces deux facteurs agissent comme un étau qui force un resserrement des marges bénéficiaires des entreprises canadiennes.
«Le prix des ressources naturelles dépend essentiellement du niveau de l’activité économique mondiale et les perspectives à ce sujet sont plutôt modérées, ce qui ne laisse pas entrevoir une hausse importante du prix des ressources naturelles. Les actions canadiennes demeurent donc plus risquées que les actions américaines en ce moment.»
Ed Sollbach, stratège chez Valeurs mobilières Desjardins, croit que les actions canadiennes devraient continuer de surperformer les américaines.
«Les défis qui menacent l’économie américaine ne sont pas un secret, y compris le “mur budgétaire” avec cette combinaison de hausses d’impôts et de réductions de dépenses équivalant à 4% du PIB entrant en vigueur le 1er janvier 2013, qui jetteront l’économie américaine en récession. De plus, il y a les incertitudes concernant les taux d’imposition, en particulier sur les dividendes et les gains de capitaux pour les investisseurs qui pourraient augmenter à 43% et 24%, respectivement, par rapport à 15% actuellement, et la taxe générale augmentera de 4%.»
«À titre de comparaison, le Canada semble attrayant avec un gouvernement majoritaire, et des conditions politiques et fiscales connues pour les prochaines 2,5 années. Les actions du TSX, spécialement les télécommunications, les services publics et les services financiers, sont une option attrayante jusqu’à ce que l’élection américaine soit conclue et les questions fiscales falaises résolues.»
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