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Le géant de l’internet Google a choqué le marché aujourd’hui avec l’annonce, plus de trois heures plus tôt que prévu, de résultats financiers nettement inférieurs aux attentes, pour le troisième trimestre. Le titre a dévissé de plus de 10% avant d’être suspendu pour deux heures et demie.
Le communiqué des résultats a été transmis par erreur par l’imprimeur RR Donnelley au registre électronique de la commission des valeurs américaines, la SEC, en début d’après-midi. On y trouvait d’ailleurs la mention «citation en attente de Larry» en lieu et place des commentaires du président, Larry Page.
Le marché s’est aussitôt emballé devant les chiffres décevants. L’action a plongé de 750$US jusqu’à 676$ en quinze minutes de ventes frénétiques. Le titre a pu effacer une partie de ses pertes à la reprise des échanges en fin de séance. À 695$ en clôture, les gains des quatre dernières semaines sont effacés. La capitalisation boursière fond de près de 20 milliards $ ce qui ramène Google derrière Microsoft à ce jeu.
La suspension des transactions est survenue à la demande de Google qui a livré la version finale de son communiqué trimestriel, après la fermeture des marchés, comme prévu.
Le bénéfice net du groupe s’est effondré de 20% à 2,2 milliards$. Le bénéfice ajusté par action ressort à seulement 9,03$, nettement en dessous des attentes du marché qui misait sur 10,65$. Cela exclut les coûts comptables liés à la rémunération en actions des dirigeants et les frais liés à l’acquisition du fabricant de téléphones Motorola Mobility pour 12,5 milliards.
Google a en revanche réussi à augmenter son chiffre d’affaires de 45% au dernier trimestre, à 14,1 milliards, quand le marché attendait seulement 11,9 milliards. En excluant les ristournes aux sites internet qui génèrent du trafic pour les publicités de Google, les revenus se chiffrent à 11,3 milliards.
La popularité croissante des tablettes et téléphones intelligents nuit à la rentabilité de Google, note l’analyste Colin Gillis de la firme new-yorkaise BGC Partners. Ses tarifs publicitaires sont moitié moins élevés pour ces plateformes que pour les ordinateurs de bureaux. Les tarifs pour les «clics» ont par ailleurs baissé pour le quatrième trimestre consécutif. «Les activités principales ralentissent », conclut M. Gillis.
Avis contraire de l’analyste Colin Sebastian de la firme Baird Equity Research, de Milwaukee, selon qui les activités principales vont moins mal qu’elles ne paraissent, même si elles ne satisfont pas les attentes. Les pertes de change, souligne-t-il, comptent pour 571 millions, deux fois plus qu’escompté, ce qui suggère que la croissance organique, de l’ordre de 25%, s’est presque maintenue du deuxième au troisième trimestre. Il note que Google ne risque pas de prévisions sur ses résultats, ce qui ajoute de la volatilité lors de leur publication et élargit le spectre des analystes comme lui.
La déprime a par ailleurs gagné l’ensemble des titres technologiques. Le marché Nasdaq, où ils se concentrent, a lâché 1% de sa valeur, aujourd’hui
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