Le blogue des marchés

Archive, octobre 2012

Mercredi 31 octobre 2012 | Mise en ligne à 17h50 | Commenter Commentaires (4)

Le calme après la tempête

Photo REUTERS/Brendan McDermid

Photo REUTERS/Brendan McDermid

Les marchés boursiers américains ont repris leurs activités tant bien que mal, mais de façon plus ordonnée qu’anticipé, aujourd’hui, après deux jours consécutifs de paralysie occasionnée par le passage de l’ouragan Sandy.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a fait sonner la traditionnelle cloche d’ouverture, à 9 heures 30, indiquant que la Bourse comme sa ville étaient maintenant opérationnelles malgré les intempéries des derniers jours. La grande Bourse américaine loge dans la partie sud de Manhattan particulièrement touchée par les intempéries et confrontée à une rupture de courant quasi totale, encore hier.

«Je suis heureuse de voir que les marchés financiers nationaux ont pu reprendre leurs activités en dépit des dégâts subis à cause de l’ouragan Sandy», s’est félicitée Mary Schapiro, présidente de la Securities Exchange Commission, dans un communiqué.

Les marchés étaient opérationnels certes, mais pas à plein rendement, d’où probablement les volumes de transactions moins élevés que craint. Nombre de courtiers et autres salariés du secteur de la finance à New York étaient encore coincés chez eux en raison des problèmes de transports dans la ville. La firme Knight Capital a notamment été mise hors jeu en cours de séance à la suite d’une défaillance électrique.

Sur le parquet, alimenté par des groupes électrogènes, certains écrans étaient toujours noirs, pouvait-on constater. Les communications par Internet et téléphones mobiles étaient limitées sur le parquet. La plateforme électronique de transactions BBSS (Broker Booth Support System) fonctionnait normalement cependant que les commandes entrant par Internet devaient y être redirigées.

«On doit être l’un des seuls immeubles au sud de Midtown disposant d’eau, de lumière et de nourriture», a noté sur le ton de la plaisanterie le directeur de NYSE Euronext, Duncan Niederauer, sur les ondes de la chaîne financière CNBC.

Les marchés étaient plus hésitants qu’erratiques comme appréhendé. Le Dow Jones a rouvert en hausse jusqu’à atteindre 13 189 points avant de se retourner et toucher un bas de 13 052 en milieu de séance puis remonter jusqu’à 13096 en clôture, un recul minime d’une dizaine de points comparé à vendredi. Quelque 138 millions d’actions ont changé de main, ce qui se compare à l’activité des séances pré-Sandy, sans plus. De son côté, le Nasdaq, à dominante technologique, est demeuré en territoire négatif presque toute la séance et a terminé en retrait d’une dizaine de points également, à 2977.

«Cette séance a manqué totalement de conviction», a résumé Gregori Volokhine, de Meeschaert New York, en entrevue à l’AFP.

Comme prévu, les compagnies d’assurance ont été malmenées en raison des coûts potentiels de la dévastation des ouragans sur la côte Est, mais les banques ont bien performé alors que les affaires reprenaient après deux jours d’arrêt. Les premières estimations des dégâts assurés vont de 5 à 10 milliards$.

La firme Travelers Cos. a été la plus touchée des 30 composantes du Dow Jones avec une baisse de près de 1%. Tous les assureurs ne partageaient cependant pas la même infortune. Allstate, American International Group, Prudential Financial et MetLife sont pratiquement demeurés inchangés.

Annoncé pendant la fermeture exceptionnelle de Wall Street, le remaniement à la tête d’Apple était sanctionné par les investisseurs à la reprise des transactions boursières. Apple a annoncé lundi le départ de deux de ses dirigeants, dont le responsable de son système d’exploitation pour mobiles critiqué pour la substitution ratée de l’application de cartographie de Google par un produit maison, sur le nouveau système d’exploitation de l’iPhone. Le titre a perdu 1,4% à 595,32$US.

Facebook a chuté de 3,79% à 21,11$ après avoir fortement augmenté la semaine précédente et alors qu’une période de blocage des ventes de titres pour certains actionnaires arrivait à expiration ajoutant au volume d’actions en circulation.

Du côté des gagnants, la chaîne Home Depot s’est démarquée tout au long de la séance avec un gain de 2,3% au final. Les centres de rénovation tels que Home Depot et dans une moindre mesure Lowe’s (+0,03%) devraient profiter des travaux de reconstruction dans les zones traversées par Sandy.

Sur les places boursières canadiennes, les titres ont en général bien fait tandis que les volumes revenaient à la normale des dernières semaines. Quelque 178,3 millions d’actions ont changé de main pour une valeur de 2,7 milliards $.

La suspension des transactions à Wall Street, lundi et mardi, était la première fermeture non prévue des marchés américains depuis septembre 2001, et la première interruption sur deux jours de suite en raison d’intempéries depuis les 12 et 13 mars 1888, quand la ville de New York avait été ensevelie sous la neige.

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Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 14h07 | Commenter Aucun commentaire

Sandy laisse Toronto sans direction

Photo Bloomberg News

Photo Bloomberg News

La fermeture de Wall Street en raison du cyclone Sandy rend depuis deux jours apathiques et sans direction claire, tant les marchés canadiens qu’européens, signe de la dominance traditionnelle du Dow Jones.

La Bourse de Toronto n’a transigé que 147 millions d’actions pour une valeur de 2,4 milliards $, lundi. Cela représente près du tiers du volume moyen habituel pour ce marché. La première place boursière canadienne aurait théoriquement pu accaparer plus d’affaires, vu le nombre de titres interlistés. Mais les joueurs faisaient manifestement défaut.

Le marché canadien est surtout sur le qui-vive, faute de tendance en provenance de Wall Street. L’indice global S&P TSX n’a varié que de 0,1% lundi et de 0,6%, ce matin.

L’activité demeure par contre à un bon niveau à la Bourse Venture des titres de croissance, plus indépendante de l’activité et des humeurs de Wall Street. Quelque 125 millions d’actions d’une valeur totale de 39 millions$ ont changé de main lundi. C’est plus proche de l’activité habituelle. L’indice de ce marché, en recul de 0,7% lundi, reprenait 0,5% ce matin pour des raisons qui lui sont propres.

Il en va traditionnellement ainsi quand les salles de marché américaines sont au repos ces jours fériés qui sont uniques aux Américains comme le 4 juillet.

En Europe, la Bourse de Paris a péniblement attiré un milliard d’euros de transactions lundi, du fait de la fermeture de la Bourse de New York. Ce chiffre n’est pas très éloigné du plus bas atteint le 27 décembre 2011 (724,86 millions). De son côté, le volume sur le Dax de Francfort a atteint moins de 2 milliards d’euros lundi, près de deux fois moins que la moyenne quotidienne de la semaine dernière.

Le volume d’activité fond aussi traditionnellement de près de la moitié en Europe quand le plancher de Wall Street est fermé. La dépendance envers New York pour ce qui est de pointer les tendances serait par contre moins forte qu’avant, selon des analystes européens, en raison de la montée en puissance de Londres. La crise de la dette en zone euro fait aussi en sorte de décorréléer les marchés européens.

Il faut dire que la Bourse de New York est la première au monde. Au-delà de leur force de frappe, les grands investisseurs américains exercent une très forte influence sur le reste du monde.

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Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 11h33 | Commenter Commentaires (3)

SNC participera au programme nucléaire britannique

Photo AFP

Photo AFP

Le groupe SNC-Lavalin, de Montréal, participera au programme nucléaire du gouvernement du Royaume-Uni. Le titre est en hausse de plus de 3%, dans un marché autrement terne, ce matin à la Bourse de Toronto avec la conclusion de cette course initiée en mars dernier.

Son partenaire, le géant américano-japonais GE Hitachi, a acheté pour 1,1 milliard $ US la société Horizon Nuclear Power qui veut construire de nouvelles centrales dans le sud-ouest de l’Angleterre et au Pays de Galles, rapporte l’agence Bloomberg. La transaction sera finalisée le mois prochain et implique six nouveaux réacteurs nucléaires sur les deux sites de Grande-Bretagne, selon un communiqué de Hitachi.

SNC-Lavalin s’est alliée à Hitachi dans l’espoir de participer aux projets d’Horizon. L’autre entreprise en lice était l’américain Westinghouse Electric, filiale du japonais Toshiba. Les anciens propriétaires d’Horizon, les firmes allemandes RWE et EON, se retirent alors que Berlin ferme ses propres centrales nucléaires sur son territoire.

En faisant équipe avec GE Hitachi, SNC laisse entrevoir que ce ne sera pas la technologie CANDU, acquise l’an dernier par l’entreprise montréalaise, qui sera mise de l’avant pour Horizon. GE Hitachi dispose en effet de sa propre technologie nucléaire. On trouve actuellement des réacteurs CANDU au Canada, en Corée du Sud, en Roumanie, en Inde, au Pakistan, en Chine, à Taïwan et en Argentine.

Le Groupe SNC-Lavalin n’avait pas encore confirmé la nouvelle sur son site, hier midi. L’entreprise dévoilera ses résultats du troisième trimestre, vendredi prochain, le 2 novembre, à 14 heures.

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