Le blogue des marchés

Archive, juin 2012

Samedi 30 juin 2012 | Mise en ligne à 12h30 | Commenter Commentaires (8)

Les 10 grands gagnants du premier semestre

REUTERS/Christinne Muschi

REUTERS/Christinne Muschi

Le jeu des fusions et acquisitions a couronné les rois et reines à la Bourse, au dernier semestre. Même que l’on retrouve autant des prédateurs que des proies parmi les titres vedettes pour cette période qui a pris fin vendredi, à la Bourse de Toronto.

La composante en plus forte croissance du S&P TSX ces derniers six mois est en fait une entreprise de l’Illinois depuis son déménagement en 2007. SXC Health Solutions affiche un gain de 76,5% en six mois. L’entreprise, qui a conclu deux acquisitions majeures en avril dernier, est le quatrième gestionnaire de médicaments pour les employeurs et les assureurs aux États-Unis. Fondée à Milton en Ontario, elle était précédemment connue sous le nom de System Xcellence.

Vient ensuite la société pétrolière et gazière albertaine Progress Energy Resources dont le titre marque une hausse de 51,6% à la suite de l’offre publique d’achat amicale toute récente de l’entreprise malaisienne Petronas. Le titre de l’entreprise de Calgary a bondi de 77% à l’annonce de l’offre. Il aurait autrement fini le semestre dans le rouge boursier comme toutes les autres entreprises pétrolières.

Le numéro trois avec une augmentation boursière de 50,4% est le manutentionnaire de grains canadien Viterra qui fait l’objet d’une offre d’achat de la société helvétique Glencore, une transaction évaluée à 6,1 milliards. L’entreprise de Calgary s’attend à ce que la transaction soit conclue d’ici la fin juillet, mais précise que cela pourrait changer.

Vient ensuite l’entreprise montréalaise Vêtements de sport Gildan avec un gain de 46,4% pour la période. Le fabricant de t-shirts n’est pas inactif lui non plus dans le jeu des fusions et acquisitions. Il a conclu ce printemps l’acquisition du fournisseur américain de t-shirts et de chandails sport Anvil pour un prix d’achat total d’environ 88 millions US. Cette acquisition lui permet d’accroître sa part de marché dans le réseau de distribution aux États-Unis. Sa progression boursière est par contre davantage attribuable à la stabilisation du prix du coton et à un marché meilleur qu’escompté pour les t-shirts et sous-vêtements.

Le titre du fabricant ontarien de pièces d’automobiles Linamar a pour sa part rebondi de 40,9% ce semestre à la faveur principalement de ventes records et d’une grande rentabilité. Linamar fournit des groupes motopropulseurs et des transmissions aux constructeurs automobiles en Amérique du Nord et en Europe.

Autre prédateur qui a la cote, Alimentation Couche-Tard s’est apprécié de 40,3% à la faveur de l’acquisition à prix d’aubaine de la chaîne Statoil Fuel & Retail. Le détaillant québécois vient à peine de concrétiser l’acquisition de la chaîne norvégienne convoitée qu’il envisage déjà une autre transaction majeure. Jadis méconnu en Europe, Couche-Tard est sous les feux des projecteurs là aussi depuis l’acquisition de Statoil contre 2,7 milliards.

Pour sa part, Astral Média a pris 37,6%, progression presque entièrement imputable à l’offre d’achat en cours de 3,4 milliards en espèces et en actions soumise par le géant des télécommunications du Canada, BCE. Astral est la plus importante entreprise de télévision payante et spécialisée au Canada.

Vient ensuite Dollarama en hausse de 37,5%. Les marchés ont applaudi les derniers résultats financiers de Dollarama avec sa formule gagnante de ventes de produits à petits prix. L’entreprise offrira bientôt une variété de produits, autres que d’épicerie, à des prix fixes de 2,50$ et 3$. Pour le trimestre écoulé, plus de la moitié des ventes provenaient déjà de produits coûtant plus de 1$, comparativement à 44% pour le trimestre précédent.

L’envolée de WestJet (”36,8%) suit pour sa part la progression tout aussi régulière des affaires. Le deuxième transporteur aérien canadien, dont le coefficient d’occupation atteint 79,2 p. cent, vient d’ouvrir les hostilités avec Air Canada sur le marché transfrontalier des gens d’affaires en lançant son service de liaison entre Toronto et l’aéroport LaGardia de New York.

Le numéro dix du top 10 est aussi un prédateur. Le producteur d’engrais Agrium, en hausse de 31,9% pour la période, a conclu une entente, plus tôt cette année, pour s’emparer d’une participation de 90% dans plus de 270 centres agricoles du manutentionnaire de grains Viterra (incidemment, le numéro deux de cette compilation), entre autres actifs.

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Vendredi 29 juin 2012 | Mise en ligne à 10h12 | Commenter Commentaires (3)

RIM tombe en vrille

Photo REUTERS/Mark Blinch

Photo REUTERS/Mark Blinch

L’entreprise torontoise Research in Motion a perdu près d’un milliard en valorisation boursière en quelques minutes, ce matin.

À l’ouverture du marché à Toronto, le titre RIM est tombé jusqu’à 7,88$, une chute de 17 p. cent par rapport à la fermeture jeudi. Cela porte de 5,0 milliards$ à 4,1 milliards$ sa valorisation boursière.

RIM avait clôturé en hausse de deux cents, à 9,46$CAN, dans un marché tout aussi stable, jeudi. C’était avant l’annonce des résultats financiers désastreux. À la Bourse NASDAQ à New York, où les échanges se sont momentanément poursuivis après l’annonce de RIM, l’action de RIM a perdu 16%, à 7,71$US avant d’être suspendue.

Ce matin, des analystes n’hésitent pas à envisager un scénario de faillite même si l’entreprise est toujours riche de 2 milliards $ en caisse et a toujours dans sa manche une nouvelle génération de téléphone intelligent, le BlackBerry 10, dont le lancement est reporté au premier trimestre de 2013.

«Nous croyons que l’entreprise doit être prudente avec ses liquidités au risque de faire face à la banqueroute», de commenter Shaw Wu de la firme d’analyse américaine Sterne, Agee & Leach. L’analyste note un élément positif dans les derniers résultats financiers de RIM: les activités américaines, qui comptent pour le quart des recettes, montrent des signes de stabilisation après six trimestres de recul. Les services aux entreprises sont également en légère progression.

La déception des analystes financiers est manifeste. Ils sont maintenant 18 à recommander carrément la vente du titre, 28 conseillent de détenir le titre et deux seulement sont acheteurs au niveau de prix actuel, selon Bloomberg. Avant la publication des résultats, l’agence d’informations financières recensait 29 recommandations d’analystes en faveur d’un maintien de position,15 vendeurs et quatre acheteurs.

Le fleuron canadien n’est déjà plus que l’ombre de lui-même après avoir dévissé de près de 95 p. cent par rapport à son sommet boursier à l’été 2008. Le titre a abandonné plus des deux tiers de sa valeur au cours des 12 derniers mois seulement.

Research in Motion a annoncé hier la suppression de 5000 emplois à travers le monde, soir près du tiers de ses effectifs. Le fabricant du téléphone BlackBerry espère ainsi sauver 1 milliard $ alors que les pertes se creusent dangereusement. Le premier trimestre du nouvel exercice s’est soldé par un déficit de 518 millions $US, soit presque un dollar par action.

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Jeudi 28 juin 2012 | Mise en ligne à 18h29 | Commenter Commentaires (2)

Research in Motion déçoit

Photo Aaron Vincent / PC

Photo Aaron Vincent / PC

Le fleuron technologique canadien Research in Motion (RIM) supprime 5000 emplois à travers le monde et reporte le lancement de la prochaine génération de son téléphone intelligent. Le fabricant du téléphone BlackBerry espère ainsi sauver 1 milliard $ alors que ses pertes se creusent dangereusement.

Le premier trimestre du nouvel exercice s’est soldé par un déficit de 518 millions $US, soit presque un dollar par action. RIM avait prévenu le 29 mai dernier qu’elle s’alignait sur une perte d’exploitation. Les analystes avaient alors révisé leur cible d’un large bénéfice de 43 cents par action à une perte de quelques cents seulement, selon le dernier sondage de l’agence Thomson Reuters. Déception.

Le même panel prévoyait une chute des revenus à 3,1 milliards $ pour les derniers trois mois d’affaires. Déception ici encore: RIM affiche des recettes de 2,8 milliards seulement, en chute du tiers par rapport au trimestre précédent. Seulement 7,8 millions de BlackBerry, moitié moins que l’an dernier, et 260 000 tablettes numériques PlayBook ont été écoulés durant le trimestre.

«Je ne suis pas satisfait de ces résultats», a lancé le nouveau président et chef de la direction, Thorsten Heins qui annonce des mesures énergiques pour redresser la situation à commencer par l’élimination de 5000 emplois, un peu moins du tiers des effectifs, d’ici le printemps prochain. Il y aura réduction du management, recours à la sous-traitance et concentration de la production en trois usines plutôt que dix, notamment. Cette restructuration implique des frais exceptionnels de 350 millions $ pour l’exercice.

Le lancement du nouveau système d’exploitation BlackBerry 10 attendu à l’automne est par ailleurs reporté au premier trimestre de 2013. «L’équipe de développement de RIM est concentrée sur la qualité et la fiabilité de la plateforme et je ne ferai aucun compromis pour livrer le produit avant qu’il ne soit fin prêt», a posé M. Heins. Les analystes souhaitaient que le BB10 devance la cinquième génération du iPhone d’Apple attendue vers la fin de l’année.

Parallèlement, l’entreprise dit poursuivre «activement» avec ses conseillers financiers l’analyse des meilleurs moyens pour mettre en valeur ses éléments d’actif. La rumeur veut que l’entreprise de Waterloo, en Ontario, puisse scinder ses activités, scénario qui rend toutefois perplexe plus d’un analyste. «Mais peut-être que RIM doit vraiment se départir des appareils, à n’importe quel prix», note Alexander Peterc de Exane BNP Paribas. Selon lui, l’absence de prédateur au niveau de prix actuel est «inquiétante pour ne pas dire davantage».

L’entreprise se fait forte par ailleurs d’avoir toujours en caisse plus de 2 milliards de dollars. Elle peut toujours aussi compter sur la fidélité de 78 millions d’abonnés. Cette base, étonnamment stable, compte pour 85 p. cent des revenus et génère les marges bénéficiaires les plus élevées.

RIM prévient néanmoins que le trimestre en cours qui prendra fin en août sera aussi déficitaire. L’analyste Shaw Wu de la firme américaine Sterne Agee & Leach note d’ailleurs que les fournisseurs de RIM ont réduit de manière marquée leurs opérations dans l’attente de l’introduction maintenant retardée du téléphone intelligent BlackBerry 10.

À la Bourse de Totonto, RIM a clôturé en hausse de deux cents, à 9,46$CAN, dans un marché tout aussi stable. C’était avant l’annonce des résultats. L’action de RIM perdait 16% à la Bourse du Nasdaq à New York, à 7,71 USD, après ces résultats nettement inférieurs aux attentes du marché. Le fleuron canadien n’est déjà plus que l’ombre de lui-même après avoir dévissé de près de 95 p. cent par rapport à son sommet boursier à l’été 2008. Le titre a abandonné les deux tiers de sa valeur au cours des 12 derniers mois seulement. Il pèse maintenant moins de 5 milliards $ en Bourse.

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