Le blogue des marchés

Archive, mai 2012

Jeudi 31 mai 2012 | Mise en ligne à 15h52 | Commenter Un commentaire

CGI-Logica: les analystes applaudissent

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Les analystes voient d’un bon oeil l’acquisition par le groupe montréalais CGI de son concurrent européen Logica au terme d’une offre publique amicale de 2,8 milliards $ qui pourrait créer une entreprise d’envergure mondiale.

Les analystes soulignent généralement le prix d’aubaine obtenu par CGI à la faveur de la baisse relative de l’euro et de la chute du marché boursier européen ces derniers mois. «Une transaction stratégiquement cohérente, impeccablement prévue», commente l’analyste Ralph Garcea de la firme torontoise NCP Northland Capital Partners.

Le prix offert représente un multiple boursier de 8,8 fois les profits de Logica et 6,1 fois les profits avant intérêts, impôts et amortissement, des multiples comparables à ceux de CGI, note l’analyste Hubert Mak de la firme torontoise Cormark Securities. Compte tenu des 50 cents additionnels que la transaction devrait apporter au profit par action de CGI dès l’an prochain, l’analyste ajoute du coup 5$ à sa cible de prix pour le titre, portée à 30$ pièce. Cela, sans compter les synergies possibles.

L’analyste qui suit le titre depuis plus de dix ans souligne que CGI gère de mieux en mieux ses acquisitions et il ne craint donc pas le «risque d’intégration» même si Logica est plus grand que CGI. Thanos Moschopoulos, de BMO Marchés des capitaux, souligne à ce propos l’acquisition fructueuse de Stanley en 2010. CGI a remporté le prix de la transaction de l’année de l’Association for Corporate Growth National Capital pour son acquisition de la firme américaine active auprès d’agences fédérales dans les domaines de la défense, du renseignement et des activités civiles.

Les analystes voient plutôt d’un bon oeil la diversification verticale obtenue par CGI mais s’inquiètent un peu plus pour sa diversification géographique en Europe. «Le seul risque vient des problèmes des économies européennes», observe Keith Farrant, gestionnaire de portefeuille chez la firme française Claret, qui rappelle du même coup que c’est pourquoi CGI paie un si bas prix. «La transaction augmente le profil de risque de CGI» note aussi M. Moschopopoulos, selon qui le marché européen comptera dorénavant pour 60 p. cent des revenus de CGI. L’entreprise tire actuellement 52 p. cent de ses revenus des États-Unis, 42 p. cent de ses activités canadiennes et 6 p. cent seulement de l’Europe.

L’entreprise de services informatiques était déjà sur la liste d’achat de 13 des 20 analystes qui suivent le titre, avant l’annonce de la mégatransaction. Six s’en tenaient alors à une recommandation de «maintenir» et aucun n’était vendeur.

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Jeudi 31 mai 2012 | Mise en ligne à 10h23 | Commenter Aucun commentaire

CGI bondit à l’ouverture des marchés

Photo archives La Presse

Photo archives La Presse

Réactions fortes à l’annonce de l’acquisition par le groupe montréalais de services informatiques CGI de son concurrent européen Logica au terme d’une offre publique amicale de 2,8 milliards $ afin de créer une entreprise d’envergure mondiale.

Les actions de CGI ont bondi de près de 15 % pour atteindre jusqu’à 25,03$ à l’ouverture du marché torontois ce matin. Le titre cotait à 23,56$ pièce à 10 heures, en hausse de 2,55$ sur le cours de fermeture d’hier.

CGI était déjà sur la liste d’achat de 13 des 20 analystes qui suivent le titre, avant l’annonce de la mégatransaction. Six s’en tenaient alors à une recommandation de «maintenir» et aucun n’était vendeur.

Les actionnaires de Logica recevront une prime de 59,8% par rapport au dernier cours coté de la valeur. Le conseil d’administration de Logica a accepté la proposition, dont les termes ont été jugés «justes et raisonnables». Il recommande par conséquent aux actionnaires d’approuver l’opération.

Les membres du conseil d’administration et les sociétés d’investissement Schroder et Artemis se sont engagés à tendre leurs titres à CGI. Cela représente 18,19% du capital de la société britannique.

CGI précise vouloir financer l’opération par la combinaison d’une augmentation de capital réservée à la Caisse de dépôt et placement du Québec et d’un crédit ouvert par trois grandes banques canadiennes.

A la Bourse de Londres, les actions de Logica ont, en toute logique, bondi de 64,2% à 107,9 pence vers 09H40 GMT, dans un marché en hausse de 0,8%. Les actionnaires de Logica recevront 105 pence au comptant pour chacune de leurs action.

Le marché réagit-il trop fortement à la nouvelle ou CGI profite-t-elle enfin de la reconnaissance des milieux financiers pour son sens des affaires ?

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Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 17h08 | Commenter Commentaires (6)

Bombardier à la Bourse de New York ?

Photo fournie par Bombardier

Photo fournie par Bombardier

L’idée de voir Bombardier s’inscrire à la cote d’une bourse américaine est bien reçue dans les milieux financiers qui espèrent toute initiative qui aurait pour effet de tirer le titre des bas fonds.

«Cela améliorerait grandement leur visibilité. J’espère qu’ils vont aller de l’avant», a commenté pour La Presse, l’analyste Alex Hamilton de la firme de courtage new-yorkaise EarlyBirdCapital.

«Nous croyons fermement que l’inscription aux États-Unis augmenterait la visibilité de Bombardier et serait un facteur positif pour le prix de l’action. Mais ce catalyseur serait encore renforcé avec une croissance des affaires et des bénéfices. La clef sera le rendement de la CSeries ainsi que d’autres projets en développement. En conséquence, il est peu probable que nous verrons une inscription aux États-Unis de sitôt», commente pour sa part Walter Spracklin de RBC Marchés des capitaux.

L’entreprise fondée à Valcourt il y a plus de sept décennies envisage de s’inscrire à une bourse américaine lorsque certains de ses projets auront décollé, a affirmé mardi son président et chef de la direction, Pierre Beaudoin, à l’issue d’une présentation à Toronto. Il voit peu de possibilités de réalisation des autres mesures proposées depuis quelques années pour redonner de la valeur aux actions de la multinationale, dont la possibilité que la famille fondatrice cède le contrôle — c’est «non»— ou que le groupe soit scindé en deux divisions, l’une ferroviaire l’autre aéronautique.

En entrevue au Financial Post, M. Beaudoin n’a pas précisé d’échéancier concernant l’inscription sur une bourse américaine, une idée déjà évoquée l’été dernier. Il a seulement indiqué que cela se produirait vraisemblablement lorsque des projets en développement, comme les jets d’affaires Learjet et Global, le train à haute vitesse Zefiro et la CSeries, commenceront à donner des résultats. « Il faut avoir un peu de vent dans les voiles», a-t-il ajouté.

Bombardier peut aspirer à la grande Bourse de New York. Le titre passe l’épreuve du cours minimum de 3$ depuis au moins deux ans, avec un bas de 3,50$ durant cette période. L’entreprise est aussi admissible malgré sa structure double de capital. Bombardier a deux classes d’actions ordinaires permettant à la famille Beaudoin de contrôler 54% des droits de vote de l’entreprise avec seulement 14% du capital. La Bourse de New York interdit aux sociétés inscrites d’émettre des actions à droits de vote restreints, mais elle n’empêche pas les entreprises qui en ont déjà de s’inscrire à sa cote. «Pourvu que la structure de capital soit légale au Canada, il n’y a pas de problème pour nous», de commenter Keara Everdell, porte-parole du NYSE. L’institution maraude d’ailleurs Facebook depuis son inscription ratée au NASDAQ, ceci même si ses actions émises à fort prix ne comportent qu’un seul droit de vote chacune alors que celles de catégorie B que se réservent les fondateurs donnent 10 votes chacune.

Les titres de Bombardier ont déjà été cotés à la Bourse de Francfort et à l’Euronext de Bruxelles, à la fin des années 1990. Cela était survenu, de façon indirecte, à la faveur d’acquisitions d’entreprises qui étaient cotées sur ces marchés. Bombardier avait conservé ces inscriptions espérant profiter de sa nouvelle notoriété en Europe et dans l’attente d’une consolidation des Bourses européennes qui devait lui ouvrir les portes de la Bourse de Londres. Le projet ne s’est cependant pas réalisé et Bombardier a retiré ses actions de ces marchés en décembre 2004. Au cours des 12 mois précédents, les transactions sur les deux bourses combinées n’avaient porté que sur 3,6 millions d’actions, comparativement à près de deux milliards d’actions à Toronto, un très petit volume. On retrouve encore des certificats d’actions accotées aux subalternes de Bombardier à Bruxelles et des actions de catégorie B de Bombardier à Francfort. Ces dernières ne représentent toutefois qu’une fraction (0,14 p. cent) du total brassé. «Il s’agit de transactions au comptoir», de préciser John Paul Macdonald, vice-président principal aux affaires publiques de Bombardier.

Les analystes comme les investisseurs espèrent toute initiative qui aurait pour effet de sortir le titre de sa fourchette d’entre 2,50 $ et 8,50 $ par action depuis dix ans. Il oscille autour de 4$ depuis le début de l’année, malgré des recommandations d’achat de la part de 18 des 25 analystes qui le suivent. Il cotait 3,86$ en fermeture hier, en baisse de neuf cents, dans un marché fortement à la baisse

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