PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Les analystes voient d’un bon oeil l’acquisition par le groupe montréalais CGI de son concurrent européen Logica au terme d’une offre publique amicale de 2,8 milliards $ qui pourrait créer une entreprise d’envergure mondiale.
Les analystes soulignent généralement le prix d’aubaine obtenu par CGI à la faveur de la baisse relative de l’euro et de la chute du marché boursier européen ces derniers mois. «Une transaction stratégiquement cohérente, impeccablement prévue», commente l’analyste Ralph Garcea de la firme torontoise NCP Northland Capital Partners.
Le prix offert représente un multiple boursier de 8,8 fois les profits de Logica et 6,1 fois les profits avant intérêts, impôts et amortissement, des multiples comparables à ceux de CGI, note l’analyste Hubert Mak de la firme torontoise Cormark Securities. Compte tenu des 50 cents additionnels que la transaction devrait apporter au profit par action de CGI dès l’an prochain, l’analyste ajoute du coup 5$ à sa cible de prix pour le titre, portée à 30$ pièce. Cela, sans compter les synergies possibles.
L’analyste qui suit le titre depuis plus de dix ans souligne que CGI gère de mieux en mieux ses acquisitions et il ne craint donc pas le «risque d’intégration» même si Logica est plus grand que CGI. Thanos Moschopoulos, de BMO Marchés des capitaux, souligne à ce propos l’acquisition fructueuse de Stanley en 2010. CGI a remporté le prix de la transaction de l’année de l’Association for Corporate Growth National Capital pour son acquisition de la firme américaine active auprès d’agences fédérales dans les domaines de la défense, du renseignement et des activités civiles.
Les analystes voient plutôt d’un bon oeil la diversification verticale obtenue par CGI mais s’inquiètent un peu plus pour sa diversification géographique en Europe. «Le seul risque vient des problèmes des économies européennes», observe Keith Farrant, gestionnaire de portefeuille chez la firme française Claret, qui rappelle du même coup que c’est pourquoi CGI paie un si bas prix. «La transaction augmente le profil de risque de CGI» note aussi M. Moschopopoulos, selon qui le marché européen comptera dorénavant pour 60 p. cent des revenus de CGI. L’entreprise tire actuellement 52 p. cent de ses revenus des États-Unis, 42 p. cent de ses activités canadiennes et 6 p. cent seulement de l’Europe.
L’entreprise de services informatiques était déjà sur la liste d’achat de 13 des 20 analystes qui suivent le titre, avant l’annonce de la mégatransaction. Six s’en tenaient alors à une recommandation de «maintenir» et aucun n’était vendeur.
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