Pierre Duhamel

Mercredi 11 mai 2011 | Mise en ligne à 22h20 | Commenter Commentaires (4)

Parents d’entrepreneurs

Les entrepreneurs naissent-ils dans la ouate et sont-ils majoritairement issus de milieux aisés ? L’entreprenariat est-il une caractéristique génétique qu’on hérite de ses parents ?

Le grand avantage à poser les mêmes questions à tous les entrepreneurs que je rencontre pour la série 1 idée pour gagner, c’est de pouvoir faire des regroupements. Je n’oserais surtout pas employer le mot statistique et j’ai hâte d’avoir un échantillon plus représentatif pour tirer des conclusions plus solidement appuyées, mais je décèle néanmoins une tendance. On a sans doute plus de chance de devenir entrepreneur quand l’un des deux parents a possédé sa propre affaire. Par contre, il y a des entrepreneurs issus de tous les milieux.

Une forte majorité des entrepreneurs visités sont issus de la classe moyenne. Deux entrepreneurs proviennent d’un milieu aisé et trois autres de familles moins nanties.

Nathalie Francisci a fort bien résumé la situation dans une commentaire qu’elle m’adressait sur Facebook :

Je crois que les entrepreneurs naissent partout peu importe leur rang et leur statut social. Ils ont faim et soif de réaliser un rêve, de prendre leur revanche, de se prouver face aux parents ou société ou encore de survivre. Il y a une part de génétique mais surtout un contexte. Ceux issus de milieux plus aisés l’ont plus facile mais cela ne change à leur appétit…

Des 18 entrepreneurs rencontrés jusqu’à maintenant, sept ont un parent qui possédait sa propre entreprise. Les pères de Rémi Roy, du Groupe Canmec, et de Robert Michaud, de Ramp-Art, étaient garagistes. Les trois dirigeants d’entreprises agro-alimentaires visités, Gerry Van Winden, de Veg-Pro International, Jean Fontaine, de Jefo, et Gérard Trudeau, de Marvini,  avaient des parents agriculteurs. La mère de Martin Garon, de Biomomentum, était coiffeuse et le père de son complice Éric Quenneville était organisateur de foire agricole.

Il faudrait ajouter à ce groupe Bala Theresa Singareddy,  la mère de Marc Gingras, de Tungle, qui a fondé Sopar en 1977, un organisme sans but lucratif formé pour parrainer l’éducation d’enfants pauvres en Inde.

Par ailleurs, les mères de Martin-Luc Archambault, de Bolidéa, et de François-Xavier Souvay, de Lumenpulse, étaient des dirigeantes de divisions de grandes entreprises, l’une chez Metro, l’autre chez Quebecor.

D’autres entrepreneurs ont eu une enfance beaucoup moins feutrée.

J’ai rencontré cette semaine une entrepreneure qui me racontait qu’elle avait perdu son père très jeune, ce qui avait obligé sa mère à retourner sur le marché du travail. Pour nourrir ses quatre enfants, elle a fait des ménages dans les hôpitaux.

La semaine dernière, c’est un autre dirigeant d’entreprise qui me confiait que sa mère s’est retrouvée veuve avec sept enfants et un poste d’assistante-infirmière pour assurer la subsistance des siens. La mère de Louis-Marie Beaulieu, le président du Groupe Desgagnés, est redevenue institutrice après avoir élevée quasiment seule ses 13 enfants.

Ces dernières histoires m’ont bouleversé. Derrière le succès de trois belles entreprises du Québec, il y a le courage et l’abnégation de trois femmes exceptionnelles.


  • Souvent, les enfants entreprenants vont assimiler les connaissances et les expériences de leurs parents, en plus de profiter de leurs connaissances et contacts.

    Donc, avoir des parents en affaire, avocats, comptables, ingénieurs, est généralement bénéfique, mais pas essentiel.

  • Je suis entrepreneur mais mon histoire est vraiment banale. Née sur la rive sud de parent fonctionnaire qui n’ont jamais mis l’argent dans leur priorité. Enfance heureuse mais pas surcouvé. La petite vie quoi, et tout se prédestinait pour que je fasse de même. Par contre, je me souviens avoir toujours eu plus d’admiration pour le ti-cul qui mettait toute ses économie pour ouvrir un stand a patate qu’un haut dirigeant de méga entreprise qui n’a jamais rien risqué. Jusqu’au jour ou je me suis lancé un peu par accident….. Depuis ce temps, les projets n’arrêtent plus!!!!

  • Il y a plusieurs livres et articles qui font mention que les entrepreneur ont souvent plus de succès s’il y a déjà un entrepreneur dans la famille.

    Ça aide certainement à donner la piqure.

    Je pense à Waren Buffet qui a démarré mille entreprise lorsqu’il était tout jeune. Tel que passer les journaux, ou ramasser les balles de golfe pour les revendre. Il y a beaucoup d’entrepreneurs méritants qui ont eu le même parcour.

    J’ai trouvé ce TED talk très intéressant:
    http://www.ted.com/talks/cameron_herold_let_s_raise_kids_to_be_entrepreneurs.html

    Comment éduquer ses enfants à devenir entrepreneurs.
    1er pas d’allocation pour l’argent de poche, ça conditionne à recevoir la même paye à toute les semaines. L’argent de poche ça ce négocie selon le besoin et les occasions.
    2e économie à chaque rentré d’argent, 50% de la paye mise de coté.
    3e vendre ses vieux jouets sur ebay.
    etc.

    Au québec il faut qu’on trouve d’autres ingrédients pour stimuler l’entrepreunariat. Nos familles sont moins entrepreneurs, soit. Il y a aussi le mentorat qui peut être stimulé.

  • Ce n’est qu’une question de Focus.Tu sais ce que tu veux,tu va prendre les dispositions qu’il faut pour y arriver,en y ajoutant un peu de chance,tu te retrouve avec une mixture du tonnerre.

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