Les participants (mais pas les médias) au congrès de Réseau Capital ont fait leur bilan de la situation de l’entrepreneuriat au Québec lors d’une plénière à huis clos. Ils ont partagé les grandes lignes de leur constant plutôt dérangeant à la fin de la séance.
Je vais partager avec vous certains de ces commentaires. Je n’ai pas édité les propos, mais je les ai regroupés par thèmes.
Voici donc le premier thème : Le goût d’entreprendre… et le combat contre l’insécurité
« Demain matin, si je veux partir comme entrepreneur, ma blonde ne me laissera jamais faire. »
« Un entrepreneur qui a peur pour sa maison cherchera forcément à vendre à la première occasion.»
« Culturellement, le modèle de l’entrepreneur n’est pas un modèle qui respire au Québec. C’est pourquoi il est essentiel de partager davantage les profils d’entrepreneurs ayant eu du succès. »
« Il faut mettre une limite à la quête de la perfection dans le développement des produits et encourager l’entrepreneur à mettre son produit sur le marché sans qu’il soit parfait.»
Que pensez-vous de ce qui a été dit ?










mercier_20
21 février 2011
19h22
Voici ce que j’en pense, je ferai un autre billet pour réagir au blogue que vous avez mis en ligne hier, je n’ai malheureusement pas la chance d’avoir le temps de commenter à tous les jours.
« Demain matin, si je veux partir comme entrepreneur, ma blonde ne me laissera jamais faire. »
Si on veut se partir en affaires, la moindre des choses est d’investir l’argent que l’on a, surtout pas celui de notre conjointe… À moins qu’on veuille se partir en affaires avec sa femme, ce que je ne ferais jamais, pour des raisons évidentes (si quelqu’un en a besoin, j’élaborerai)
« Un entrepreneur qui a peur pour sa maison cherchera forcément à vendre à la première occasion.»
Si on a peur pour sa maison, c’est que la mise de fond n’était évidemment pas assez élevée. Peut-être aussi ne travaillons-nous pas assez au sein de notre compagnie? Se passer d’un employé, remplir vous-même le rôle de cet employé (un employé coûte près du double du salaire qu’il reçoit) ou alors la faculté qu’a cet entrepreneur à supporter le stress n’est tout simplement pas assez développée (j’hésite à utiliser ce mot, est-ce que la tolérance au stress se développe?) pour gérer efficacement son entreprise.
« Culturellement, le modèle de l’entrepreneur n’est pas un modèle qui respire au Québec. C’est pourquoi il est essentiel de partager davantage les profils d’entrepreneurs ayant eu du succès. »
Je suis tout à fait d’accord avec la première phrase, mais auriez-vous, s’il-vous-plaît, l’amabilité de m’expliquer le sens de la deuxième? Comment partage-t-on le profil d’un entrepreneur, sans que ce même profil ne soit rattrapé par les différentes législations qui ne cessent d’évoluer, rendant ce profile mal-adapté à la réalité actuelle?
« Il faut mettre une limite à la quête de la perfection dans le développement des produits et encourager l’entrepreneur à mettre son produit sur le marché sans qu’il soit parfait.»
Voici une pensée un peu généraliste, mais ceci demeure mon opinion, loin de moi l’idée de dénigrer qui que ce soit. La quête de perfection est essentielle à l’intérieur de certaines entreprises. Lorsque j’installe un boulon sur le cylindre hydraulique d’une chargeuse sur roues (communément appelé loader), même si ce n’est qu’un boulon, j’ai l’infinie conviction que le boulon est assez solide pour résister à la haute pression. J’ai la même infinie conviction, à propos du constructeur du cylindre hydraulique, que les filets de son cylindre sont bien faits et que la pression sécuritaire indiquée, est la bonne.
Un homme est mort, il y a peu d’années, frappé par un boulon , installé à un cylindre hydraulique d’une chargeuse. Le boulon a cédé, fracassé le pare-brise, frappé l’homme à la poitrine et l’a tué sur le coup. Quelqu’un a mal fait son travail que ce soit le fabricant du boulon (alliage, mal gradé), le fabricant du cylindre (alliage, filets, mauvaises indications) ou le dernier mécanicien qui y a touché (boulon vissé de travers). On ne joue pas avec la vie des gens, mais c’est pourtant ce qu’a fait la personne à l’origine de cette tragédie.
Dans certains domaines, la perfection est de mise.
Frédéric Mercier
jon8
21 février 2011
19h39
En tant que jeune entrepreneur Québécois, et après avoir discuté avec plusieurs autres, de tous les âges, je peux vous dire que le malaise le plus profond, à mon avis, est tout simplement la perception sociale de l’entreprenariat dans notre province.
Il est fort possible que notre manque de recul et d’objectivité nous pousse à croire, à tort, que notre situation au Québec est ”pire” ou unique, mais de toute manière je refuse de faire des comparaison avec le reste de la planète pour me remonter le moral.
Nous pouvons être meilleurs, faisons le, tout simplement.
Donc, voici mes observations:
1. Le Québécois et la Québécoise moyen(ne) a une relation avec l’argent qui est toxique. ”Capitalisme” et ”Profit” sont vus comme des méchants dragons cracheurs de feu qu’il faut pourfendre à tout prix. Il y a un profond décalage entre la réalité et la compréhension du système social-économique par la population. Je parle ici de principes de base, que nous pourrions faire tenir dans une demi-douzaine de biscuits chinois.
2. En plus de la perception sociale négative, le système de l’éducation est complètement axé sur la formation D’EMPLOYÉS.
Oui, d’accord, c’est essentiel.. Mais il faut laisser de la place aux futurs patrons aussi. Des gens comme moi: autodidactes, qui partent leur business à 17 ans, avec un support minime, ça ne court pas les rues et c’est une illusion de croire que les gens qui ont de la volonté sont invincibles. C’est extrêmement difficile d’être en affaire, ça peut gruger vie sociale, vie privé et même la santé. Ça demande de l’aide, à plusieurs niveaux, et le plus tôt possible.
3. Disons nous les vraies affaires: il y a business et business. Partir sa compagnie de rénovation à St-Clin-Clin, ouvrir un dépanneur ou être travailleur autonome en infographie dans son sous-sol, c’est une chose.
Partir une compagnie qui a des perspectives de croissance sérieuses, avec l’ambition d’exporter vers de plus gros marchés, c’est autre chose. Sans enlever le mérite aux micro-entreprises qui n’ont pas de perspective de croissance réelle, il faut à tout prix focaliser sur ce qui a des chances d’exploser à plus grande échelle. Encore une fois, c’est vu plus ”noble” et ça attire plus la sympathie une petite entreprise discrète, peu ambitieuse, artisanale (et même faible!) qu’une entreprise ambitieuse et/ou qui réussi.
Bref, non seulement la réussite en affaire n’est pas récompensée socialement, mais elle est carrément mal vue par une grande part de la population.
À long terme, c’est carrément un suicide.
rllemieux
21 février 2011
20h49
Où sont les investisseurs au Québec?
Je ne parle pas de ces gérants d’estrade qui, contre un petit pécule, trouvent normal qu’on accorde tant d’importance aux propos qu’ils tiennent, des propos qui se résument au fond à quelques lieux communs lus dans des magazines à la mode.
Où sont-ils?
J’ai été estomaqué de voir tout le réseautage requis pour trouver quelques investisseurs. Réseautage, c’est la façon polie de nommer les choses. Et tous ces intermédiaires dans le réseau, dont la seule valeur vient de ce qu’ils connaissent d’autres gens qui connaissent des gens, à quoi servent-ils?
Robert Lemieux
justedememe
21 février 2011
21h17
Ça dépend qu’elle type entrepreneuriat que tu te lances. Dans la plupart des marchés, t’as beau vouloir faire ta marque ou avoir un peu de succès, mais les gros joueurs vont te tasser. Les gens sont de moins en moins naïfs. Il savent bien qui a de la magouille partout…
Si tu es prêt à vendre ton âme, t’as des chances de succès.
Juste de même
baal666
21 février 2011
21h32
Je pense qu’il faut en finir avec le culte de l’entrepreunariat. Un patron, ça reste un patron, et il cherche à payer ses employés le moins cher possible. Qu’on nationalise les secteurs les plus performants et qu’on en finisse avec les autres entrepreneurs.
rightman
21 février 2011
23h44
@baal666
La différence entre un bon employé et un mauvais peut être énorme! Souvent, ça vaut la peine de mieux payer moins de bons employés que d’en avoir beaucoup de mauvais.
A mon avis, c’est la raison pour laquelle les grosses compagnies et les syndicats sont non compétitifs, a la fin de la journée, les bons quittent toujours en premier!
boogiewonderland
22 février 2011
00h05
Je lis les commenraires et j’ai l’impression que nous avons de la difficulté à structurer un débat clair autour d’un sujet précis. La soi-disante “crise de l’entreprenariat”! C’est quoi au juste ? C’est le manque de travailleur autonome, c’est le manque d’individus qui veulent mener à terme un projet quelconque, c’est le manque d’individus ayant pour objectif de créer des emplois ? M. Duhamel, si vous voulez un vrai débat, svp amener un peu d’information pertinente pour faire avancer le débat. Vous savez très bien qu’il n’y aura que des commentaires qui ne feront que propager n’importe quoi. J’aimerais vous voir travailler un peu plus sérieusement et laisser tomber le bouche à oreille. Pourquoi ne pas commencer en résumant l’historique de l’entreprenariat au Québec, celle des 50 dernières années. Quel était le nombre de PME ayant au moins 5 employés temp plein il y a 50 ans et quel est ce nombre aujourd’hui ? Parmi les PME qui ont vu le jour au fil des ans, lesquels sont devenues des grandes enreprises ? À travers l’histoire de l’entreprenariat au Québec, quel est le rôle des immigrants ? Bref, selon moi, vos articles n’ont pas pour objectif de créer un vrai débat sur la situation réel de l’entreprenariat au Québec et c’est très décevant. Je pense cotoyer des entrepreneurs sur une base quotidienne mais je ne vois pas en quoi vos articles génèrent un débat quelconque. Vous devriez peut-être faire la différence entre le désir d’avoir d’innombrables compagnies qui performent en territoire québécois du jour au lendemain et une soi-disante réelle crise de l’entreprenariat qui apparaît tout à coup. Ce n’est pas parce que des investisseurs sont à la recherche de jeunes entreprises et qu’il n’y en a pas assez à leurs yeux que cela fait du Québec un endroit qui est en ‘crise de l’entreprnariat”. Travaillez objectivement svp et apportez nous des faits qui démontrent une telle crise !
Bonne semaine!
felicio_di_parma
22 février 2011
01h10
@jon8
Tu vis ou ??? Dans un bastion de campagne ?
Tu sembles généraliser des petits cas et les prendre pour acquis a la grandeur du Quebec !
A Montreal et a Quebec, les 2 villes ou je travailles, je connais personne qui meprise ceux et celles qui ont beaucoup d argent et menent un bon train de vie.
Ne prends pas des histoires locales pour des generalites, ce sont des mythes !
tikobrahey
22 février 2011
07h25
@baal666
Je suis patron d’une entreprise de service et j’ai vite compris que ma recherche du profit passait par des employés compétents donc bien rémunérés.
Je vous savais bigot de la langue française. Mais communiste en plus! Vous êtes charmant!
seb.b
22 février 2011
10h09
@boogiewonderland
Excellent commentaire!
simonb74
22 février 2011
12h18
Je vous partage mon opinion sur les 4 affirmations ci-haut mentionnés. Libre à vous d’en débattre ou autres, je les écris en rafales afin de respecté le thème?.
1)
« Demain matin, si je veux partir comme entrepreneur, ma blonde ne me laissera jamais faire. »
1) Un des nombreux problèmes avec l’entrepreneur québecois est cette relation entre affaires et émotions? Ont entend souvent de ne jamais mélangé sentiment et affaires, certainement plus facile à dire qu’à réaliser au quotidien?
2)
« Un entrepreneur qui a peur pour sa maison cherchera forcément à vendre à la première occasion.»
2) Un entrepreneur qui a peur pour sa maison n’est forcément pas un entrepreneur, mais plutôt un spéculateur, ou au pis aller, un boursicoteur simpliste sans vision…??? Le Québec en compte beaucoup trop de boursicoteux entrepreneux d’ailleurs….(à mon humble avis)
3)
« Culturellement, le modèle de l’entrepreneur n’est pas un modèle qui respire au Québec. C’est pourquoi il est essentiel de partager davantage les profils d’entrepreneurs ayant eu du succès. »
3) Car l’interprétation du succès à la sauce rêve américain est intimement relié au succès avec un grand S à la vitesse grand V…? Je vous répondrai que culturellement le modèle entrepreneurial est très utiles en tant de récession. N’a qu’à pensé à la récession de 90-93 pour s’en convaincre et tout les PME qui en son sortie grandissante…? des noms svp?
4)
« Il faut mettre une limite à la quête de la perfection dans le développement des produits et encourager l’entrepreneur à mettre son produit sur le marché sans qu’il soit parfait.»
4) Le modèle perfectionniste de la R&D d’un produit est un secteur qui effectivement n’est pas valorisé au Québec et nous payerons le prix pour le laisser-aller généraliser en R&D, comme nous payerons le prix pour le laisser-aller dans la gestion de nos ressources naturelles, par exemple. Trouver une mine d’or c’est bien excitant, pour un géologue, de là à l’exploiter convenablement, et d’en faire un fleuron, c’est une tout autre chose.
Voilà pour mes commentaires à brûle pour point. Les numéros 1) et 2) sont des thèmes trop émotifs pour faire partie d’une discussion entre entrepreneur véritable, à mon sens. Si j’avais croisé ce type à votre colloque ou foire, j’aurais esquivé la discussion alarmiste totalitaire vers le buffet de saucisses et j’aurais certainement choisi une boîte de jus aux raisins avec une paille en lisant Tintin au Congo dans un coin…
Bonne Continuité
Simon
zxcvb
22 février 2011
13h53
L’avenir appartient aux pays emergeants, les Canadiens/Quebecois sont tous aux abris(Gouvernement) et regardent au ralenti le debut de la detonation de la bombe du Baby Boom, tant que les cours du pétrole nous permettent de travailler directement ou indirectement pour l’Etat.
mariemorneau
22 février 2011
15h32
Je suis surprise que l’on dise qu’il “manque d’entrepreneurs” au Québec et à la pénurie de main d’oeuvre. Je connais plein d’entrepreneurs, jeunes, qui ont des entreprises qui vont bien et se développent. Ils embauchent et n’ont pas de problème à recruter. Mais les médias n’en parlent pas. Ces jeunes qui pourraient servir l’exemple ne trouvent pas de tribune, n’arrivent pas à faire parler d’eux. C,est comme tellement de dossiers pour lesquels on lit que ça va mal et personne ne raconte les histoires qui vont bien. C’est désolant!