Pierre Duhamel

Mercredi 16 février 2011 | Mise en ligne à 13h38 | Commenter Commentaires (15)

Le Québec en manque d’entrepreneurs ?

Selon le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE), il y aura 25000 entrepreneurs de moins au Québec en 2018 comparativement à 2008. On parle déjà d’une situation alarmante et le ministre Clément Gignac a entrepris une tournée de consultation pour s’enquérir de l’état des lieux.

Je ne crois pas personnellement à la « désentrepreunisation » du Québec. Je pense qu’on regarde l’économie du 21e siècle avec les yeux et les repères du siècle précédent.

C’est juste que l’économie a changé et les entrepreneurs aussi. Les entreprises sont plus petites. Les entreprises technologiques, par exemple, embauchent très peu comparativement aux entreprises manufacturières.

Plus petites et axées sur les marchés d’exportation dès leur création, elles font moins de bruit dans leur communauté « géographique ». Certaines entreprises sont mieux connues à Los Angeles et à Hong Kong qu’au Québec même.

C’est d’autant plus vrai qu’il n’est pas toujours bien vu dans le Québec actuel d’être patron. Vous risquez de passer pour un corrupteur et dans certains milieux on vous fait comprendre que vos intérêts sont par définition des intérêts égoïstes différents de ceux de la majorité de la population. Qui a le goût de se mettre en évidence dans un tel environnment ?

Les nouvelles entreprises intéressantes sont aussi moins visibles car elles ne sont pas cotées en Bourse. Nous connaissons par coeur les grands fleurons de ce qui était convenu d’appeler le Québec inc. parce que ces entreprises doivent tout divulguer pour se conformer aux réglementations boursières.

Il y a relativement moins de commerces de proximité au Québec qu’il n’y en a, par exemple, en Ontario qui accueille beaucoup d’immigrants, dont plusieurs propriétaires d’un petit commerce. Cela fait mal paraître le pourcentage de la population québécoise propriétaire d’une entreprise.

C’est mon hypothèse. La tournée que j’entreprends me permettra de me faire une meilleure idée sur le sujet.

J’ai rencontré jusqu’à maintenant une dizaine d’entreprises. Je peux tout de suite vous dire qu’elles n’ont rien à envier à celles de la génération précédente, sauf la taille.


  • Si j’étais vous, j’attendrais de faire votre tourner avant de passer de tels commentaires.
    Sur votre premier point, concedo:
    ” L’économie et les entrepreneurs ont changé ” .
    Vous pouvez facilement le prouver avec des données.
    Sur l’autre point:
    ” il n’est pas bien vu au Québec d’être patron…”;
    PAS D,ACCORD.
    C’est une affirmation gratuite. Je connais une “traley ” de patrons de PMEs et de ppmes.
    Ils sont fiers d’être maitres après Dieu.
    Votre réaction me rappelle les commentaires de certains des chambres de commerce ou du Conseil du Patronat qui voient la CSN dans leur soupe.
    Bonne tournée du Québec.
    ps- j’ai aussi remarqué- et je suis un gars de Montréal-que plus on s’éloigne de Monréal, plus les québecois sont vrais, spontanés, délurés, confiants: Ben dans leur peau.
    yg

  • Je ne comprends pas votre billet.

    En introduction, vous relatez une baisse quantitative du nombre d’entrepreneurs. Vous vous employez ensuite sur 3 paragraphes à nous avancer un changement structurel et qualitatif de l’entreprenariat.

    Que voulez-vous démontrer? Que la baisse quantitative est compensée par un changement qualitatif?

    Pour relancer l’entreprenariat, il faut baisser le taux d’imposition – un des rares axes où les Conservateurs sont justes – et réduire les frictions administratives. La gestion de la TPS/TVQ par les entrepreneurs est un exemple concret de frein, alors que l’état se décharge de la gestion de ces revenus aux frais des PME.

    Pierre Tremblay, alias Austerlitz – économiste

  • @pepedamour

    “…plus on s’éloigne de Monréal, plus les québecois sont vrais, spontanés, délurés, confiants: Ben dans leur peau.”

    Je viens de déménager à Qc après 15 ans à Mtl: 100% d’accord, c’est le jour et la nuit.

    Je suis cadre dans une PME et je peux vous certifier cette affirmation.

  • Oui je partage l’article et je complèterais, pas bien vu au Québec d’être PATRONNE, mais plus loin…d’être indépendante, de VOULOIR dépendre de personne.

    Je prépare actuellement “ma petite affaire”, mais avec un peu de soutien et d’écoute, j’aurais pu plutôt construire un empire tellement j’étais partis pour ça mais qu’on a cherché à me démotiver. Par chance, j’ai passé par les HEC.

  • J’ai lancé mon entreprise il y a dix-sept ans. Heureusement, car aujourd’hui je ne me lancerais pas en affaires au Québec sous aucun prétexte. Le harcèlement des entreprises d’ici a atteint un niveau ridicule, et combiné à un régime fiscal punitif, il n’y a aucun doute qu’aujourd’hui je me contenterais d’un job de fonctionnaire avec avantages sociaux, vacances, congés de « maladie » et pension à vie plutôt que de me risquer en affaires dans cet environnement.

    Juste un exemple : le gouvernement dépense présentement des millions de dollars en publicité, payés par nos taxes bien entendu, pour inciter les travailleuses à utiliser tout le pouvoir de l’état pour harceler leur patron payeur de taxes afin de le forcer à leur payer des augmentations de salaires rétroactives à 2001 (oui, vous avez bien lu, 2001!) sous prétexte que leur salaire qui avait été négocié de bonne foi et acceptable pour les deux parties durant tout ce temps est en fait « discriminatoire »! Incroyable et ceci n’est qu’un exemple qui illustre pourquoi le Québec est cuit.

  • Moi, je pense que les patrons sont des pas bons… C’est-à-dire qu’ils ne prennent pas le temps de se former… En espérant que les nouveaux entrepreneurs auront le temps pour la prochaines années!!

  • @pepedamour

    “…plus on s’éloigne de Monréal, plus les québecois sont vrais, spontanés, délurés, confiants: Ben dans leur peau.”

    Je vis aussi le même chose. En campagne y’a de l’entraide, du troc, des échanges de conseils, de la vaillance, de la solidarité et surtout des esprits allumés et critiques envers le système. Ah oui, on s’amuse en ti ti aussi.

    Les taxes, la loudeur administrative sont des freins majeurs à l’entrepreneurship.

  • En effet qui veut être un entrepreneur au Quebec province socialiste, regardez ce qui arrive présentement a Petrolia, les allégations commencent “ils ont probablement contribuer a la caisse électoral du PLC.”
    Au Quebec il y a des gens qui pensent que le vent est une ressource naturelle qui appartient a la nation Québécoise. Ayoye…!

  • @Duhamel Est-ce que les chiffres présentés par le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation tiennent uniquement compte du vieillissement de la population? Sur quels critères calculent-ils cette baisse?
    Merci

  • Les dirigeants de PME ne sont pas respectés par la majorité de la population. Les gens ne réalisent pas que si personne ne prenait de risques comme le font les entrepreneurs qui démarrent des entreprises, il y aurait moins d’emploies donc moins de richesse. Si une PME doit fermer ses portes, on ne parle et se préoccupe que des emplois perdus. L’entrepreneur qui doit passer des semaines sans revenus pour sauver son entreprise ne reçoit aucune sympathie.
    Les taxes, la lourdeur administrative, le refus des banques à prendre des risques, les sociétés comme Investissement Québec qui se dévoue à disqualifier des entrepreneurs à recevoir de l’aide et l’attitude d’une population de plus en plus socialiste sont des barrières à entrepreneurship et à la croissance des PME.

  • @ cyvonl02
    Vous devez être déconnecté de la réalité. Tant que ce gouvernement sera en place, toutes leurs initiatives ne vont qu’évoquer un mot : Corruption. Qu’ils déclenchent la commission d’enquête et cessent leur agissements dignes d’une dictature.
    On donne des terrains au gouvernement, il essaie de le revendre à des gens n’ayant aucun plan précis (et vendre est un bien grand mot pour des miettes de pain).
    Nos routes coûtent plus cher à construire qu’ailleurs au pays, on nous sort des études bidons quant-à l’état des sols.
    Le premier ministre se donne le droit de nommer les juges, alors que ceux-ci se doivent d’être impartiaux (copinage, encore copinage).
    On y ajoute les faits du dernier mandat, je crois qu’on a une feuille de route bien garnie.

    Je n’ai aucun problème à l’exploitation de pétrole, je veux connaître les montants derrière la vente du champs pétrolifère, par contre. Il n’est pas question que je laisse aller nos ressources pour rien comme on le fait avec les minières font présentement.

  • Faut être un peu maso , pour ouvrir une entreprise de plus de 50 employés, au Québec, dans le contexte économinique et la mondialisation des marchés industrielles.

    Avec tous les beaux programmes gouvernementales, notre taux d’absentéismes, notre productivité, le plus haut taux de syndicalisation, et les exigences du gouvernement, il est pas surprenant de voir fermé nos entreprises les unes après les autres. Les seules nouvelles entreprises qui ouvrent leurs portes, se sont ceux qui sont reliés à un projet du gouvernement et qui sont subventionnés au maximum.

    C’est pas encourageant pour l’avenir du secteur manufacturier, si rien ne change.

  • La mecque de l’entrepreneurship au Québec ca toujours été la Beauce. Le québec profond.
    A Montréal, les immigrants ouvrent des dépanneurs et nous parlent en anglais. Big Deal

  • Presentement les chinois manufacturent tous les biens ou commodites sur cette planete …si un jeune entrepreneur veux reussir il a besoin d’etre surtout innovateur pour etre concurrentiel dans un marche international …. comment peut-il fabriquer et exporter son produit sur differents marches ? lorsque le geant chinois exportent des biens tres souvent mal fabriques a des couts derisoires………. pourquoi notre gouvernement impose pas une sur-taxe de 25 a 30% sur les biens fabriques en chine????????? une reponse s’impose…..merci

  • Question complexe. Voici deux courtes explications. Si nous mettons des barrières sur les produits importés, cela veut dire qu’on en mettra sur les avions, les moteurs d’avion, les lingots d’aluminium, les aliments ou les meubles que nous exportons à notre tour. Nous y perdrons beaucoup. Deuxièmement, cela veut dire que les produits que nous importons (automobiles, postes de télévision, ordinateurs, etc.) coûteront beaucoup plus cher si on leur impose une taxe de 25-30 %. Êtes-vous prêts à payer la différence ? Pour ces raisons, les gouvernements de tous les pays cherchent à faire disparaître les barrières tarifaires, même si ce n’est pas toujours facile.

Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

  • Calendrier

    février 2011
    D L Ma Me J V S
        mar »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728  
  • Archives

  • publicité