Pierre Duhamel

Jeudi 23 juin 2011 | Mise en ligne à 13h40 | Commenter Commentaires (5)

En guise d’aurevoir

Ce blogue a été créé pour accompagner la série de portraits d’entrepreneurs que j’ai signés dans les sept quotidiens de Gesca et sur  lapresseaffaires dans le cadre de la série 1 idée pour gagner. Son interruption pendant la période estivale signifie également la suspension du blogue.

Je remercie les milliers de lecteurs qui l’ont fréquenté depuis février. Ce blogue est devenu la première tribune exclusivement consacrée à l’entrepreunariat dans les grands médias.  J’ai eu le privilège de l’animer et de partager avec vous une grande passion : celle de voir des hommes et des femmes réaliser leur rêve et bâtir une entreprise. Il y a peut-être un « déficit entrepreneurial » au Québec quand on regarde froidement les chiffres, mais il y chez nous des milliers de belles entreprises méconnues et qui changent le monde à leur manière.

Le hasard a voulu que le dernier profil soit celui de Jacques Latendresse, coprésident et copropriétaire de Ezeflow à Granby. Un autre de ces « entrepreneurs fantômes », peu connus à l’extérieur de son propre milieu ou de son secteur d’activité. J’ai été une fois de plus renversé en visitant cette entreprise.

Je me suis retrouvé dans une salle de rayons X où une personne extrêmement compétente analysait les radiographies des soudures effectuées sur des raccords de tuyau produits dans l’usine. Pour s’assurer d’une qualité totale, chaque pièce doit subir un test de rayons X, de rayons gamma ou d’ultrasons, dépendant de l’épaisseur du métal. Pas étonnant que cette compagnie soit le fournisseur de presque tous les grands joueurs de l’industrie pétrolière, gazière, nucléaire ou pétrochimique, même si Granby n’est pas spécialement près des gisements albertains ou du Moyen-Orient !

Cette série a débuté par une entreprise qui fournit les installations de divertissement à bord de presque toutes les lignes aériennes mondiales (DTI), elle s’est terminée par un géant méconnu du domaine énergétique.

On n’a pas idée des trésors de talents et d’ingéniosité qu’il y a partout à travers le Québec. Les entrepreneurs ont besoin de notre aide pour qu’ils aient un environnement plus propice à leur développement et à leur déploiement.

Je vous attends dans quelques mois pour de nouvelles aventures au pays de l’entrepreunariat. À bientôt et bon été !

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Il y a un fâcheux paradoxe dans l’aide du gouvernement du Québec aux entreprises et aux entrepreneurs. Dans un premier temps, il n’y a pas un gouvernement au pays plus généreux, plus «aidant», plus enclin à subventionner, à soutenir des fonds d’investissement ou à accorder des crédits d’impôts. De l’autre, il est aussi le champion de la paperasse et des cotisations à la source, qui constituent de puissants freins à l’entrepreneuriat.

Comme le rapportait Marie-Hélène Proulx dans son excellent dossier sur l’entrepreunariat publié dans le magazine jobboom, plus d’un entrepreneur en démarchage sur quatre bénéficie de l’aide du gouvernement accordée par l’entremise d’un millier d’organismes et de programmes publics. En tout, Québec a dépensé cette année 556 millions de dollars pour appuyer les entrepreneurs en plus de consacrer 321 millions  de dollars sur trois ans dans des fonds fiscalisés (Fonds de solidarité, Fonds d’action…).

En revanche, les PME québécoises se trouvent plus accablées qu’ailleurs par la « paperasserie d’entreprise ». Selon un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), c’est un « irritant majeur » pour 41 % de nos PME , contre 32 % des PME canadiennes. Le sondage effectué pour le compte de la Fondation de l’entrepreneurship illustre le même phénomène. 26,6 % des démarcheurs québécois se disent freinés par « la complexité administrative, légale et fiscale caractérisant l’entrepreunariat au Québec », contre 16,9 % dans le reste du Canada.

Dans le même dossier, Martine Hébert, vice-présidente Québec de la FCEI,  indiquait que l’embauche d’un employé à 30 000 dollars par an coûte 4 500 dollars à l’employeur en contribution aux différents régimes sociaux. Un entrepreneur ontarien dans la même situation n’aura qu’à débourser 2 900 dollars.

Toujours selon la FCEI, le Québec, qui ne représente que 20 % de l’économie canadienne, perçoit 50 % des prélèvements sur la masse salariale de l’ensemble du pays.

Ne serait-il pas plus efficace d’atténuer  le fardeau réglementaire et de baisser le poids des cotisations obligatoires de l’ensemble de nos PME, quitte à diminuer ou à éliminer les aides octroyées à certaines d’entre elles ?

Voilà une question à laquelle devra répondre le ministre Clément Gignac quand il dévoilera cet automne la nouvelle politique gouvernementale sur l’entrepreunariat.

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Mardi 21 juin 2011 | Mise en ligne à 11h46 | Commenter Commentaires (4)

La bataille de l’entrepreunariat (1)

«L’entrepreneuriat, ce n’est pas juste une question de succès économique, c’est une question de survie culturelle. C’est important, pour le développement de la société québécoise, d’avoir une société francophone prospère », affirmait Louis Vachon, le président de la Banque Nationale, à Sophie Cousineau dans La Presse de mardi.

Louis Vachon a tout à fait raison de lier les questions économiques et culturelles. Le fait qu’il y ait relativement moins de propriétaires d’entreprises au Québec,  le manque d’intérêt des plus jeunes pour l’entrepreunariat et le problème de la relève dans plusieurs PME du Québec risquent de faire mal à l’économie du Québec au cours des prochaines décennies. Ce qui est encore plus navrant, c’est de constater que ce « déficit  entrepreneurial » est beaucoup plus marqué chez les francophones que chez les anglophones et même chez les immigrants.

Cela risque de poser un certains nombre de problèmes. Nous ne sommes plus dans une économie qui carbure aux gros investissements étrangers. Notre richesse future dépend en grande partie de notre capacité à concevoir, créer et bâtir des entreprises conséquentes. Que sera notre avenir si nous avons peu d’intérêt et d’ambition pour de tels projets ? Fuir ou éviter l’entrepreneunariat, c’est un ticket assuré vers la dérive des finances publiques, le dynamitage du filet social et l’appauvrissement du Québec. Est-ce bien cela que nous voulons ? Nous risquons aussi de nous retrouver dans une société où l’économie n’est pas contrôlée par la majorité.

On peut aussi se questionner sur la vitalité culturelle d’une société qui a tourné le dos à l’entreprise et à l’enrichissement individuel et collectif. Difficile d’avoir des ambitions quand on en a plus les moyens.

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