Martine Letarte

Martine Letarte - Auteur
  • Journaliste pigiste depuis 2005, Martine Letarte écrit sur le vaste monde de l’emploi dans La Presse depuis 2008.
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    Mardi 5 février 2013 | Mise en ligne à 8h11 | Commenter Commentaires (25)

    Se réorienter en orthophonie: quatre voies possibles au Québec

    L'orthophoniste Judith Labonté et le jeune Yann Longtin-Kahane au Centre de réadaptation Marie Enfant. PHOTO: ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

    L'orthophoniste Judith Labonté et le jeune Yann Longtin-Kahane au Centre de réadaptation Marie Enfant. PHOTO: ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

    Question d’une lectrice

    «Je suis traductrice et j’aimerais devenir orthophoniste. Est-ce que je devrai retourner faire un baccalauréat en plus d’une maîtrise? Pourrais-je étudier à temps partiel? Je suis mère de famille ; mon salaire est nécessaire.» – Manon

    Quatre universités offrent la maîtrise en orthophonie au Québec. Elles sont contingentées.

    À l’Université McGill, la maîtrise dure le deux ans habituel. Pour être admis, il faut avoir complété un baccalauréat dans un domaine connexe comme la traduction.

    Il faut aussi avoir complété deux cours universitaires en linguistique, deux en psychologie et deux en statistique.

    «Nous acceptons les cours suivis à la TÉLUQ», indique Antoinette Sommer du service des admissions de McGill.

    Les étudiants sont admis à temps plein.

    «Avec les trois jours en classe, le stage qui peut varier entre une demi-journée et une journée et demie par semaine et les travaux, il reste très peu de temps pour le travail pendant la session», affirme Mme Sommer.

    Les étudiants font aussi des stages non rémunérés à temps complet après leurs sessions d’hiver.

    «Le premier dure quatre semaines et le dernier 12», précise-t-elle.

    L’Université Laval offre également une maîtrise en orthophonie. Pour être admis, il faut avoir un baccalauréat et compléter sept cours préalables. Le programme dure cinq sessions et se fait en deux ans, à temps complet.

    L’Université du Québec à Trois-Rivières offre aussi depuis peu une maîtrise en orthophonie. Le programme compte six trimestres et se complète en deux ans à temps plein. Pour être admis, en plus d’avoir obtenu un baccalauréat, il faut réussir huit cours préalables.

    À l’Université de Montréal, la maîtrise dure seulement un an, mais pour être admis, il faut avoir complété le baccalauréat en orthophonie de trois ans.

    «Le baccalauréat a aussi des cours préalables du collégial en sciences», indique Natacha Trudeau, professeure à l’École d’orthophonie et d’audiologie de l’Université de Montréal.

    «Malgré les exigences, chaque année, nous avons des étudiants qui arrivent du marché du travail», indique-t-elle.

    Les deux programmes doivent être suivis à temps complet.

    «Le baccalauréat a 106 crédits plutôt que 90, donc l’horaire de cours est plus chargée que la normale, précise Mme Trudeau. Pour la maîtrise, il y a un stage une journée par semaine et entre trois et cinq cours par session répartis sur trois jours. Il y a peu de temps pour le travail en plus des études.»

    Vous avez des questions sur le monde de l’emploi ? Écrivez-moi à mletarte@lapresse.ca


    • «À l’Université de Montréal, la maîtrise dure seulement un an, mais pour être admis, il faut avoir complété le baccalauréat en orthophonie de trois ans.»

      Si je ne me trompe, pour être admis à la maitrise à l’U de M, il faut avoir fait le bac en orthophonie dans cette université.

      Attention à l’orthophonie. Les exigences sont élevées pour accéder à la maitrise. Le programme est difficile aussi. Il faut la maitrise pour être orthophoniste.

      De plus, le nombre annuel de diplômés a beaucoup augmenté depuis quelques années. Ce qui fait que la pénurie est rapidement en train de se résorber. Pire, connaissant la lenteur des institutions à réagir, il ne serait pas surprenant qu’on en arrive à une surabondance d’orthophonistes dans un proche avenir.

    • C’est parce que l’UdeM est la seule université au Québec à offrir le baccalauréat dans cette discipline.

    • Il y a 10 ans, il y avait deux orthophonistes dans l’école à mon épouse. Maintenant, il y en a une 2.5 jours par semaine. Et ce n’est pas nécessairement parce qu’il en manque mais plutot parce que les budgets ont été coupé pour les spécialistes. Il faut bien s’informer de la demande réelle qui peut varier grandement d’une commission scolaire à une autre.

    • Voir le document http://emploiquebec.net/publications/pdf/00_imt_PP_2011-2015.pdf. On y indique un taux de demande élévé pour les orthophonistes à l’égard de la période de 2010-2015, soit un taux de demande de main-d’oeuvre prévu qui est égal ou supérieur à 30 %. Cela dit, comme gl00001 l’indique, la demande risque de varier d’une commission scolaire à l’autre, selon la clientèle. Les orthophonistes peuvent aussi intervenir auprès des personnes âgées. Il y a aussi lieu d’examiner le taux de roulement des orthophonistes dans la région où l’on aimerait exercer la profession. On peut devoir aller travailler ailleurs.

    • Il ne faut pas oublier qu’il est aussi possible de travailler en pratique privée et pour des centres de réadaptation. Les possibilités sont multiples. Un autre point que j’ai remarqué est que les statistiques indiquent aussi qu’il y a une forte proportion de ces professionnels qui travaillent à temps partiel (plus ou moins 30%).

      http://imt.emploiquebec.net/mtg/inter/noncache/contenu/asp/mtg122_statprof_01.asp?lang=FRAN&Porte=1&cregncmp1=06&cregncmp2=QC&PT4=53&aprof=3141&PT2=21&pro=3141&cregn=QC&PT1=2&PT3=10&type=01&motpro=orthophoniste

      Petit partage : la plupart des étudiants du secondaire, du cégep et de l’université ont accès à une base de données internet sur les métiers et formations. Elle se nomme REPERES et est accessible aux étudiants a partir d’un code d’accès (secondaire), d’omnivox (cégep) et des compte intranet étudiants (université). Il est possible de trouver facilement de l’information sur la base de mots clés ou de recherches plus pointues avec des critères spécifiques, comme trouver toutes les universités ou les cégeps offrant un programme XYZ. En cette période qui approche le 1er mars, ça vaut le coup d’y jetter un coup d’oeil.

    • @julim
      Pas sur que ça varie à cause de la demande. Ce sont les budgets qui ne sont pas la. Un CS de la Rive-Sud, en plus d’avoir “assez” d’orthophonistes, a des ergothérapeutes.

      Ils peuvent également aider les gens qui ont des problème de surdité, implants cochléaire, déglutition à cause d’une paralysie ou d’une dégénérescence …

    • Bonjour.: – Mère de famille ⇔ Salaire primordial un incontournable (travail) ⇔ nombre enfant ? ⇔ peut-être monoparental ! ? Donc je regarderais les possibilités offert le système TELUQ et autres du même style = Garde son travail, salaire, s’occupe enfant et étude à la maison –

    • Pendant des années, les médias mentionnaient que l’orthophonie était un secteur d’avenir étant donné que seule l’Université de Montréal en titularisait (et McGill, mais en anglais). Depuis, l’UL et l’UQTR ont ouvert grand leur porte dans ce domaine.

      Le problème, ce n’était pas la demande, mais l’offre; l’orthophonie souffre d’un manque de considération notamment du côté des CS.

      Si vous êtes prêtes à vous promener dans 4 ou 5 écoles par semaine, évaluer, tester, faire des rapports, rapporter des cas à la DPJ, négocier un bureau isolé dans chaque école, endurer parfois l’indifférence de certains directions d’école et l’incompréhension de certaines enseignantes (elles doivent faire de la pédagogie envers les profs sur les difficultés d’apprentissage, apraxie, disphagie, TED, TEDH, etc. etc.). Puis, elles doivent faire ce qu’elles doivent faire: de la thérapie.

      C’est comme les infirmières: elles doivent faire plus de paperasses que de soins proprement dit.

      C’est pas jojo comme tableau, mais encore, on parle de filles (se sont surtout des filles qui font de l’orthophonie) qui ont la vocation, mais qui pratiquent dans un milieu pas toujours évident.

      L’ergo ne vous tente pas? Avec un bac, elles gagnent plus qu’une orthophoniste ayant une maîtrise.

      De plus, jusqu’à tout récemment, l’Ordre des psychologues voulaient empiéter sur les prérogatives des orthophonistes en ce qui a trait aux diagnostics. Le monde à l’envers. Comment des psychologues, n’ayant aucune formation en la matière, pourraient s’arroger le droit de diagnostiquer des troubles de communication?????

    • Bonjour,
      C’est moi qui ai posé la question. Je suis tout à fait consciente que l’orthophonie n’est pas un domaine facile en raison des coupures de budget et tout, mais ça m’intéresse d’autant plus que ma fille a un TDA, une dyslexie, une dysorthographie, etc.
      Et je sais que retourner aux études n’est pas facile non plus, c’est moi qui ai le salaire le plus élevé dans la famille. C’est pourquoi j’aimerais y retourner seulement à temps partiel, mais je ne vois pas comment quand tous les programmes que j’aimerais suivre ne se donnent qu’à temps plein. Je suis dans la région de Gatineau, ce qui est encore plus problématique. Je ne peux aller à l’Université de Montréal ni à Québec. Un déménagement est impensable. TELUQ serait alors plus approprié pour moi. Je vais vérifier.
      Je vais vérifier l’ergothérapie, mais j’aime la langue, et même les employés du CLSC de mon coin me disent qu’ils ne trouvent pas d’orthophoniste pour offrir le service, alors pourquoi changer de domaine?
      Ce que je déplore, c’est que les universités ne nous aident pas du tout à faire une réorientation de carrière. Elles devraient commencer à penser à rendre leurs programmes plus facile d’accès pour les travailleurs. J’estime que le nombre de travailleurs qui désirent retourner aux études augmentera dans les prochaines années. Une carrière d’une vie, on n’en voit plus beaucoup.

    • Je m’étais informée dans la région, et il me semble que l’UQO offre également la maîtrise d’un an, car elle est fusionnée au bac. L’Université d’Ottawa offre aussi la maîtrise, mais c’est 2 ans à temps plein.

    • @gl00001 Je comprends votre point de vue au sujet des budgets, mais selon la clientèle, il arrive parfois qu’une commission décide d’allouer des fonds à d’autres spécialistes ou activités. Cela ne veut pas dire pour autant que je suis d’accord avec la façon de répartir les fonds.

      Il y a aussi la pratique privée qui est une avenue. Par exemple, en physiothérapie, je connais des professionnels qui, faute de postes à temps plein en milieu hospitalier, y occupent un poste à temps partiel ou à mi-temps. Le reste du temps, ils travaillent en clinique privée. Somme toute, il faut une certaine ouverture d’esprit. On ne peut pas aller étudier en orthophonie, en audiologie, en ergothérapie, en physiothérapie avec l’optique qu’on va exercer uniquement auprès d’une clientèle donnée, sauf si l’on a sa propre pratique. Dans le milieu scolaire ou hospitalier, on va devoir composer avec une clientèle très variée sans parler de l’entourage des clients.

      Le cumulage de postes à temps partiel n’est pas idéal pour la conciliation travail-famille, mais comme Manon travaille en traduction, elle doit déjà connaître cela, des horaires atypiques. Je dis cela, car j’ai longtemps travaillé dans le domaine…

      Pour ce qui est des problème de surdité et d’implants cochléaires, cela relève plus des audiologistes. La déglutition à cause d’une paralysie ou d’une dégénérescence est plus du ressort des orthophonistes selon ce que j’ai lu sur le site http://www.ooaq.qc.ca/index.html
      Dans la pratique, il peut arriver qu’audiologistes et orthophonistes travaillent en tandem; c’est ce que m’ont dit certains professionnels exerçant l’une des deux professions.

      @ man123, voir http://www.cra-arc.gc.ca/tx/ndvdls/tpcs/rrsp-reer/llp-reep/cndtns/menu-fra.html. Il y est question du Régime d’encouragement à l’éducation permanente. Il est possible de retirer des fonds de son REER aux fins des études si l’on est inscrit à temps plein. Cela pourrait être une avenue pour vous. Votre conjoint aussi peut retirer des fonds de son REER aux mêmes fins pour vous aider. Bon courage dans vos démarches. Mon proverbe préféré est : Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

    • @ jpcantin

      J’ajouterais qu’il me semble que, en plus, l’U Laval a augmenté ses cohortes.

      Je le répète, il se forme beaucoup plus d’orthophonistes par année au Québec depuis quelques années. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup voir le nombre de diplômés depuis les 10-20 dernières années. J’en connais plusieurs et les premières années sont souvent difficiles. Surtout pour un métier supposément en grande demande. Les besoins c’est une chose. Les postes, c’en est une autre.

      Ah, pour ce qui est des psychologues qui sont allés jouer dans les plates-bandes des orthophonistes. Vous avez parfaitement raison sauf sur une chose: c’est fait… L’ordre des orthophonistes a dormi au gaz.

      @ Man123

      Avec ce que j’ai dit, je veux juste faire une mise au point. L’objectif de mes commentaires n’était pas de décourager. La charge de travail, c’est plus pour prévenir. Très peu peuvent travailler durant leur maitrise en orthophonie. Même sans y travailler, on parle de semaines oscillant autours de 45 heures, voir plus, en moyenne.

      Pour ce qui est des besoins et des débouchés, je suis plus inquiet, surtout pour l’avenir, même à court terme. J’ai trop souvent côtoyé des gens qui en arrachaient dans des domaines où «il y a une grande demande». J’ai même vécu ça. Quand on connaît le domaine de l’intérieur, le portrait est souvent différent. Martine est plus perspicace mais j’ai souvent vu des reportages, notamment dans joboom, où on se rend compte qu’ils se basent sur ce que les centres de formation et les employeurs disent. Or, ces ceux entités ont tout intérêt à faire ce genre de déclaration. De plus, même si c’est vrai, il faut voir pourquoi. Parfois, c’est parce que les conditions de travail ne sont pas super. Alors il y a régulièrement des réorientations. Les gens sortent d’une expertise pour aller dans une autre. On voit ça dans tous les domaines mais certains plus que d’autres.

      Bref, l’information que Martine fournit est excellente. Mais je vous conseil de bien vous renseigner et d’être critique.

    • @Man123
      Si vous aimez les langues, il y a aussi des spécialistes en soutien linguistique dans les écoles. Je m’informerai ce soir auprès de mon épouse quelle sorte de formation ça prend.

    • Merci à vous tous. Ces renseignements me seront sûrement utiles.
      J’aimerais préciser que dans la région de Gatineau, il y a une pénurie de main d’oeuvre criante dans de nombreux domaines liés à la santé, et en orthophonie, même en pratique privée, il y a une attente de 3-4 mois.
      @gl000001, ce serait bien si vous pouviez me donner des renseignements à ce sujet, ça m’intéresserait peut-être.

    • @ Man123

      Assurez-vous tout de même qu’il s’agit bel et bien d’une pénurie de main-d’oeuvre et non d’une pénurie de postes. S’il y en a une dans le privé, ce doit effectivement en être une de main d’oeuvre. En passant, je crois que les orthophonistes peuvent recevoir une prime s’ils travaillent dans des régions éloignées. Au cas où un déménagement vous conviendrait.

      Si vous allez de l’avant en orthophonie, je vous souhaite une bonne carrière. C’est un beau métier.

    • @tonyverdechi
      Oui, c’est une pénurie de main d’oeuvre, j’en suis pas mal certaine.
      J’aimerais beaucoup aller dans ce domaine, mais comme le programme ne se donne qu’à temps plein, ce sera difficile. Je vais peut-être devoir changer mon fusil d’épaule et trouver autre un autre domaine. Dommage…

    • Bonjour. – @ man123 – Dans le texte de Mme Letarte au 5e paragraphe indique que TElUQ son accepté par McGill se renseigné à l’administration.
      - Suite à votre petite qui subi un TDA ⇔ Vous avez déjà un degré de connaissances dans le domaine et plus. (surement)
      ★ Je suis certain que vous avez acquis cette faculté : *Problèmes = Solutions*
      ● Les carrières d’avenir 2013 – Jooboom – Orthophonie ⇔ Zéro chomage.
      Perso : Je subis ses dysfonctions ⇔ Accepter et incorporer à ma vie = La facilité je la laisse à ceux qui en on besoin !
      ● Garder votre emploi ⇔ Prener soin de votre famille ⇔ Suiver vos cours(études) à la maison (le temps vous appartiens = De l’emplois y va toujours en avoir !

    • Je suis en ce moment en maîtrise à McGill. C’est tellement intéressant et motivant! Par contre, c’est très très intensif. Je travaille un peu la fin de semaine (entre 3 et 6h) et je ne pourrais pas faire plus.
      L’orthophonie c’est hyper large comme domaine alors je m’inquiète pas pour les jobs. Lorsqu’on s’intéresse à plus d’une population et à plusieurs troubles, les possibilités d’emploi sont plus larges! En tout cas, j’espère…

    • @Man123
      C’est finalement orthopédagogue, ce à quoi je pensais. Ca prend un bacc de 4 ans.

      Il est arrivé dane le passé que certains profs sans contrat soient présents à la semaine longue dans une école pour l’aide aux devoirs ou pour le soutien linguistique. Ca se faisait en collaboration avec l’orthopédagogue. Il fallait être prof par-contre.

    • @gl000001 : En fait, l’Ordre exige la maîtrise.

    • @martineletarte
      Mon épouse travaille avec une qui n’a pas de maitrise. Il y a peut-être une clause grand-mère ?

    • @gl000001 : Je n’ai rien vu par rapport à ça, mais je vérifie.

    • J’ai regardé sur TELUQ et je n’ai rien trouvé en orthophonie.

    • Il y a un programme de maîtrise en orthophonie à l’université d’Ottawa (2 ans). Le programme est contingenté aussi (25 places) et il n’est pas offert à temps partiel. Les cours sont en français et les stages peuvent être en français et/ou anglais.

    • TELUQ: Il faut regarder les cours de linguistique et psychologie

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