Martine Letarte

Martine Letarte - Auteur
  • Journaliste pigiste depuis 2005, Martine Letarte écrit sur le vaste monde de l’emploi dans La Presse depuis 2008.
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    Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 12h24 | Commenter Commentaires (10)

    Espaces de travail ouverts versus cubicules

    La machine à café, un endroit où les gens discutent souvent au bureau. PHOTO : JESSICA NADEAU, IMACOM

    La machine à café, un endroit où les gens discutent souvent au bureau. PHOTO : JESSICA NADEAU, IMACOM

    Êtes-vous plus espaces de travail ouverts ou cubicules?

    Cet article du New York Times explique que depuis quelques années, la tendance est aux espaces de travail ouverts pour faciliter la communication entre les travailleurs, la collaboration et l’innovation.

    Par contre, les travailleurs ont tendance à se créer des murs avec des piles de livres et de documents. Aussi, les écouteurs sont très populaires pour créer un havre de paix dans le bruit ambiant.

    Naturellement, les gens cherchent un équilibre entre l’intimité et la collaboration.

    Il semble que les espaces de travail ouverts aient comme conséquences de créer des conversations plus courtes et plus superficielles parce que les gens sont conscients que tout le monde les entend.

    D’ailleurs, une grande étude réalisée dans la dernière décennie par des scientifiques de l’Université de Californie a révélé que plus de la moitié des travailleurs de bureaux sont insatisfaits du niveau de confidentialité de leurs conversations. C’est en fait la principale plainte des travailleurs sondés.

    L’article raconte également que plusieurs travailleurs qui ont peu d’intimité au bureau vont parler au téléphone dans les toilettes pour avoir des conversations confidentielles. Pour discuter d’éléments délicats avec le collègue voisin, ils utilisent le courriel ou la messagerie instantanée.

    Des chercheurs ont aussi évalué que les conversations entendues fortuitement par les travailleurs font chuter de 5 à 10% leur performance dans des tâches cognitives qui nécessitent une utilisation efficiente de la mémoire à court terme comme lire, écrire et réaliser d’autres formes de travail créatif.

    Les designers essayent donc maintenant de nouveaux types d’aménagements qui mélangent la proximité et l’intimité. Des endroits propices aux discussions sont ainsi créés à travers les espaces de travail plus intimes. On tente toutefois d’éviter les salles de conférences, jugées trop formelles et trop intimidantes par plusieurs.

    Vous avez des questions sur le monde de l’emploi? Écrivez-moi à mletarte@lapresse.ca


    • Je n’ai jamais été vendu aux aires ouvertes. Même si j’aime beaucoup la théorie, je dis constamment qu’il y a une différence entre la théorie et la réalité. Dans le cas des aires ouvertes, qui est basé principalement sur des principes théoriques (ainsi que sur des économies) la théorie ne tient pas la route.

      Même avec des gens peu bruyants, ce sont des milieux de travail bruyants où la concentration est souvent difficile. Non, les bureaux fermés n’empêchent pas de poser une question à son voisin.

      La seule chose dont il faut faire attention avec les bureaux fermés est la lumière (mettre des fenêtres ou du verre translucide) et aussi le fait que l’insonorisation est loin d’être parfaite…

    • J’ai vécu les deux, et maintenant le travaille dans un bureau fermé. Dans tous les cas, il y a des pours et des contres.

      J’ai aimé l’aire de travail ouverte, c’était très vivant, mais c’était aussi bruyant.

    • Chez nous ce sont des cubicules, mais cubicules ou pas, ça ne change rien, depuis les coupures dans les postes de fonctionnaires fédéraux, les retraites et les changements organisationnels me voilà désormais…toute seule dans ma section! Ma concentration est bien meilleure, mais j’ai pris un temps pour m’habituer à cette soudaine solitude.

      Mais sinon, l’idéal je pense c’est d’avoir des cubiles dont les “murs” sont abaissés. On continue d’avoir une certaine intimité, mais il y a quand même une barrière physique entre les employés.

      Quant aux conversations, de grâce…parlez-moi moins fort, ou aller trouver un local fermé, on n’aime pas entendre tout ce qui passe avec votre garagiste, votre médecin ou votre conseiller financier…

    • J’habite une forêt de cubicules depuis 20 ans maintenant. Au moment ou je vous écris, le bruit blanc réduit mon cerveau en purée sans couvrir la conversation téléphonique de mon voisin, dont le travail est de communiquer avec nos clients à problème.

      Le partitions sont juste assez hautes pour éviter les contacts visuels directs mais ne laisse aucune intimité. On a prévu des cabines téléphoniques, étroites et sombres, pour les conversations téléphoniques privées. Tout ca a été vendu sous le concept de «droit à la lumière». Les salles de réunion sont lentement converties en bureau de gestionnaire et de plus en plus de réunion ont lieu à la caféteria. Il y a des tables et des chaises dans la très belle cuisine mais personne ne les utilisent pour socialiser parce que ce serait perçu comme de la paresse.

      J’ai hate a ma retraite pour échapper à ces lieux désagréables.

      Une lecture intéressante a ce propos est «Peopleware: Productive Projects and Teams» de De Marco et Lister. Même si leur propos est le concept de d’equipe, un bon tier du livre est consacré à l’utilisation physique de l’espace.

    • J’ai travaillé dans un environnement où tous les bureaux fermés étaient sur le bord des fenêtres, avec des portes et des “murs” donnant sur le milieu en vitre et une grande aire ouverte dans le milieu, avec des demis-murs qui m’arrivaient à la hauteur des yeux une fois assise. Je suis d’accord avec les gens ici. C’est extrêmement bruyant. Comme dans, quand la secrétaire fait une tonne d’appel personnels parce que sa mère est à l’hôpital, et qu’elle gueule au téléphone, elle empêche 35-40 personnes de se concentrer. Et vous avez aussi raison. Quelqu’un qui a la voix portante, c’est difficile, parce que ça crée des tensions avec ses collègues.

      J’ai changé d’emploi depuis et maintenant, l’aménagement est beaucoup mieux. On a fait un plan de travail “traditionnel”, mais au lieu de mettre juste des bureaux fermés sur le bord des fenêtres, on mets 2-3 bureaux fermés, et un bloc de 6 cubicules sans porte (ça donne directement sur le corridor). Ça coupe le son, mais favorise le travail d’équipe. Et les murs sont rigides mais déplaçable. Ce n’est pas du gyps, mais une autre sorte de matériel qui contient aussi tous les fils, l’électricité et autre. Une compagnie locale les fabrique. Probablement qu’ils sont plus chers au coût, mais puisqu’on peut réaménager les bureaux autant qu’on veut, sans avoir à payer du temps supplémentaire pour le faire faire le soir et la fin de semaine, sans parler de la poussière…, la firme a probablement calculé que ça valait le coup.

      Les seuls “malchanceux” sont les gens qui ont un bureau fermé, sans fenêtre dans le milieu. Mais je crois que c’est impossible d’avoir un aménagement efficace sans avoir à sacrifier la lumière du soleil pour certains employés. Moi, je suis bien contente d’avoir du soleil à longueur de journée :)

    • Rectification, parce que je vais sonner comme une sans coeur. Je n’ai rien contre les appels personnels, surtout quand c’est pour des raisons de santé et de famille. Mais de grâce, ne passez pas 3 heures par jour pendant un mois au téléphone dans les aires ouvertes à parler VRAIMENT fort. Prenez une des salles de conférence. Tout le monde va vous apprécier beaucoup plus :)

    • ..Hein? Ce sujet est encore à l’ordre du jour? Je me rappelle avoir fait une recherche là-dessus au milieu des années 70. Les maudites «aire ouvertes». Je les ai subies durant deux ou trois ans. Quelle plaie. Heureusement, durant la quasi totatlité de mes 35 ans de carrière, j’ai pu avoir mon bureau fermé. Bien sûr, étant de cette bien détestable classe des baby-boomers, je n’y ai eu droit que par favoritisme et de ce fait, j’ai outrageusement endetté mes successeurs qui ne pourront jamais se payer de pareils bureaux tout en devant rembourser la dette que je leur ai laissée du fait de l’aménagement de tels espaces.. :-) :-)

    • Cubicules, partitions en gypse, bureaux fermés mais à la porte ouverte pour ne pas voir l’air d’un sauvage (!), aire ouverte. J’ai vécu tout ça. Ce qui importe le plus, ce sont les voisins. Le hasard joue pour beaucoup.

      A cause de voisins bruyants, j’ai déjà travaillé avec des “protège-oreilles”. Au bout de 3 mois, le patron s’est finalement décidé à me demander comment je pouvais écouter de la musique alors que mes écouteurs n’avaient pas de fils (le blue tooth n’existait pas à l’époque et le patron était pas mal low-tech). Quand je lui ai dit que l’environnement était bruyant, il a répondu que la ventilation n’était pas bruyante. Quand je lui ai fait comprendre que c’était son employé-chouchou qui écoeurait tout le monde, il a viré de bord asses vite et n’a rien fait par la suite.

      Il y a plus de 10 ans, j’ai entendu dire par un employé de HP dans l’ouest de l’île que leurs bureaux étaient à aire ouverte mais la lumière ambiante était relativement faible. Les espaces personnels étaient bien éclairés. Le réflèxe des gens est de parler moins fort lorsqu’il fait sombre.

      Chez Bombardier Aéronautique, il y a une personne qui est chargée de “surveiller” les gens pour qu’ils respectent les “règles” au bureau: ne pas parler trop fort, garder son bureau dégagé de trop de papiers, vider sa poubelle …. Sinon, il y a des mesures disciplinaires.

    • Le mailleure référence dans ce domaine est la série de bande dessinée Dilbert. Vous trouverez votre environnement de travail hyper confortable après en avoir lu quelques-uns. Ce sont le plus souvent des suggestions de lecteur ce qui rend la chose encore plus surprenante.

    • @goping

      Vous avez raison. Dilbert est la référence pour comprendre le phénomène des cubicules. Mais je crois qu’il ne fait pas une caricature. Ce qu’il décrit existe vraiment.

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