
PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL
La rémunération et les bonis de performance ne permettent pas une meilleure productivité des employés. Au contraire, ils peuvent même occasionner la contre-productivité et l’épuisement professionnel.
C’est ce que nous apprend la dernière étude de l’équipe de Jacques Forest, professeur au département d’organisation et ressources humaines de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.
La recherche a été effectuée auprès de plus de 800 membres de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec.
Il en ressort que les bonis de performance offerts aux employés augmentent l’effort au travail. Toutefois, ils ont aussi un certain coût psychologique puisqu’ils augmentent le niveau d’épuisement émotionnel lié au travail. Dans plusieurs cas, les bonis de performance rendent même les salariés moins performants et contre-productifs.
De plus, travailler par intérêt et vocation augmente le bien-être et rend les employés plus performants que ceux qui travaillent principalement pour l’argent. La recherche démontre que les salariés qui œuvrent pour une cause sociale ou par intérêt pour le travail connaissent moins d’épuisement. Pourtant, ils mettent plus d’énergie et d’efforts à leur travail que les autres.
«Les entreprises accordent une importance disproportionnée au pouvoir motivationnel de l’argent, car elles croient qu’ajouter encore et toujours plus d’argent mènera systématiquement à plus de bien-être et de performance. Cette pensée semble être plus fausse que vraie», affirme M. Forest.
Le chercheur précise que des enquêtes indépendantes dans le domaine démontrent qu’entre 61% et 93.5% des gens continuent de travailler même s’il n’est financièrement pas nécessaire pour eux de le faire.
«L’argent peut donc être considéré comme un facteur important pour la relation d’emploi, mais ce n’est certainement pas le plus important. C’est pourquoi qu’au-delà d’un salaire juste et équitable, il est primordial de s’intéresser à la satisfaction des besoins psychologiques des employés plutôt que de vouloir augmenter leur rémunération», conclue Jacques Forest.
Vous avez des questions sur le monde de l’emploi ? Écrivez-moi à mletarte@lapresse.ca

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dr_strange
17 novembre 2011
12h25
On ne peut pas tous être passionné par notre emploi. Par exemple, je suis étudiant en informatique 35 ans par manque d’options, de fonds et de temps. J’ai simplement pris le choix le plus logique et accessible.
Si les plus grands performeurs au boulot sont des hyperactifs, il n’en va pas de même des autres qui seraient souvent tentés de les rejoindre. Ma blonde par exemple est citée en exemple son travail mais rentre à la maison au bord des larmes à chaque soir et si épuisée qu’il nous est impossible de faire quoi que ce soit de nos soirées et de nos fins de semaines. Son travail avec une clientèle difficile l’a rendue complètement associale. Tout au nom de l’idéal de «performance» excessif exigé par son avare de patron.
tous le monde veut pouvoir rentré chez soi fier de son travail. Peu de nous cependant le peuvent réellement.
à écouter nos drettistes, le seul intérêt d,un individu devrait être d’enrichir son patron et devrait remercier celui-ci de toujours lui exiger plus.
À quand les combats de gladiateurs armés de stylos et de presse-papiers dans les bureaux?
justanopinion
17 novembre 2011
12h28
On retrouve l’intégral de ce sujet facile dans les livres de GRH qui datent d’après 1995.
onbo
17 novembre 2011
12h41
…contre-productivité et épuisement professionnel? parlez-en à Scott Gomez qui en a perdu le plaisir de jouer en équipe. Car c’est un peu beaucoup cela bien travailler en entreprise, le plaisir de jouer de mieux en mieux en équipe pour construire un produit spécifique, un service unique, une personne morale qui fasse l’admiration des clients, fournisseurs, citoyens et l’ensemble des consommateurs et actionnaires par le fait même. Je me garde une petite gêne pour ce qui concerne les spéculateurs affamés..
Récemment, un monsieur est parti à la retraite avec un bonus de 100 millions de $ US, qui s’ajoutait à un capital personnel de 850 millions $ US. Je ne nomme ni la personne ni l’entreprise, tellement ce cadeau suspect de retraite fait ombrage à l’image globale de l’entreprise et ce, le même jour où des gens sérieux demandaient aux petites gens de Occupy Wallstreet de leur dire ce qu’il faudrait changer pour qu’ils soient contents…
jeanfrancoiscouture
17 novembre 2011
12h44
«L’argent peut donc être considéré comme un facteur important pour la relation d’emploi, mais ce n’est certainement pas le plus important. C’est pourquoi qu’au-delà d’un salaire juste et équitable, il est primordial de s’intéresser à la satisfaction des besoins psychologiques des employés plutôt que de vouloir augmenter leur rémunération»,
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C’est exactement pour cela que Dick Fuld, l’ex-PDG de Lehman Bros, s’est contenté d’un modeste total de revenu d’un peu moins de 500 millions de dollars entre 1993 et 2007. Le rémunérer davantage n’aurait absolument pas constitué une motivation pour le persuader de ne pas mener son employeur à la faillitte.
J’ai toujours des réserves sur les réponses que l’on donne à ces fameuses questions sur la rémunération. Si c’est si peu important, pourquoi cette course effrénée chez les salariés du grand capital?
goping
17 novembre 2011
13h21
On cherche a retrouver bonheur économique pour notre beau pays, et par le fait même de nos entreprises et de nos patrons. Après tout nous ne sommes que du capital humain pour nos gentils patrons.
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/canada/201111/16/01-4468614–la-faible-productivite-canadienne-coute-des-milliers-de-dollars.php
J’adore quand le site La Presse nous offre les même divergences de points de vue que l’on peu constater dans la rue à Wall Street et dans les bureaux.
Comme toujours celà nous ramène aux valeurs de chacun.
tonyverdechi
17 novembre 2011
13h41
Ah la la, il me semble que ce sujet revient constamment sur la table et on dirait que le message peine à passer. Une des raisons qui me fait rire lorsque les employeurs pointent uniquement les raisons externes lors des mauvaises performances ou des échecs.
@ onbo
Je ne vois pas pourquoi vous ne nommez pas l’entreprise ou la personne. Je ne sais pas si ça terni l’image de l’entreprise mais ça démontre clairement aux employés qu’ils valent infiniment moins par rapport à d’autres employés. Quand on sent qu’on est à peine mieux que de la merde, on réagit en conséquence, c’est-à-dire en ayant peu à coeur l’entreprise. Je suis facilement remplaçable? Eh bien l’entreprise l’est tout autant. Justement, on m’offre 25cents de l’heure de plus de l’autre côté de la rue…
edata
17 novembre 2011
14h07
@dr_strange
“à écouter nos drettistes, le seul intérêt d,un individu devrait être d’enrichir son patron et devrait remercier celui-ci de toujours lui exiger plus.”
J’ai été un militant de droite quelques années et je vous jure que j’adhère à votre début de commentaire et que la droite et la gauche ça n’a rien à voir. Pour preuve, une des motivation de base des gens de droite est la liberté d’entrepreunariat (simplifié et plus accessible). Le départ de son entreprise devrait être plus simple pour un jeune comme vous. Cependant, la droite n’a rien avoir avec des mauvais boss ou de mauvais gestionnaires, il y en a partout … Le libre choix de votre conjointe serait de tout simplement aller chercher un emploi qui répondrait plus à ces besoin et sa personnalité. C’est ça la liberté de choix … Si elle travaille dans le publique, malheureusement ses chances sont moindre et l’interventionnisme étatique rend celà plus difficile.
edata
17 novembre 2011
14h13
@ Mme. Letarte
Excellent commentaire, mais de plus en plus connus et loin d’être nouveau dans le milieu des RH. Malheureusement, les gestionnaires ne sont pas tous de fin psychologues. Les boss ingénieurs, comptables ou financier sont rarement de bons boss pour maximiser l’apport de tous.
Étrangement, mes supérieurs qui ont fait beaucoup de sports sont plus à l’affût de cet aspect de maximisation de l’apport et de l’environnement pour bien performé.
Les primes au rendements sont des armes a double tranchants. Mal utilisée ou comprise, elle est plus dévastatrice, mais bien utilisée elle offre de belles vertues.
gillesfpelletier
17 novembre 2011
17h05
@edada
Je crois comme vous que: “Les primes au rendements sont des armes a double tranchants. Mal utilisée ou comprise, elle est plus dévastatrice, mais bien utilisée elle offre de belles vertues.
Effectivement, les primes sont des armes et travailler dans un environnement armé ne fait donc pas la faveur à ceux et celles qui veulent se réaliser dans leur milieu de travail. On dit que le travail ne fait pas mourir, mais quand on a fait naître cette belle parole, il ne s’agissait pas très certainement de parler du travail forcé, mais d’un travail qu’une personne s’imposait par pure bonheur.
Les primes aux rendements sont souvent injustes et biaisés et administrées comme si nous étions en face de “machines” à qui ont attribueraient des mérites dans un ordre croissant ou décroissant. Il me semble que ce devrait être plus stimulant qu’une entreprise récompense ses employés au temps des fêtes quand ses finances lui permettent. Ainsi, c’est tout le monde qui peut s’entraîner à ce qu’il y ait récidive.
Gilles Pelletier, Québec
m-ot
18 novembre 2011
11h57
Les primes excessive au rendement ne sont qu’un reflet de ceux qui déterminent les politiques de rémunération. Peu de hauts dirigeants sont réellement passionnés par le Travail. C’est l’argent qui les intéresse.
marc_g
19 novembre 2011
13h06
On devrait sortir cet argument aux infirmières lors de leur prochaine menace de grève…