Martine Letarte

Martine Letarte - Auteur
  • Journaliste pigiste depuis 2005, Martine Letarte écrit sur le vaste monde de l’emploi dans La Presse depuis 2008.
  • Lire la suite »

    Vendredi 30 septembre 2011 | Mise en ligne à 7h25 | Commenter Commentaires (10)

    Doit-on être rémunéré pour porter une laisse électronique?

    La laisse électronique est courante dans le milieu de l'informatique. Photo : AP

    La laisse électronique est courante dans le milieu de l'informatique. Photo : AP

    Question d’une lectrice

    «Dans le milieu de l’informatique, il y a toujours des employés qui doivent porter une pagette. Si elle sonne, cette personne doit intervenir. Quelle devrait être la rémunération pour le simple fait de devoir porter une laisse électronique qui nous limite dans nos activités? Qu’en est-il lorsqu’on doit intervenir? Mon employeur actuel me dit que si l’intervention prend cinq minutes, de ne pas en tenir compte. Si c’est une heure ou plus, de réduire en conséquence mes heures de travail de la semaine. Est-ce correct du point de vue des normes du travail? Le temps requis pour l’intervention ne devrait-il pas être rémunéré comme des heures supplémentaires? – Pascale

    Daniel Leduc, avocat spécialisé en droit du travail et de l’emploi chez Norton Rose, croit que la réponse est aussi complexe que la question.

    D’abord, il affirme que le port de la pagette n’est pas considéré comme du travail. Par contre, lorsque la pagette sonne et que l’employé doit intervenir, c’est du travail.

    «Si l’employé est rémunéré chaque semaine pour 40 heures de travail et que le problème lui en a fait travailler 47, il a le droit de demander d’être dédommagé», explique-t-il.

    Qu’arrive-t-il si l’employé gagne 1000 $ par semaine peu importe le nombre d’heures travaillées?

    «Il ne peut pas nécessairement demander d’être dédommagé si la pagette sonne», répond Me Leduc.

    L’employé doit toutefois recevoir au moins le salaire horaire minimum pour sa semaine de travail.

    «S’il gagne 450 $ par semaine et qu’il a travaillé 47 heures, ce n’est pas correct parce qu’il arrive en dessous du salaire minimum», affirme Me Leduc.

    L’avocat ajoute toutefois que pour retenir leur main-d’œuvre, plusieurs entreprises offrent davantage que le minimum exigé.

    «Par exemple, on permettra aux employés d’accumuler du temps. Si l’employé intervient la nuit, il n’aura pas à travailler le lendemain.»

    Pour éviter du mécontentement, il conseille aux employeurs de clarifier les choses dès le départ avec les employés.

    Vous avez des questions sur le monde de l’emploi? Écrivez-moi à mletarte@lapresse.ca


    • Dans les deux compagnies ou j’ai eu une pagette ou un cell, nous étions dédommagés. J’abondonne un peu de ma liberté pour être disponible pour ma compagnie. Ca se paie. Et dans la majorité des places ou j’ai consulté, c’était comme ça également.

      Dans une autre compagnie, le grand boss arrive un jour dans notre bureau, tout heureux d’être content de nous donner une pagette. Je lui ai dit “Merci. Et quelle sera la rémunération lorsqu’on sera de garde ?”. Le pauvre bonhommme, la face lui a changé. Je venais de lui pèter sa balloune. Finalement, on a pas eu de pagette. Son boss à lui n’a pas voulu payer. De toute façon, il n’y avait presque jamais de plantage. Le système informatique était très mature.

    • Effectivement, la question est complexe parce que ça dépend beaucoup des conditions d’emploi.

      Si vous êtes engagé avec la condition expresse de supporter des clients n’importe quand et qu’on vous donne une pagette (ou un cellulaire) tout en remboursant les frais associés, il est difficile de dire oui à l’emploi et de venir ensuite chialer après. Vous devez voir avec l’employeur si ces heures “atypiques” sont à inclure ou pas dans une semaine de travail normale et rémunérée.

      Le cas échéant, il me semble logique de reprendre un peu de temps dans sa semaine, en compensation. Cette “laisse électronique” devient donc également une laisse extensible… Nous permettant par exemple de choisir ce que l’on fera de notre temps ainsi regagné (grasse matinée? Départ hâtif? Pour ceux qui travaillent de la maison, on en profite pour aller à un rendez-vous ou faire l’épicerie? Etc.).

      Quand un téléphone mobile permet de prendre ses courriels du boulot où que l’on soit, ça achète ainsi souvent du temps libre dans la semaine – malheureusement souvent au détriment du temps en soirée ou durant les weekends. C’est souvent le premier reproche des gens autour de nous (comme la famille), qui croient ainsi que l’on se tape des heures sup non-rémunérées.

      Tout est une question d’équilibre.

    • Pour mon 1er emploi “professionel” (en sortant de l’université), j’ai eu la surprise d’apprendre que j’allais être sur appel 365 jours par années, 24h/jour, et ce sans rénumération supplémentaire ni compensation… C’était d’autant plus frustrant qu’en tant que salarié, je n’avais aucune compensation, mais si un technicien rentrait pour changer une valve sur un réseau de vapeur par exemple, le technicien lui était compensé avec un min. de 4h de salaire, temps et demi. De plus, les techniciens étaient sur appel en rotation, mais pas moi. J’ai fait mon “temps” et je me suis rapidement trouvé autre chose.

      Vous pouvez être certain que je ne suis pas retombée dans le piège une autre fois… Maintenant, ça fait partie de mes négociations lorsque j’accepte un nouvel emploi/contrat… Y’a toujours ben des limites…

      Clin d’oeil: puisque mon employeur n’était pas flexible, je m’arrangeais souvent pour passer des fins de semaine ou mes vacances dans des endroits où le signal cellulaire ne se rendait pas! L’employeur voulait jouer au malin? Eh ben, moi aussi je peux être maligne!

      Mais bon, on apprend de nos erreurs hein!

    • Je suis né en 1981, c’est quoi une pagette?

      Blague à part, je crois qu’il faut aussi regarder ce que l’on peut faire avec notre cellulaire. Dans mon cas, mon employeur m’en paie un, mais je l’utilise aussi pour mes appels personnels. Je n’ai donc pas à payer de forfait chaque mois. Mais évidemment, si le forfait équivaut disons à 40$/mois, que votre taux horaire est de 20$/h et que vous utiliser votre cellulaire à des fins professionnels en dehors de votre horaire normal pour plus de 2 heures par mois, ben faudrait penser à une certaine compensation.

      En bout de ligne, ce qui semble le plus simple, c’est d’en parler avec son employeur, afin que tout le monde soit content!

    • Laisse électronique est-ce une manière polie pour l’employeur de nous traiter de chien et de chienne ?

    • Mon blackberry sonne tout le temps, que ce soit des appels, des courriels et des textos. Je réponds à partir de 9h et je ne réponds plus à partir de 16h. Un cas d’urgence? Mes employeurs savent qu’il ne sert à rien de m’écrire. Je répondrai le lendemain, à 9h.
      Ou sont passés vos couilles?!

    • @justanopinion
      Ce n’est pas une question de couilles mais plutot de SLM (Service Level Agreement). Si le système supporté doit être remonté en moins d’une heure, on doit avoir des gens qui sont sur appel.
      Si vous êtes gros comme Hydro-Québec, ils ont du monde sur place 24×7. Si vous êtes, Les Huiles Norco, il y a une personne sur la pagette. Ca serait prohibitif pour eux d’avoir quelqu’un de présent 24×7.

    • C’est super simple:

      1- l’employeur veut me rejoindre en dehors des heures de bureau? Il paye un cell. Il veut que ce soit un cell professionnel seulement? Bien je le laisse a la maison (je vais pas transporter 2 cell c’est vraiment con).
      2- Je dois intervenir a distance sur un probleme? Tu payes l’heure. Et ce meme si ca prend 5 minutes a regler. Si il rappelle dans l’heure et que je dois encore intervenir je ne le charge pas. Il me rappelle 1h05 apres c’est just to bad c’est une autre heure.
      3- l’employeur veut que je repondre en deca de 10 minutes bien ca se paye aussi car je dois limiter mes activites.

      En 15 ans de “oncall” je n’ai jamais eu de probleme avec ces regles mais a lire certain j’ai l’impression qu’il y en a qui abuse et qui e connaissent pas la “facon” de faire.

    • Je cite les norme du travail, sur leur site internet (http://www.cnt.gouv.qc.ca/salaire-paie-et-travail/horaire-de-travail/index.html)

      ———————————————

      Indemnité de présence d’au moins 3 heures

      Le salarié qui se présente au travail à la demande expresse de son employeur ou dans le cours normal de son emploi et qui, finalement, ne travaille pas ou travaille moins que 3 heures consécutives, a droit à une indemnité égale à 3 heures de son salaire horaire habituel.

      ———————————————

      En quoi est-ce que ça s’applique au travail effectué suite à un appel? Sur les lieux du travail ou encore d’ailleurs?

    • @eberthiaume
      “la “facon” de faire.” Il est entièrement là le problème. Il n’y a pas “une” façon de faire règlementée. Il y en a une multitude. Tu changes de compagnie, la façon change.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    septembre 2011
    D L Ma Me J V S
    « août   oct »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    252627282930  
  • Archives