Sophie Cousineau

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    Depuis 2001, Sophie Cousineau est chroniqueuse affaires au journal La Presse. Voilà 15 ans qu'elle pratique le journalisme, dont 12 comme reporter économique.
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    Mercredi 11 juillet 2012 | Mise en ligne à 15h55 | Commenter Commentaires (10)

    Maudit soleil !

    Pour les braves qui attendent le mois d’août avant de prendre leurs vacances, le temps radieux des deux dernières semaines tient un peu de la torture, même si tous en profitent le soir venu et la fin de semaine. Des organisateurs de festivals, des propriétaires de terrasses aux travailleurs qui se précipitent vers ces jardins urbains dès la fin de leur journée de travail: tout le monde a le verre de rosé ou la bière à la main et le sourire aux lèvres.

    Le bonheur des urbains fait toutefois des malheureux à la campagne, où certains agriculteurs s’inquiètent pour leurs récoltes. C’est le cas dans les régions agricoles du sud-ouest de l’Ontario – mais pas dans les Prairies, où ils ont reçu plus de pluie qu’à l’accoutumée, comme l’explique cet article de la CBC.

    La situation est toutefois plus dramatique dans le Midwest, cette zone agricole très riche qui connaît sa pire sécheresse en 25 ans. Un nouveau rapport du département de l’agriculture des États-Unis (USDA) indique que le rendement des champs de maïs et de soya sera nettement inférieur aux prévisions du début de l’été. Cette nouvelle, rapporte l’Agence France Presse, a encore fait grimper les cours des céréales aujourd’hui, bien qu’ils se soient un peu repliés en fin de journée avec les prises de profits. Plus significatif, le prix du boisseau de maïs a bondi de 42% depuis la mi-juin.

    Cela fait craindre une autre poussée de l’inflation alimentaire, comme cela s’est vu en 2008 et en 2009. Mais étant donné que plus de terres sont consacrées au maïs, le USDA prévoit tout de même la troisième récolte de maïs la plus importante jamais enregistrée. Autre facteur atténuant, une baisse de la demande de maïs pour produire de l’éthanol, en raison du coût élevé de cette céréale.


    • Un peu hors sujet mais plusieurs études affirment que la culture du maïs pour produire de l’éthanol a un rendement énergétique négatif ou neutre, donc que ça ne sert à rien pour l’environnement mais que les producteurs s’enrichissent (d’où le fait que plusieurs d’entre eux se sont tournés vers cette culture). Quel gaspillage de terres agricoles, en plus de faire augmenter le prix des céréales à l’échelle mondiale par ricochet. Je suis pour les énergies vertes, mais celle-ci n’en n’est pas une.

      La canne à sucre par contre offrirait un rendement énergétique positif, selon les mêmes études… au prix de la déforestation effrénée de la forêt amazonienne.

      Pas de solution facile.

    • Un jour, quelqu’un pourra m’expliquer par quelle caution morale, par quelle justification tordue, par quel tour de passe-passe malade, notre société peut accepter la spéculation SUR LA NOURRITURE!

      SPÉCULER SUR LA NOURRITURE!

      Il faut n’avoir aucune morale autre que l’appât du gain, avoir une piasse à la place du coeur et des lingots d’or plantés dans les yeux pour arriver à justifier une telle horreur.

      Mais bon… au point où on en est rendus dans la décadence…

    • Plutot maudits hommes!

      D’utiliser d’immences portions de terre agricole pour produire du mais
      qui sera transforme en carburant, ca c’est un crime grave contre les
      plus demunis.

      La culture des gros maudits pick-up et des enormes inutilitaires y serat’elle
      pour quelque chose?
      P Allen

    • ..«Autre facteur atténuant, une baisse de la demande de maïs pour produire de l’éthanol, en raison du coût élevé de cette céréale.»
      +++

      Bonne nouvelle.(relative) Quand on sait que la quantité de maïs qu’il faut pour remplir un réservoir d’éthanol pour une voiture pourrait nourrir une personne pendant un an.

      Lire Jean Ziegler: DESTRUCTION MASSIVE» Géopolitique de la faim. Publié aux Éditions du Seuil en octobre 2011. Ça enrage et ça donne le goût de ressortir l’invention du Dr. Joseph-Eugène Guillotin.

    • Bonjour,

      Il est vrai que les denrées alimentaires (maïs, soya, blé) seront encore une fois plus problématiques cette année. Les inventaires mondiaux ne suivent pas la cadence de consommation (et de pertes dues aux transports, gaspillage, etc). Depuis les 3 dernières années, les inventaires mondiaux de grains ne cessent de diminuer.

      NPar exemple, nous avions les inventaires de blé mondiaux les plus élevés des 12 dernières années, mais le simple fait que la Russie, l’Ukraine perdent une partie de leur récolte cette année, nous revoilà dans une situation précaire au niveau des stocks.

      Il faudrait que Dame Nature nous accorde un répit et puisse permettre 2 à 3 années récoltes importantes, et ce, partout dans le monde pour refaire ces inventaires.

      Il sera primordial pour les producteurs de chez nous de trouver les moyens de contrepartie (hedging) pour se protéger contre des fluctuations adverses.

      Au plaisir de vous lire sur ce sujet qu’est l’agriculture (qui est trop peu traité dans les grands quotidiens)

      J’invite les lecteurs à suivre le site de Grainwiz.com pour connaitre la dynamique de grains au Québec. Et surtout le dynamisme de nos producteurs de chez nous qui travaillent pour faire de l’agriculture une source d’emplois importante, produire des produits de qualité, produire aussi une “quantité” afin de faire croitre l’économie du Québec dans son ensemble.

    • On mange moins quand il fait chaud !

      En autant que l’on ne manque pas de houblon !

    • Une autre bonne raison de protéger nos terres agricoles.

    • A Ralbol,

      De tout temps, les acheteurs ou les vendeurs de denrées ou de commoditées (épices, sel, soie, etc) ont utilisé des contrats permettant le transfert de risque vers des gens qui voulaient l’assumer ou l’assurer. La “spéculation” contrôlée permet ce genre d’opération qui est saine selon moi.

      Par contre, je suis d’accord sur le fait que plusieurs joueurs n’ont pas d’affaires dans certaines commodités puisque la spéculation devient un “jeu” dangeureux collectivement. Les spéculateurs font dérivés les prix temporairement de leurs valeurs réels, mais cette réalité d’offre et de demande pour le produit physique revient tôt ou tard ramenant les prix vers cette réalité inhérente aux marchés.

      Ce qu’il faudrait c’est une meilleure utilisation des terres et des ressources agricoles mondiales afin d’éviter le gaspillage!

      Si on croit que l’on a tout vu avec l’oligopole des grandes pétrolières, attendez de voir l’oligopole des marchands de grains mondiaux!!! (Glencore, Louis Dreyfus, Bunge, Cargill).

      Un mot sur l’éthanol. Ce sera la fin bientôt de l’utilisation du maïs pour la production d’éthanol. L’éthanol de 2ieme génération (déchets) est à nos portes et plusieurs autres biocarburants seront bientôt disponible (1-3 ans).

    • C’est bien plus la spéculation sur les denrées de base de la J P Morgan et Goldman Sachs de ce monde qui nous fait du mal ! Faites mieux vos recherches …

    • @ Mlecomte

      AUCUNE justification, AUCUNE, de la spéculation sur les aliments!

      En outre, «…les prix vers cette réalité inhérente aux marchés», c’est là où réside tout le problème, car les aliments sont maintenant vendus au «prix du marché» et non au «prix des aliments».

      Il n’y a pas de «réalité inhérente aux marchés». Tout cet échafaudage n’est qu’illusion, manipulation, et escroquerie servant à enrichir les parasites financiers.

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