Sophie Cousineau

Sophie Cousineau - Auteur
  • Sophie Cousineau

    Depuis 2001, Sophie Cousineau est chroniqueuse affaires au journal La Presse. Voilà 15 ans qu'elle pratique le journalisme, dont 12 comme reporter économique.
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    Mercredi 4 juillet 2012 | Mise en ligne à 15h15 | Commenter Commentaires (27)

    Cette chose étrange qu’est le Libor

    Il s’en trouvera pour en remettre sur la faillite morale des banquiers. Il faut voir que les banquiers donnent toujours de la bonne matière à chronique. Tenez, juste comme on pensait que la cour était pleine, voilà JPMorgan, cette banque américaine qui se prétendait si vertueuse hier encore, qui se trouve au coeur d’une nouvelle enquête sur une possible manipulation du marché de l’électricité de la Californie et du Midwest. Joli.

    Mais ce qui est le plus ahurissant dans le scandale sur la fixation du Libor qui atteint de plein fouet la banque britannique Barclays, c’est la composition même de ce taux d’intérêt.

    Le Libor est un taux d’intérêt de référence établi à Londres. Il mesure le taux auquel les institutions financières se prêtent entre elles. Les journalistes et analystes s’intéressent surtout aux fluctuations de ce taux, qui sert de baromètre à la nervosité du système financier. Plus il est élevé, plus les investisseurs sont sur les dents. Plus il est bas, plus les investisseurs sont confiants en l’avenir des marchés.

    Aussi, je ne m’étais jamais intéressée à la composition de ce taux interbancaire à proprement parler. Or, cette crise souligne à quel point ce taux qui sert de référence à des billions de dollars de transactions mobilières peut être manipulé.

    C’est un petit groupe d’institutions financières – elles sont autour de 16 – qui soumettent volontairement un estimé (!) du taux auquel elles croient pouvoir emprunter à d’autres banques en fonction de différentes échéances et de différentes devises. L’agence financière Thomson Reuters compile le taux Libor à partir de ces estimés pour le compte de l’Association britannique des banquiers.

    Comme ces estimés ne s’appuient sur une aucune transaction réelle, ils sont éminemment subjectifs. Et avec un groupe aussi restreint d’institutions financières, ils peuvent à l’évidence être trafiqués. Pas étonnant qu’un petit groupe de 14 négociateurs délinquants aient pu avoir une influence sur le taux du Libor, qui a connu une grande volatilité durant la période 2007-2009.

    Avant cela, Barclays soumettait toujours les taux d’intérêts les plus élevés. La troisième institution financière du Royaume-Uni aurait délibérément abaissé ses taux, ce qui laissait entendre que les autres banques avaient une impression favorable de sa solidité et de sa capacité à faire face à ses obligations.

    Mais si Barclays a pu le faire aussi facilement, combien d’autres banques ont délibérément abaissé leur taux pour mieux paraître. Surtout en pleine crise financière, alors que les investisseurs et les consommateurs se réfugiaient chez les institutions financières les plus fortes.

    Pour les hommes qui sont éminemment faillibles, la tentation est forte. Imaginez pour les banquiers !


    • Pourquoi ne pas baser le Libor sur les transactions réelles? On sait ce qui arrive avec les estimations. C’est comme les sports jugés qu’on verra bientôt aux Olympiques, des notes qui sont un ramassis de préjugés et d’intérets personnels.

    • Le capitalisme actuel, c’est Robin des Bois à l’envers.

    • Content de voir qu’enfin quelque chose sorte sur cette enquête dans les journaux au Québec. En fait je crois que ça devrait faire beaucoup plus de bruit, car on parle d’un taux qui est à la base même de tellement de choses en finances. Comme vous dites, des billions (trillions US) en investissement ont des intérêts basés sur le LIBOR, et les banques le manipulent volontairement… Et à moins d’être vraiment naïf, c’est assez clair que si elles le font, c’est à leur avantage. Oui c’est en partie pour ne pas trop mal paraître (ce qui serait mauvais côté business évidemment) mais il y avait carrément des traders qui demandaient de falsifier les taux car c’était bon ou mauvais pour certains investissements particuliers, comme on peut voir dans les emails qui sont sortis de cette enquête.

      Petit détail qui devrait entre autres faire monter un peu la grogne populaire (quoique c’est plus aux US)… la FED était au courant depuis longtemps et n’a absolument rien fait (http://www.zerohedge.com/news/and-now-fed-gets-dragged-lieborgate).

      En fait Diamond (l’ancien CEO de Barclays qui a démissionné) a même laissé entendre qu’il se faisait suggérer par le gouvernement britanique directement de falsifier ses taux (http://www.rollingstone.com/politics/blogs/taibblog/libor-banking-scandal-deepens-barclays-releases-damning-email-implicates-british-government-20120704).

      J’ai lu certains estimés disant qu’au minimum les banques se seraient faites $75 milliards dues à ces manipulations (http://www.wsws.org/articles/2012/jul2012/libo-j04.shtml).

      Alors on peut encore s’attendre à quelques amendes ridicules de quelques centaines de millions, quelques CEO qui démissionnent (avec des severance de dizaines de millions) de grandes proclamations que c’est du passé et qu’on ne refera plus jamais ça, et aucune arrestation au criminel (peut-être quelqu’un de bas dans l’échelle en quelque part).

      Comment faire pour ne pas être purement cynique quand on parle de crimes financiers?

    • Je veux pas trop chialer contre la profession journalistique financiere, mais le LIBOR est le taux auxquels les banques doivent se preter de l’argent entre eux avant meme d’aller voir la banque centrale. Plus le Libor est bas, ceci implique moins rentable pour les banques qui ont des surplus et vice versa. Cependant, c’est celui qui paie des intérets qui peut demandé le taux qu’il veut puisque la réserve fédéral n’est pas tenu de preter de l’argent a moins de se retrouver en position de déficite (il me semble). Hors personne n’a réellement demandé a son voision de faire sa job, autrement que d’analyser chez qui tu vas déposé ton milliards d’Excédent aujourd’hui !!!
      Que le syndicat tente de cacher le bobo, c’est un, que le gouvernement ne soit pas au courant, c’est compréhensif, le gouvernement est aussi aveugle qu’une taupe, mais les médias qui ont l’habitude de foutre leurs nez dans tout, avec leurs spécialiste pour tout n’ont jamais meme vu ce fléau ?

    • A quand la prison pour tous ces banksters du monde, voleurs de richesses ?

    • Pourquoi tous les chroniqueurs qui osent s’aventurer à parler du scandale du LIBOR se contentent de parler de la méchanceté des banques (*soupir*) et qu’aucun ne rapporte les allégations de Diamond, avec preuve à l’appui, à l’effet que c’est en fait la banque centrale anglaise qui aurait tordu un bras à Barclay’s pour qu’elle abaisse artificiellement le LIBOR?

      Et pourquoi personne ne parle des manoeuvres de Bernanke à partir de 2007 pour influencer le LIBOR à la baisse?

      Parce qu’on veut encore une fois laisser l’État tranquille et blâmer le méchant marché?

    • @simthibo

      En fait, le gouvernement (la FED aux US qui doit se rapporter au gouvernement, et selon toute vraisemblance le gouvernement britanique) était au courant…

      Il y a quelques journalistes financiers qui sont sur le sujet depuis un bail en fait (Matt Taibbi et Yves Smith entre autres), mais c’est assez rare apparemment.

      Je pense qu’il y a un réel manque de journalistes financiers spécialisés dans les crimes à grande échelle, ce qui est le cas ici avec la manipulation du LIBOR. Mme Cousineau, ça ne vous tente pas de vous réorienter légèrement? Je vous assure, il ne vous manquera pas de matériel pour les quelques prochaines décennies au moins, et il y a matière à faire plusieurs bons livres…

    • La pointe de l’iceberg.

      C’est le genre de trucs que, si j’en avais parlé sur un blogue il y a un an, je me serais fait traité de conspirationniste.

      À quand du journalisme d’enquête financier sérieux? La population a besoin d’être renseignée pour y croire.

      Merci, Mme Cousineau, d’en faire mention sur votre blogue. Vous l’avez très bien vulgarisé, d’ailleurs.

    • Peut-on être si étonné du cynisme ambiant?

      Suite à tous les scandales de manipulation des chiffres dans le monde financier et aux réactions très tièdes des gouvernements face à ces malversations, on peut se poser des questions sur la valeur morale de la majorité des gens qui travaillent dans ce domaine.

      Ceux qui font ces crimes sont des gens à veston et cravate, sont-ils plus respectables que les casseurs? Il y a un gros ménage à faire dans toute la réglementation financière mondiale pour que ce soit plus facile de déceler ce type de crime. Et il est temps de changer les lois pour que les personnes derrières les personnes morales soient responsables des crimes de ces personnes morales.

    • @planete-quebec

      Il y a des traces de manipulations de Barclays datant de 2005, bien avant que le gouvernement britanique n’intervienne.

      Oui, le gouvernement doit également être tenu responsable. Mais “tordu un bras”? Faites-moi pas rire non plus, les banques le faisaient déjà. Les interest swap traders qui demandaient de manipuler les taux pour leurs profits, vous croyez qu’ils se faisaient ‘tordre le bras’ par le gouvernement? Ben voyons…

      Exemple de email provenant de l’enquête:

      ‘Trader: “Can you pls continue to go in for 3m Libor at 5.365 or lower, we are all very long cash here in ny.’

      Vous croyez que c’est parce que quelqu’un du gouvernement lui a dit qu’il a envoyé ça?

      Je suis d’accord qu’on doit plus impliquer les responsables du côté du gouvernement dans les articles sur le sujet. Mais si on veut ‘blâmer le méchant marché’ et les ‘méchantes banques’, c’est parce que c’est clair qu’ils le méritent. Ils n’ont jamais eu besoin d’aide pour frauder, mentir, corrompre et manipuler quoique ce soit.

    • @patccmoi : autrement, une autre belle situation où le gouvernement doit ce dire que tant que sa ne sort pas, on n’en parle pas… mais si sa sort, les tetes vont rouler, au lieu de dire, non les boys, on va être prévoyant et ne pas vous laisser l’opportunité de faire des conneries.

      Que fait un homme qui a réussi a ramasser son premier millions ? il s’arrete seulement quelques seconde pour essayer de voir comment il peut ramsasser le prochain encore plus rapidement, une fois le deuxieme atteint, il se pense plus intelligent que les autres et qu’ils est a l’abri de tout !!!

    • Il y a un marché “tradé” avec des transactions véritables qui est le marché des futurs sur acceptations bancaires (les BAX de la bourse de Chicago). Ces transactions véritables donnent à tout moment le vrai prix du marché mais pour des banques américaines (le LIBOR est sur des banques anglaises). Lorsque l’écart s’est élargi en 2007, il n’y avait aucune explication rationelle et le sintervenants savaient que quelque chose clochait. Ceci dit, le LIBOR est un taux estimé à une heure fixe à tous les jours. Si on voulait prendre les transactions véritables comme nouveau benchmark, il serait tout aussi manipulable par des traders créatifs. En fait l’origine du scandale est que la publication du LIBOR est faite par le desk de produits dérivés des banques anglaises alors que c’est une mesure de financement (devrait être publié par leurs trésoreries). En laissant les desk de dérivés évaluer ce taux, on demande à ceux qui sont le plus impactés dans la banque d’établir ledit taux… c’est un nonsens, un peu comme si nous avions la responsabilité de dire au policier qui nous arrête à quelle vitesse on roulait.

    • @patccmoi,

      “Vous croyez que c’est parce que quelqu’un du gouvernement lui a dit qu’il a envoyé ça?”

      Son patron lui a donné ses instructions, et son patron a reçu ses propres instructions de la BoE. Si vous croyez connaître les détails de l’histoire parce que vous avez lu le Washington Post….

      “Mais si on veut ‘blâmer le méchant marché’ et les ‘méchantes banques’, c’est parce que c’est clair qu’ils le méritent. Ils n’ont jamais eu besoin d’aide pour frauder, mentir, corrompre et manipuler quoique ce soit.”

      Ah non, ils n’ont jamais eu d’aide? Vous avez déjà essayé de vous partir une banque vous? Comprenez-vous bien pourquoi personne ne le fait? Et si votre PME fait faillite parce qu’elle a trop pris de risques, vous pouvez appeler à la banque centrale pour obtenir des injections de liquidités?

    • @planete-quebec

      Je ne doute aucunement de la collusion entre les banques et le gouvernement, en fait c’est assez clair du moins aux US qu’entre Wall Street et ceux qui font les règles c’est une grosse porte tournante.

      Mais je ne crois aucunement que c’est uniquement la BoE qui a forcé les traders, alors qu’ils avaient intérêt eux-mêmes à manipuler les taux. Bien possible que la directive vienne de leurs patrons, qui veulent augmenter leurs profits. Et c’est possible que dans certaines situations la BoE (ou la FED pour les US) aient encouragé, voir même commandé cette manipulation. Mais qu’ils aient toujours été derrière? Dans le cas du email que j’ai mis dans mon dernier message, pourquoi chercher un complot quand on voit directement le coupable, le motif et l’arme du crime?

      Et je n’ai pas lu le Washington Post, pas trop sûr de quoi vous parlez là…

      Et je n’ai JAMAIS dit que les banques n’ont pas eu d’aide du gouvernement. Les banques financent le système politique en entier (disons les candidats) et peuvent fairer voter ou amender les lois qu’elles veulent bien en retour, les 2 côtés font parti du problème. Ce que je dis, c’est qu’elle n’ont pas besoin d’avoir quelqu’un qui leur dit de frauder pour le faire. Elles sont tout à fait capables de le faire elles-mêmes si ça les avantage. Comme dans le cas de la manipulation du Libor, qui semblait provenir principalement des traders de derivatives, qui représentent énormément d’argent, basés sur le Libor. Ils ont pas besoin d’un appel de la BoE pour savoir qu’ils vont avoir plus de profits et de meilleurs bonus s’ils manipulent le taux…

    • De quelle façon est-ce que le marché pourrait être mieux réglementé? Est-ce que ça devrait être sous la responsabilité du FMI puisque, si je comprends bien (sous toute réserve), les banque font dans l’international?

      À mon sens, et l’image est peut-être trop grosse, mais vue les conséquences qu’impliquent les actions posées par les banquiers (sbuprimes, quelqu’un?), il est aberrant de constater que le commis de chez Couche-Tard soit davantage surveillé que les banquiers.

      À quand les restrictions réglementaires dans le monde bancaire? Ça va venir de qui? À quoi sert l’ONU dans un cas semblable? Dans de tels cas, quand on a l’impression que les banques occidentales parlent d’une seule voix, quel est l’organisme qui permet aux pays de parler d’une seule voix? Quel est le contrepoids? Qui parle au nom des sans-voix, finalement?

    • planete-quebec va maintenant nous expliquer combien cé difficile d’être banquier de risquer des sous qui ne nous appartiennent pas, de miser sur le mauvais cheval et patati et patata.

      Les banquiers sont des fraudeurs, point à la ligne et il faudrait tellement d’espace pour énumérer leurs méfaits que j’y renonce, comme vous devant l’évidence de ce qu’ils sont.

    • @atchoum

      La FMI, réglementer les banques? Ils sont parmi les pires. Vous n’avez jamais lu le 4 step plans to damnation donné par l’ancien Chief Economist du FMI Joseph Stiglitz?

      L’original:
      http://www.guardian.co.uk/business/2001/apr/29/business.mbas

      Traduction que j’ai trouvé en 1 min sur google (pas lu le site, alors je ne sais pas ce qu’ils en disent autour!)
      http://resistance71.wordpress.com/tag/fmi-banque-mondiale-et-imperialisme/

      Remarquez à quel point ce plan est suivi à la perfection avec la Grèce. Et comment ils s’en vont seulement de pire en pire…

    • Peut-être que vous devriez regarder du coté des taux pour les acceptation bancaires, ce n’est pas loin, ça se passe au Canada.

    • @ atchoum: les banques sont déja très réglementées, le problème en est un de culture (bonis) et de politique (Washington). Par exemple, le Seagall-Glass act a été mis en application après le krash de 1929 et interdisait les activités spéculatives de marchés aux banques de déposants. Cette loi a été retirée par M. Bush vers les années 2000… et ça a mené droit à ce qu’on a vu… même chose avec le ”up tic rule” qui interdisait de vendre a découvert un titre plus bas que la transaction précédente (pour empêcher les traders prédateurs de tuer un titre en se mettant dessus en gang tous du côté vendeur)… loi retirée par M. Bush en 2005 (environ) et qui a permis à certains traders de mettre à en faillite plusieurs banques américaines dont le bilan n’était pas pire que les banques européennes mais qui n’avaient pas de base de déposants (retrait du Seagall-Glass)… alors vous voyez, la politique influence le risque que les banques peuvent prendre. Le grand patron de Goldman Sachs a quitté ses fonction et travaille au gouvernement maintenant (évitant grâce à une loi de Bush père d’avoir à payer 50 millions $ en impôts sur les actions qu’il a vendues en acceptant un job au gouvernement) et a orchestré le sauvetage de AIG (110 milliards) dans lequel il a forcé AIG à payer la totalité des dus aux créanciers (dont le principal était Goldman Sachs) à 100% (en cas d’arrangement avec les créanciers, il y a toujours un ”hair cut” mais pas dans ce cas-ci et avec l’argent des contribuables.

      Pour répondre à la réglementation, quand Washington a retiré des lois restrictives importantes, le jeu était en place. Ces lois sont utiles et nécessaires car il est impossible de suivre au quotidien les activités de milliers de traders dont les activités sont complexes et ”over the couter”, i.e non divulguées. Le principal contrôle qu’on pourrait exercer serait de forcer le passage de tous les dérivés par des chambres de compensation pour assurer que les positions ne peuvent pas devenir ingérables avant de constater qu’une des parties ne peut honorer ses engagements… mais le lobby anti chambre de compensation est très puissant, ils prétendent que les entreprises américaines seraient moins compétitives si elles devaient divulguer leurs transactions au public avant de les avoir conclues (et c’est vrai: imaginez que vous voulez acheter une grande entreprise en europe et vous avez besoin de 50 milliards en dette, ça prends du temps rassembler cet argent et ça se fait en secret. Si c’était connu de tous, les gens rentreraient dans la transaction en cours de processus et feraient monter le prix de l’action indument… c’est jamais simple.

      Au moins les banques canadiennes ont fière allure: n’oublions pas qu’elles ont été citées en exemple de régie interne et de sécurité à travers le monde. Pour une fois, peut-on leur rendre ce qu’elles ont fait de bien (et explique en grande partie pourquoi le Canada n’a pas vécu la crise).

    • Cette chose étrange qu’est notre cartel des pétrolières.
      Le prix chute au sud de notre frontière, 94 cent le litre a rouse point
      et notre bon cartel augmente le prix a la pompe a 1.34 le litre.
      C’est qui le cave, c’est le bon petit peupe le cave qui va
      d’ailleur probablement ré élire Charest au prochaine élection.
      PAUVE QUÉBEC.

    • Cette histoire de manipulation du LIBOR est très grave, à cause de l’importance de ce taux dans la conduite des affaires partout au monde et parce qu’elle fournit un autre exemple de la corruption des marchés. Les défenseurs inconditionnels du capitalisme devraient être particulièrement outrés parce que la manipulation des marchés mine la base même du système capitaliste. De plus, rejeter la faute uniquement sur le gouvernement m’apparaît futile, compte tenu de la relation très étroite entre gouvernements et banques, au point où on ne sait plus qui réglemente qui.

    • En fait l’histoire est plus complexe que madame Cousineau l’explique. Barclays ne manipulait pas le Libor seulement à la baisse mais aussi à la hausse. Pour des explications sur le Libor, je recommande ce podcast sur NPR: http://www.npr.org/blogs/money/2012/07/03/156222428/episode-384-the-little-lie-that-rocked-the-banks.

    • @etiennee
      Merci. Très éclairant.
      De ce que je comprends de la politique étatsunienne, c’est que le législatif est indépendant de l’exécutif. Des leviers de contre-pouvoir. En vous lisant, j’en arrive à penser qu’il faudrait trouver une façon de séparer aussi nettement le politique du financier. Les exemples que vous donnez puent au nez.

    • Si Barclay’s s’amusait avec le LIBOR, qu’est-ce qui dit que pratiquement toutes les banques ne se prêtent pas à ce même genre de jeu? On dirait la pointe de l’iceberg comme certains le disent…

      @danlam311
      Je me pausait souvent la question aussi, et à part les taxes qui bien sur on un effet non-négligeable sur le prix, j’ai compris qu’au Québec on utilise le Brent, et non le WTI de NY. Historiquement, les deux indices se sont toujours suivi de près, sauf depuis la crise. Le baril de WTI transige à 87$ aujourd’hui, et celui du Brent à 101$, ce qui est un écart non-négligeable.
      Les gens sont pas mal contre la contruction de nouveaux pipelines, mais il y a de bonnes chances que ça ferait baisser nos prix à la pompe. Si les gens savaient ça il y aurait sans doute moins de levée de boucliers, n’est-ce pas?

      http://m.theglobeandmail.com/report-on-business/industry-news/energy-and-resources/no-relief-at-pumps-in-sight-for-motorists/article4186605/?service=mobile

      http://www.cbc.ca/news/business/story/2012/04/20/oil-refining-canada.html

    • ….Relire «Les bâtards de Voltaire» de John R. Saul qui démasque «ces employés (qui) ont hérité de la mythologie de capitalisme sans avoir à endosser personnellement la responsabilité des risques encourus.»

      «…Ce sont les banquiers, les courtiers, les promoteurs et d’autres encore, qui se comportent comme si le capitalisme avait cessé de se définir comme la mainmise lente et maladroite sur les moyens de production pour passer à un niveau supérieur où l’argent ne serait plus fait que d’argent. Le XIXe siècle considérait ces hommes d’argent comme des parasites marginaux et irresponsables se nourissant de la chair du véritable capitalisme. Leurs relations avec le reste de la population s’apparentait à celles qu’entretient aujourd’hui la Mafia.»

      Que pourrions-nous ajouter à un telle description sinon que trop de ces «alchimistes financiers» font exactement ce qu’il faut pour en confirmer l’exactitude et la pertinence?

    • Dois-je comprendre que vous avez des réserves face aux grands maîtres de la finance ?

      Force est de constater que le domaine de la finance ainsi que sa caution “morale”, le néolibéralisme, sont la négation du capitalisme.

      D’un principe et un système qui veulent que la centralisation des capitaux puisse servir de levier aux initiatives locales ou personnelles nous en somme arrivés à tout autre chose, une théorie de valeurs sans aucun rapport, ni avec la production, ni avec la capacité de distribution ou la possibilité de décision sur une seule industrie.

      En fait les sous qui ont été détournés via ces méthodes et bien d’autres sont absolument impossibles à retrouver. Ils ne sont même pas “quelque part”.

      On en voit des traces dans le nuage électronique, se déplaçant trop vite pour laisser la moindre chance à l’analyse, alors imaginez le contrôle! Zéro, rien, nilch.

      On ne peut même pas parler de caverne d’Ali-Baba, il n’y a pas un seul euro ou dollar qui existe réellement selon l’ordre mondial actuel. C’est la dictature du virtuel, de l’argent qui était là mais n’y est plus, qui sera là mais pas encore et qui décide du pain et du beurre de 7 milliards de personnes.

      Déjà le “bon vieux” colonialisme me révulsait. Maintenant nous arrivons tout près du moment où toute richesse aura physiquement disparu. Ne restera que quelques puissants qui continueront à étrangler le peu de survivants mais pas un sou, ni bien sûr les biens qu’ils permettent d’acheter.

      Bizarre, non ? On se demande bien pourquoi il faudrait s’indigner.

      Je vous en prie, Madame Cousineau, cessez de parler de capitalisme. Il n’existe plus que sous forme rhétorique.

    • Ça me désole, je dois revenir ajouter un mot: après avoir laissé quelques lignes ici j’ai lu l’éditorial de M. Pratte. Rigolo comme toujours.

      Il y est question de mesures drastiques que prendra le Royaume-Uni contre Barclays, et M. Pratte laisse poindre ses doute sur l’efficacité de quelqu’amende ou amendement face à de tels agissements.

      Je ne veux qu’ajouter ceci : à quoi me sert-il de voter une fois aux quatre ans si d’une part mes représentants ne me représentent pas, et xi d’autre part il leur est impossible d’agir le moindrement sur mon environnement économique ou social?

      Suite: Je prie tous les braillards qui ont craché sur l’inefficacité gouvernementale tout azimut de bien vouloir venir vanter l’efficacité des gens de la haute finance à ce sujet.

      En effet, ils sont très efficaces, mieux que les cartels. Je m’en sens tout ragaillardi.

      Fin : Madame Cousineau, prenez parti. Décidez-vous à rejeter le néolibéralisme pour ce qu’il est: une perversion contraire à l’ordre (ou même au désordre) économique sain. Une dictature sans nom et sans visage.

      Merci d’avance.

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