Sophie Cousineau

Archive du 20 juin 2012

Mercredi 20 juin 2012 | Mise en ligne à 22h19 | Commenter Commentaires (58)

Ottawa serre encore la vis pour les hypothèques

Après avoir entendu les avertissements de la Banque du Canada sur l’endettement des ménages, le gouvernement de Stephen Harper passe aux actes. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, vient de changer les règles du jeu pour les hypothèques résidentielles.

«J’exerce mon jugement», a dit le ministre Flaherty en conférence de presse ce matin à Ottawa.

Finies les hypothèques de 30 ans. Dorénavant, la durée maximale des prêts hypothécaires garantis par le gouvernement sera de 25 ans. De plus, le montant maximal du prêt qui peut être consenti lors du refinancement d’une hypothèque chutera de 85% à 80%. Ainsi, le ministre Flaherty veut éviter que les Canadiens se servent de leur maison comme d’une grosse carte de crédit.

Par ailleurs, le gouvernement n’assurera plus les prêts hypothécaires pour les résidences dont le prix d’achat est supérieur à 1 million de dollars. Le communiqué de presse du ministère des Finances se trouve ici.

Ces changements visent clairement à dompter les marchés immobiliers de Toronto et de Vancouver, qui sont en situation de surchauffe. Mais, ils toucheront aussi le marché montréalais, qui s’est considérablement apprécié ces dernières années.

Pour un premier acheteur, il est plus en plus difficile d’acquérir une maison dans ou à proximité des quartiers centraux. Soit que les acheteurs devront rester se contenter d’un condo plutôt que d’une maison, soit qu’ils devront s’éloigner encore plus en banlieue, soit qu’ils devront renoncer à leur projet et rester à loyer.

Le ministre Flaherty le reconnaît d’ailleurs. «Moins de 5% des nouveaux acheteurs de maisons seront touchés par ces mesures, a-t-il dit. Mais je considère que c’est souhaitable.»

Compte tenu des ravages de la bulle immobilière aux États-Unis, difficile de reprocher aux conservateurs cette intervention qui vise à freiner les ardeurs des acheteurs à un moment où les taux d’intérêt sont exceptionnellement bas – une situation qui ne saurait durer éternellement. Mais, en même temps, je connais des gens tout à fait responsables qui n’auraient pas pu acheter leur première maison sans un prêt garanti sur 30 ans.

Le gouvernement est-il trop paternaliste ou intervient-il au bon moment ? Le plancher est à vous.

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