Sophie Cousineau

Archive, mars 2012

Jeudi 29 mars 2012 | Mise en ligne à 23h03 | Commenter Commentaires (34)

Budget en vrac

Il n’y avait pas tant de surprises, mais beaucoup de choses à disséquer dans le budget fédéral déposé aujourd’hui par le ministre des Finances du pays, Jim Flaherty.

Voici quelques réflexions, en vrac.

1. Le gouvernement n’avait pas besoin de repousser de 65 ans à 67 ans l’âge auquel les Canadiens peuvent toucher leurs prestations de la sécurité de la vieillesse, le premier pallier des revenus des retraités. Les régimes publics du Canada ne sont pas menacés comme ceux des pays européens cités en exemple dans les documents budgétaires. Et si les conservateurs souhaitaient faire des économies tout en incitant les Canadiens à rester plus longtemps sur le marché du travail, ils auraient pu s’y prendre autrement. En récupérant une plus grande part des prestations chez les Canadiens avec des revenus élevés. En bonifiant les prestations des Canadiens qui reportent leur retraite à plus tard (ils l’ont fait). Le report de la retraite à 67 ans heurte de façon démesurée les petits salariés qui ont des emplois physiquement exigeants. En plus de taxer les finances publiques du Québec, qui devront verser de l’aide sociale à nombre de Québécois durant ces deux années. (Ajout:  Ottawa s’est engagé à dédommager les provinces, mais Québec attend d’en savoir plus sur le mécanisme du calcul et la somme en jeu pour déterminer si ce changement est neutre.)

2. Le gouvernement a fait le ménage dans les mesures d’aide à la recherche et au développement, suivant en cela les recommandations d’un comité d’experts rendues publiques l’automne dernier. Le gouvernement a notamment réduit de 20% à 15%  les crédits d’impôts à la R&D (exception faite des crédits accordés aux petites entreprises), pour limiter les abus. Mais il a augmenté l’aide discrétionnaire sous la forme de subventions. Avec le jeu d’influence que cela suppose, je ne suis pas convaincue que l’innovation au pays va y gagner au change.

3. Les conservateurs avaient les coudées franches pour la première fois, et c’était évident dans le 7e budget du ministre Flaherty. Voici quelques signes qui ne mentent pas. Examen expéditif et limité dans le temps des impacts environnementaux des projets industriels: bonjour les pipelines ! Cure minceur pour la fonction publique, avec la suppression de plus de 19 000 postes, la plupart dans la région d’Ottawa. Réduction d’environ 10% du budget de fonctionnement de la Société Radio-Canada, sans explication. Avec les conservateurs, cela va de soi, direz-vous.

4. Avec la majorité des journalistes économiques et politiques du pays enfermés pour la journée à Ottawa, le budget est une journée propice pour annoncer de mauvaises nouvelles. Ainsi, je m’attendais à ce que SNC-Lavalin en profite pour annoncer ses résultats financiers de l’année 2011. Ce fut plutôt lundi. Mais deux entreprises ont profité de l’occasion. Le Canadien de Montréal a remercié son directeur général, Pierre Gauthier. Jim Balsillie a démissionné de son poste d’administrateur de Research in Motion, mettant ainsi fin à son association avec le fabricant du BlackBerry.

Quelle journée !

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Alors que le Québec vient de fixer le cadre pour les nouveaux régimes volontaires d’épargne-retraite (RVER) dans son dernier budget, l’Ontario a refusé de lui emboîter le pas. Le gouvernement de Dalton McGuinty critique cette réforme qui vise les 60% de Canadiens qui n’ont pas la chance d’avoir un régime complémentaire de retraite au travail.

Dans le budget déposé hier par son ministre des Finances, Dwight Duncan, l’Ontario exprime des réserves très sérieuses quant aux RVER, rapporte le Globe & Mail.

Le gouvernement McGuinty croit que ces régimes à contributions automatiques (à moins que les employés ne se désistent) déplaceront l’épargne plutôt que d’élargir le bassin de fonds que les Canadiens mettent de côté pour leurs vieux jours.

L’Ontario déplore aussi le fait que ces nouveaux régimes seront administrés par des assureurs et des institutions financières du secteur privé qui prélèveront des frais de gestion. «Dans un environnement à but lucratif, la priorité doit aller aux intérêts des épargnants», est-il écrit dans les documents budgétaires.

L’Ontario aurait préféré que le gouvernement fédéral trouve le moyen de bonifier le Régime de pensions du Canada.

C’est le gouvernement fédéral qui a initié les régimes volontaires d’épargne-retraite, pour que les Canadiens puissent avoir une meilleure sécurité financière à leur retraite. Mais pour que ces nouveaux régimes prennent forme, ce sont les provinces qui doivent adopter des lois qui en fixent les modalités concrètes. Aussi, les réticences de l’Ontario représentent un important revers pour cette initiative du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, selon le Globe & Mail.

Dans son dernier budget, Raymond Bachand a annoncé que toutes les entreprises de cinq employés et plus devront offrir un régime volontaire d’épargne-retraite à leurs employés à compter du 1er janvier 2015 au plus tard.

Ce sont les employeurs qui choisiront le gestionnaire du régime. Cependant, ils ne seront pas tenus d’y contribuer, de sorte que leurs intérêts et ceux de leurs employés pourraient diverger. Les employés contribueront 4% de leur salaire à ces régimes, à moins qu’ils ne se désistent.

L’ancien ministre libéral Claude Castonguay s’est lui aussi étonné que le Québec confie au secteur privé la gestion des RVER, dans une entrevue récente accordée à ma collègue Stéphanie Grammond.

«L’ouverture des comptes aurait pu facilement être confiée à la Régie des rentes du Québec et au ministère du Revenu, à des frais très bas, car ils ont déjà toute la mécanique en place», a-t-il dit.

Et vous, pensez-vous que c’est une bonne idée que les gouvernements vous forcent à économiser automatiquement pour votre retraite ? Préféreriez-vous mettre de l’argent dans votre compte d’épargne libre d’impôt, ce qui pourrait être plus avantageux au plan fiscal ? Vous souciez-vous des frais de gestion qui pourraient gruger une partie de votre rendement ?

J’aimerais vous lire là-dessus.

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Mardi 27 mars 2012 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (55)

Plus de prêts et de bourses ? Enfin

Le premier ministre Jean Charest a entrouvert la porte à une bonification du régime des prêts et des bourses. Lire à ce sujet cet article de mon collègue Tommy Chouinard.

Si cette ouverture arrive un peu tardivement pour désamorcer la contestation étudiante, elle survient – et c’est l’essentiel - avant la hausse des droits de scolarité tant appréhendée.

Bien sûr, une éventuelle bonification, si elle se concrétise, ne satisfera pas les étudiants qui militent en faveur du maintien de ce gel des droits coûteux pour l’État. Mais, un régime plus souple et plus généreux permettrait de préserver l’accessibilité aux études supérieures, tout en assurant un meilleur financement des universités. Et c’est le premier objectif que le gouvernement doit poursuivre.

Le régime de prêts et des bourses du Québec a l’air généreux sur papier. Mais, les attentes quant aux contributions parentales sont souvent irréalistes pour les familles de la classe moyenne. Quand les parents sont incapables de donner à leurs enfants les milliers de dollars attendus, ce sont les étudiants qui font les frais d’une politique trop restrictive.

Le gouvernement devrait assouplir les modalités du programme des prêts et des bourses.

L’idée d’un remboursement des prêts en fonction des revenus, avancée par le professeur Luc Godbout, de l’Université de Sherbrooke, est aussi intéressante.

C’est de ce côté que le gouvernement et les étudiants doivent travailler, pour s’assurer qu’aucun talent ne soit gaspillé.

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