Il n’y avait pas tant de surprises, mais beaucoup de choses à disséquer dans le budget fédéral déposé aujourd’hui par le ministre des Finances du pays, Jim Flaherty.
Voici quelques réflexions, en vrac.
1. Le gouvernement n’avait pas besoin de repousser de 65 ans à 67 ans l’âge auquel les Canadiens peuvent toucher leurs prestations de la sécurité de la vieillesse, le premier pallier des revenus des retraités. Les régimes publics du Canada ne sont pas menacés comme ceux des pays européens cités en exemple dans les documents budgétaires. Et si les conservateurs souhaitaient faire des économies tout en incitant les Canadiens à rester plus longtemps sur le marché du travail, ils auraient pu s’y prendre autrement. En récupérant une plus grande part des prestations chez les Canadiens avec des revenus élevés. En bonifiant les prestations des Canadiens qui reportent leur retraite à plus tard (ils l’ont fait). Le report de la retraite à 67 ans heurte de façon démesurée les petits salariés qui ont des emplois physiquement exigeants. En plus de taxer les finances publiques du Québec, qui devront verser de l’aide sociale à nombre de Québécois durant ces deux années. (Ajout: Ottawa s’est engagé à dédommager les provinces, mais Québec attend d’en savoir plus sur le mécanisme du calcul et la somme en jeu pour déterminer si ce changement est neutre.)
2. Le gouvernement a fait le ménage dans les mesures d’aide à la recherche et au développement, suivant en cela les recommandations d’un comité d’experts rendues publiques l’automne dernier. Le gouvernement a notamment réduit de 20% à 15% les crédits d’impôts à la R&D (exception faite des crédits accordés aux petites entreprises), pour limiter les abus. Mais il a augmenté l’aide discrétionnaire sous la forme de subventions. Avec le jeu d’influence que cela suppose, je ne suis pas convaincue que l’innovation au pays va y gagner au change.
3. Les conservateurs avaient les coudées franches pour la première fois, et c’était évident dans le 7e budget du ministre Flaherty. Voici quelques signes qui ne mentent pas. Examen expéditif et limité dans le temps des impacts environnementaux des projets industriels: bonjour les pipelines ! Cure minceur pour la fonction publique, avec la suppression de plus de 19 000 postes, la plupart dans la région d’Ottawa. Réduction d’environ 10% du budget de fonctionnement de la Société Radio-Canada, sans explication. Avec les conservateurs, cela va de soi, direz-vous.
4. Avec la majorité des journalistes économiques et politiques du pays enfermés pour la journée à Ottawa, le budget est une journée propice pour annoncer de mauvaises nouvelles. Ainsi, je m’attendais à ce que SNC-Lavalin en profite pour annoncer ses résultats financiers de l’année 2011. Ce fut plutôt lundi. Mais deux entreprises ont profité de l’occasion. Le Canadien de Montréal a remercié son directeur général, Pierre Gauthier. Jim Balsillie a démissionné de son poste d’administrateur de Research in Motion, mettant ainsi fin à son association avec le fabricant du BlackBerry.
Quelle journée !
Lire les commentaires (34) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 




