L’ancien grand patron de la Lloyds verra sa prime de 2010 amputée de 40%. Cette banque britannique pénalise Eric Daniels et 12 autres dirigeants actuels et passés en raison de pratiques douteuses dans la vente de produits d’assurance, rapporte l’agence Bloomberg.
Les coupes dans les actions versées en différé vont de 40% à 5%.
Le conseil d’administration de la Lloyds souhaite rendre ces dirigeants imputables des décisions prises par l’institution financière, bien qu’il ne juge pas que ces cadres soient individuellement responsables de la vente des produits d’assurance-prêt hypothécaire que les autorités réglementaires ont dénoncée. Cette banque a mis 3,2 milliards de livres de côté pour faire face aux conséquences financières de ces errements, ce qui devrait entraîner une perte de l’ordre de 2,6 milliards de livres pour l’année financière 2011.
Fait intéressant, c’est la première fois que des dirigeants du Royaume-Uni sont touchés par les nouvelles mesures de récupération de primes adoptées par les pays du G20 à la suite de la rencontre tenue à Pittsburgh en septembre 2009. (La déclaration finale se trouve ici.)
À ma connaissance, aucun grand patron canadien n’a été forcé de rendre sa prime, en tout ou en partie, bien que certain dirigeants aient renoncé à une partie de leur bonus de façon volontaire, ce qui est assurément moins humiliant.
Eric Daniels a démissionné de la Lloyds il y a un an. En 2008, il a piloté l’acquisition du prêteur hypothécaire HBOS, dont les pertes ont forcé le gouvernement à renflouer ce groupe bancaire, aujourd’hui détenu à 41% par les contribuables.










flush
20 février 2012
12h00
À contrario, les dirigeants vont-ils “subir” une hausse de prime s’ils dépassent les attentes de leur compagnie ?
nickoleterrible
20 février 2012
12h07
Attendez j’essaie de comprendre.
Une entreprise privée a fait de si mauvais investissements que l’argent de monsieur-tout-le-monde a du être réquisitionné afin qu’ils ne ferment pas leurs livres. Vous me dites que les responsables n’ont eu que 60 % et + de leur plein bonus ?
Non vraiment il y a un bout que je ne comprends pas.
ralbol
20 février 2012
12h15
- «…ce groupe bancaire, aujourd’hui détenu à 41% par les contribuables.»
Et ça crie au «Communisme» quand on dit qu’il faudrait nationaliser les banques!
Disons que la différence entre détenir 41% et 100% d’une banque devient de plus en plus subtile…
jeanfrancoiscouture
20 février 2012
12h18
…@SC: Même si ce n’est que partiellement,(40% du bonus, sans toucher au volumineux salaires) le sort de ces «salariés du grand capital» ferait plaisir à John Saul.
En effet, dans «Les bâtards de Votaire», s’agissant de ces gens, il écrivait:
«Quant aux professionnels de la gestion, leur apparition était censée débarrasser nos économies (d’une part) de l’égoïsme qui pesait sur elles. (…). Or, ces employés ont hérité de la mythologie du capitalime sans avoir à endosser personnellement la responsabbilité des risques encourus.»
Pour une fois que la part du risque leur tombe dessus, ne serait-ce que très partiellement, voilà toujours un début. Et peut-être de quoi rassurer votre collègue Lagacé qui se trouve trop riche alors qu’il gagne en un an ce que ces gens font en deux semaines, voire moins. Et encore, pour cela, il a besoin de trois «jobs».
ouate_de_phoque
20 février 2012
12h20
Les systèmes de bonus devraient être éliminés dans nombre d’entreprises. Ces systèmes amènent nombres de fraudes dans tous les échelons de l’entreprise. C’est incroyable tout ce qui peut être fait pour mériter un bonus. J’ai vu des gens mentir, travestir la réalité, prendre de mauvaises décisions, blâmer d’autres personnes pour la non-atteinte de leurs objectifs. Plusieurs entreprises se leurrent en pensant que les systèmes de bonus font ressortir le meilleur de leur personnel.
Un système équitable de partage des profits est selon moi plus adéquat s’ils sont répartis également entre tous les employés.
tonyverdechi
20 février 2012
12h42
Je suis d’accord avec ouate_de_phoque. C’est ce qui relève des études de gestion (et de mes observations).
Effectivement, un système de partage des profits où les employés sont les actionnaires majoritaires permet une meilleure distribution du pouvoir dans les organisations. Actuellement, une poignée d’individus (disons 2%) détiennent la quasi totalité du pouvoir dans une entreprise. Les employés sont bien mieux placés pour se rendre compte si les diligents sont des incompétents. De plus, ça minimise les situations où les actionnaires vont être heureux lorsqu’il y a des renvois. Entre diminuer temporairement le rendement des actions et risquer de se faire mettre à pied, les employés y pensent à deux fois. Ce n’est pas pour rien que les coopératives ont mieux traversées la crise.
needle
20 février 2012
13h55
À bas les PDG, remettez les profits des entreprises aux employés!!
belette_lachinoise
20 février 2012
14h43
J’ai appris en économie que la manière dont on rémunère quelqu’un a une forte influence sur son comportement!
Trop souvent encouragés à prendre des risques excessifs. Et quand ça commence à aller moins bien, ils trichent.L’argent c’est comme la drogue, plus tu en as, plus tu en veux à partir d’un certain «bracket»…
toutpartout
20 février 2012
14h48
Souhaitons que ça inspire la CDPQ. Un «recall» auprès de HP Rousseau ne serait pas du tout inapproprié.
ouch
20 février 2012
17h29
Oui c’est abérant qu’il y ait un bonus de payer, mais ce n’est pas pire que Henri-Paul Rousseau qui a exercé ses options, après avoir perdu près de 50 milliards à la Caisse, pour un beau profit de 18 millions dans ses poches. Il rit encore aujourd’hui….
supercorm
21 février 2012
02h22
Pour ou contre les bonis, je vous laisse debattre, etant moi meme un “investment banker” tirant une partie de son salaire en bonis …
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Par contre, la ou meme les banquiers sont daccord avec tout le monde, est qu’il serait tout a fait normal d’avoir une clause “clawback” (saisir un boni precedent) lorsque des bonis sont donnes sur des positions en cours. Par exemple, un courtier paye a la commission n’a aucune pose dans les marches. A la fin de l’annee on sait tres bien comment il a fait, et combien on lui doit. Un “clawback” serait difficile puisqu’il est paye a meme les commissions generes. Par contre, un “trader” qui a des positions avec le capital de la banque, des positions souvent non listes a la bourse (OTC), qui sont parfois difficile a defaire et meme a evaluer, alors un “clawback” serait normal puisque donner un boni sur une position qui n’est pas encore “fermee”, on risque de ne jamais voir le profit sur lequel le boni a ete paye. Les traders ont donc, souvent, un interet a prendre de grosses positions, aussi compliquees soit elles, pour avoir une annee ou il seront tres bien paye et s’assurer de bouger ailleurs par la suite avec boni garantis, leur reputation aidant.
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Un “clawback” serait simple. On donne le boni tel que prevu, mais 75% de celui ci demeure saisissable advenant de grosses pertes l’annee suivante sur les positions existantes. Ensuite 50%, 25% et finalement insaisissable apres 3 ou 4 ans. Donc si qqu’un a un portefeuille qui est ferme sans perte apres depart ou les annees suivante, il garde son boni, si la ligne de produit ou le portefeuille en question perd de l’argent les annees suivantes, alors le boni est repris en partie …
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Mais le pire, a ce que je peux constater en ce moment, il y a de moins en moins de bonis, et de plus en plus de gros salaire …